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19. novembre 2007

La Scientologie est-elle une religion ?


Qu’entendons-nous par religion ?

Cette consultation ne peut donner lieu à un débat de fond sur la définition de religion. On peut toutefois s’accorder comme l’a fait Bryan Wilson sur un nombre minimum de caractéristiques que l’on trouve dans la plupart des religions. Il s’agit en somme d’une définition utile. Nous n’ignorons pas que cette perspective écarte provisoirement le débat sur la définition de religion que les nouvelles formes de religion imposent.

Avec Bryan Wilson nous pouvons considérer qu’une religion comporte :

  • Une cosmologie où l’univers prend un sens par rapport à une des forces surnaturelles. La conception de l’homme dépasse les limites de l’existence terrestre. Il a un « avant » et « un après ». La finitude de l’homme n’est pas acceptée.
  • Une morale qui découle de cette cosmologie. Elle fournit des prescriptions et des lignes de conduite en accord avec les sens de l’univers qui est proposé.
  • Des outils qui mettent en relation les hommes et le principe surnaturel : la prière, des cérémonies religieuses, des techniques de méditation.
  • Une communauté de fidèles, aussi minime soit-elle qui permet de maintenir et de reproduire les croyances, de gérer les biens de salut.

La combinaison de ces divers éléments permet de distinguer les religions 1) des philosophies déistes qui livrent une cosmologie et fournissent un sens à l’existence mais qui n’ont pas pour but de relier les hommes aux forces surnaturelles, 2) de la magie individuelle qui vise à obtenir des résultats empiriques par l’utilisation de techniques empiriques, 3) des organisations déistes comme la Franc-maçonnerie qui reconnaissent l’existence d’un Grand Architecte de l’univers mais dont les cérémonies ne sont pas orientées vers la mise en relation de l’homme avec celui-ci.

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17. novembre 2007

La cosmologie : le surnaturel scientologique

Le fondateur, Ron Hubbard (1911 – 1986) renoue avec la thèse des Esprits primordiaux. Il affirme qu’avant la naissance de l’univers, il existait des esprits appelés thétans. C’était des êtres immatériels, sans masse, sans limites temporelles, n’occupant aucun espace, omniscients, omnipotents, indestructibles, immortels et capables de créer toute chose. Ces êtres immatériels avec l’être Suprême créèrent l’univers. Oisifs, ils souffraient de leur propre immortalité. Pour se distraire, ces entités impalpables décidèrent de créer l’univers. En faisant cela, ils se prirent à leur propre piège et ils s’engluèrent dans leur création – et plus particulièrement dans l’homme – c’est-à-dire dans le temps, dans l’espace, dans l’énergie, dans la matière, allant même jusqu’à oublier qu’ils en étaient les créateurs. De ce fait, ils perdirent leur puissance et leur omniscience et devinrent des hommes vulnérables. Depuis ce temps, ils retournent vie après vie, habiter des corps différents. Aujourd’hui, les thétans ont oublié leur véritable identité spirituelle et ils croient être des corps humains. L’homme a donc une origine spirituelle : il est à la fois un corps, un psychisme et un thétan.

On trouve là une version gnostique de la chute de l’homme parfait dans l’imperfection ainsi qu’une transposition du drame grec où les Dieux se mêlent des affaires des hommes et se font piéger.

Une libération doit mettre fin à la succession des vies. La Scientologie veut rapprocher l’homme de l’état de thétan originel.

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16. novembre 2007

Les dynamiques et l’éthique

Par Régis Dericquebourg

La Scientologie traite de la force motrice de l’Univers et du sens de l’existence.
L’univers est mis en action par une pulsion dynamique qui est une force au service de la survie, laquelle est le principe même de l’existence. Elle varie selon les individus et les races. Elle dépend de la physiologie, de l’environnement et de l’expérience. Elle influence la ténacité de l’individu envers la vie et l’activité de l’intelligence considérée comme l’aptitude d’un individu, d’un groupe ou d’une race à résoudre les problèmes relatifs à la survie.

La moralité d’un individu se juge en fonction des actions qu’il accomplit en vue de la survie.
Dans cette perspective, le bien est ce qui est constructif, le mal est ce qui va à l’encontre de la survie. On peut noter que la morale scientologique n’est pas un ensemble de recommandations (morale close chez Bergson). Elle est le fruit d’une compréhension et d’une intériorisation du sens de la vie qui agit comme une boussole personnelle. Il s’agirait d’une morale ouverte.

Dans la Scientologie comme dans les groupes spiritualistes il n’y a pas de pêché. Il y a des erreurs qui sont des actions destructrices contre l’homme, contre la famille, contre la société, contre Dieu. Le repérage des fautes et la réparation de celles-ci font partie du travail d’éthique.

La pulsion dynamique devient plus complexe à mesure que l’organisme devient plus complexe. Chez l’homme « normal » (non aberré), elle se divise en huit domaines qui correspondent à des objectifs.

  1. La dynamique du soi consiste en une pulsion dynamique à survivre en tant qu’individu, à obtenir du plaisir et à éviter la douleur. Elle se rapporte à l’alimentation, aux vêtements, au logement, à l’ambition personnelle et aux objectifs généraux de l’individu.
  2. La dynamique du sexe dirige la procréation.
  3. La dynamique du groupe gouverne le domaine de la vie sociale. Elle favorise les conduites destinées à maintenir la survie du groupe auquel l’individu appartient.
  4. La dynamique de l’humanité englobe la survie de l’espèce.
  5. La dynamique de la vie pousse la personne à travailler pour la vie en elle-même. (Toutes les choses vivantes, plantes, animaux).
  6. La dynamique de l’univers physique est la pulsion de l’individu à accroître la survie de tout ce qui est matière, énergie, temps et espace.
  7. La dynamique de la pensée concerne la pulsion de l’individu à survivre en tant que pensée et en tant qu’être spirituel.
  8. La dynamique de la pensée universelle est la pulsion à survivre pour le créateur ou l’être suprême.

Seules les quatre premières dynamiques se rapportent à la Dianétique. Les autres, ajoutées en 1950, de caractère métaphysique sont traitées dans la Scientologie.

Le fidèle est invité à se mettre en accord avec toutes les dynamiques. Des questionnaires d’auto exploration lui permettent de faire le point sur sa condition dans chacune d’elle. Avec l’aide d’un ministre d’éthique, il recherche les moyens de remédier à des conditions défaillantes.

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