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30. décembre 2007

LA MORALITÉ DANS LA SCIENTOLOGIE

Par Bryan Wilson

Il est parfois suggéré qu’une des caractéristiques de la religion est de prescrire un code moral, même si la force avec laquelle les religions s’engagent vis-à-vis d’un code spécifique de morale, varie considérablement.
La Scientologie commença avec l’expression de buts généraux d’amélioration du potentiel de chaque individu. Quand elle se mit à insister sur la liberté, elle adopta une approche de la moralité, plus permissive que celle exprimée par les églises chrétiennes traditionnelles. Cependant, dès le tout premier exposé sur la Dianétique, Hubbard établit clairement que l’individu était responsable de ses propres limitations : qu’un thétan était fondamentalement bon et qu’il diminuait ses propres pouvoirs en se permettant de commettre des actions néfastes.
L’audition oblige l’individu à confronter ses problèmes et à assumer la responsabilité de son propre bien-être. Il doit reconnaître les actions néfastes qu’il a commises dans sa vie présente et dans ses vies antérieures.
Dans une importante publication, Introduction à l’éthique de la Scientologie, L. Ron Hubbard établit les standards éthiques requis d’un scientologue et dit clairement qu’un engagement vis-à-vis des valeurs morales, est fondamental à la foi.
Le but de l’individu est la survie – à savoir la survie dans l’ensemble des huit dynamiques, partant de la préoccupation de soi-même et de la famille et finissant avec la préoccupation afférente à l’aspiration ardente à une existence sous forme d’infini, la dénommée dynamique de Dieu [voir le paragraphe «la doctrine de Scientologue : les huit dynamiques »].
La survie, en tant que concept scientologue, se conforme à la préoccupation principale de toutes les religions le salut. Une action éthique est sensée refléter un comportement rationnel servant ce dessein. En conséquence, Hubbard insiste sur le besoin que l’individu a de se conduire suivant des standards éthiques et de se comporter rationnellement, s’il veut obtenir son propre salut et faciliter celui de l’humanité.
Ainsi, d’une manière analogue à celle que les bouddhistes ont de s’engager personnellement à faire des bonnes actions, car c’est là le moyen d’améliorer leur futur karma, le scientologue apprécie un comportement rationnel – à savoir éthique – relatif à l’obtention de la survie, pour lui-même et pour les groupes embrassés par les huit dynamiques.
Hubbard déclara dans ses écrits : « L’éthique est l’ensemble des actions que s’impose l’individu pour amener les autres et lui-même à la survie optimale sur toutes les dynamiques. Les actions éthiques sont des actions de survie. Sans éthique nous ne survirons pas. [p. 17].
La survie n’est pas seulement une survie. Il s’agit plutôt d’une survie dans une condition d’à propos. « La survie se mesure par le plaisir» [p. 301. Ainsi, comme dans le Christianisme, le salut entraîne un état de bonheur. Mais «seuls un coeur pur et des mains propres sont le moyen de survivre et d’être heureux [p. 29] en conséquence et en pratique, parvenir à survivre demande le maintien de standards moraux.
Hubbard écrit : «Quant aux idéaux, à l’honnêteté, à l’amour du prochain, ce sont des choses sans lesquelles une bonne survie n’est pas possible. [p. 23].
Les valeurs morales de la Scientologie intègrent les codes moraux, mais vont plus loin en affirmant la rationalité essentielle des valeurs morales scientologiques. L’application de celles-ci est considérée comme la seule possibilité de redressement et de rédemption de la dégradation de la moralité contemporaine et des activités des personnalités anti-sociales.
En 1981, Hubbard formula un ensemble de préceptes moraux, soi-disant basés sur le sens commun. Il décrivit la brochure dans laquelle ils furent présentés « comme un travail individuel … ne faisant pas partie d’une quelconque doctrine religieuse et voulut que ceux – ci fussent largement diffusés car ils représentaient une solution au déclin des standards moraux de la société moderne. Ce code fait largement écho au Décalogue et aux autres préceptes de la moralité chrétienne, mais il est exprimé dans une langue moderne et renferme une justification sociale, fonctionnelle et pragmatique de la plupart des principes présentés.
Le code interdit le meurtre, le vol, le mensonge, les actes illégaux, les mauvaises actions envers les gens de bonne volonté. De plus, il implique également la fidélité envers les partenaires sexuels, le respect des parents, l’aide aux enfants, la modération, le soutien d’un juste gouvernement ; la réalisation des obligations le respect des autres croyances religieuses, le soin de la santé et de l’environnement, le travail et la compétence. Il renferme en termes positifs et négatifs une version de la règle d’or qui est souvent traduite dans la tradition chrétienne comme ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qu’ils vous fassent.
La brochure recommande avec insistance à ses lecteurs de la faire connaître aux personnes dont le bonheur et la survie les préoccupent.

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25. décembre 2007

LES CÉRÉMONIES SCIENTOLOGUES

Par Bryan Wilson

Les cérémonies de mariage et de funérailles de l’Église, même si elles sont quelque peu non conventionnelles, ne sont pas si radicalement différentes des pratiques générales de la société occidentale. La cérémonie du baptême, appelée « cérémonie du nom » est plus explicitement consacrée aux principes du système de croyances scientologues.
Son propos est de porter assistance au thétan qui a récemment pris un nouveau corps. Au moment de la prise d’un nouveau corps, le thétan est considéré comme non conscient de son identité et la cérémonie du nom est là pour l’aider à apprendre l’identité de ce nouveau corps, celle des parents de ce corps et celle du parrain et de la marraine qui aideront ce nouvel être.
Cette cérémonie est donc un processus de type d’orientation, en accord total avec la métaphysique scientologue.

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17. décembre 2007

LA COMMUNICATION EN TANT QUE CULTE

Par Bryan Wilson

La Scientologie présente une conception réellement abstraite de l’Être suprême, en sa qualité de Huitième Dynamique.
Les scientologues cherchent à élargir leur conscience et leur compréhension afin de pouvoir embrasser toutes les dimensions de l’être, dans l’optique d’aider à et de faire partie de la survie de l’Être suprême ou Infinité.
Les scientologues révèrent la vie et considère Dieu comme une ultime raison d’être, mais cette considération n’implique pas des pratiques spécifiques qui se rapprocheraient des pratiques de culte telles que considérées par les églises chrétiennes traditionnelles.
La Scientologie est un mouvement qui rassemble des personnes de confessions diverses ; qui met l’accent sur les nouvelles conceptions de la création, de la raison d’être et du salut et ses enseignements s’inspirent de plusieurs grandes traditions religieuses et de larges orientations scientifiques.
Il est donc parfaitement normal que la Scientologie présente ses théories sous forme de termes abstraits et universels et que sa conception du culte soit en conformité avec de telles perspectives.
Le postulat général fut exprimé de la façon suivante : « En Scientologie, la dévotion s’établit en terme de communication. Celui qui vénère efficacement est celui qui se considère capable de parcourir la distance nécessaire à la communication avec l’Être suprême » [Scientology as a Religion p. 30].
L’essence de la Scientologie réside dans la compréhension par la communication – communication avec le propre passé du thétan et avec l’environnement et dans le sens comparable à la communication qui a lieu dans le cadre du culte chrétien, la communication avec la déité que l’individu recherche dans la prière et le service eucharistique quant il se comporte, comme le disent les églises traditionnelles, comme un « communiant ».
En grande partie, le propos est le même – la purification de l’individu, la réhabilitation de son âme, ce qui en fait, fait partie du processus à long terme de salut. Dans la Scientologie, une telle communication prend deux formes fondamentales : l’audition et la formation.
L’audition qui a lieu sous la forme d’une communication privée entre l’individu et son passé (celui du thétan), passe par l’intermédiaire de l’auditeur et de l’électromètre. Mais il s’agit essentiellement d’un processus permettant à l’individu d’avoir un meilleur rapport avec son Moi réel et originel et en ce sens, de le mettre en contact avec une réalité spirituelle fondamentale.
La formation, selon les Écritures de la Scientologie, représente une communication avec les vérités fondamentales et la raison d’être. Au travers de l’augmentation de sa compréhension, l’individu recherche une plus grande communication avec son Moi fondamental, avec les autres et avec la vie dans son ensemble. Ces activités sont également marquées des caractéristiques du culte, même si des aspects tels que la vénération (d’une déité), l’ancienne forme d’abnégation et les procédures de dévotion se trouvent, dans ce contexte moderne, supplantés.

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15. décembre 2007

L’AUDITION ET LA FORMATION

Par Bryan Wilson

Le cœur des activités de la Scientologie est constitué par l’audition et la formation.
Elles représentent les voies du salut spirituel.
C’est seulement par ces moyens que le thétan – à savoir l’individu – peut être libéré et atteindre une condition spirituelle d’être « cause », par rapport à la vie et au monde matériel.
L’audition qui confronte l’individu avec les peines et les traumas de son propre passé, l’aide à contrôler sa vie et le libère des pulsions irrationnelles du mental réactif.
Ainsi, on peut dire que la procédure d’audition entraîne le préclair dans la quête spirituelle du salut. Les bienfaits de celle-ci s’accumulent et mènent, au bout du compte, à un état dans lequel le thétan cesse d’être « embourbé » dans la condition matérielle (MEST).
Une telle quête spirituelle, dont le but ultime est le salut, aussi divergente qu’elle soit des apparences et spécifications doctrinales, constitue la préoccupation primordiale et centrale de toutes les religions évoluées du monde.
La formation a pour but de communiquer la sagesse à toute personne cherchant la connaissance et à ceux qui aident les autres sur le chemin de l’obtention du salut.
Ces processus renferment le commandement implicite que l’individu ait à faire face à ses propres expériences passées et douloureuses et surmonte sa tendance à rendre les autres responsables de ses propres échecs.
A cette fin, une formation est accomplie au moyen d’une série de cours, de niveaux de plus en plus avancés, dans le cadre desquels l’étudiant apprend et perfectionne les techniques de l’audition et une fois obtenu le standard approprié, est considéré comme pouvant être efficacement appliqué â n’importe quel préclair.
La formation est organisée sous forme d’un programme intensif et toute personne ayant eu l’occasion de contempler la concentration de ceux qui suivent ces cours de formation, comme je l’ai eu lors de mes visites à l’Église de Scientologie à Saint Hill Manor, ne peut être qu’impressionnée par le sérieux d’esprit manifeste montré par les étudiants.
Il s’agit là, bien sûr, d’un engagement religieux.

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11. décembre 2007

LA SCIENTOLOGIE EST-ELLE UNE RELIGION ? PROFESSEUR FLINN

Par Bryan Wilson

Dans le cadre d’une compilation de traités universitaires, édité par le sociologue jésuite, le Professeur Joseph H. Fitcher, S.J., de Loyola Université à la Nouvelle Orléans, [Alternatives to American Mainline Churches, New York : Rose of Sharon Press, 1983], Frank K. Flinn, maintenant Professeur auxiliaire des études religieuses à l’Université Washington de Saint Louis dans le Missouri, aborde en détail, la question du statut religieux de la Scientologie. Il se penche pour commencer sur le statut de la Dianétique :

« Nombre de commentateurs déclarent que la Scientologie est une thérapie mentale déguisée en religion. Le coeur de la question est de savoir s’il est possible de séparer la “thérapie” de la “religion” ou même de la “philosophie”, au moyen d’une règle claire et nette. Le mot therapeuo (“guérir, soigner, restaurer”) revient fréquemment dans le Nouveau Testament et se réfère sans discriminer, aux guérisons spirituelles et physiques de Jésus de Nazareth… »

« Même si la Dianétique a des tendances religieuses et spirituelles, il ne s’agit pas encore, d’une religion au plein sens du terme… La Dianétique ne promet pas ce que l’on peut appeler des récompenses transcendantales, comme l’aboutissement normal de sa thérapie. Elle promet néanmoins des récompenses “transnormales”.
… Deuxièmement, au stade Dianétique du mouvement, les engrammes remontaient, au plus tôt, à l’état foetal… troisièmement, la Dianétique ne se composait que de quatre “dynamiques” ou “aspirations à la survie” – le Soi, la sexualité, le groupe et l’humanité… Quatrièmement, les techniques d’audition appliquées dans la phase Dianétique [n’utilisait pas] l’électromètre. »

« Il a largement été discuté du moment où la Scientologie est devenue une religion. On pourrait considérer l’enregistrement officiel de la “Hubbard Association of Scientologistes” à Phoenix, en Arizona, en 1952 ou considérer l’établissement de la “Founding Church of Scientology”, en 1954. Cependant, l’enregistrement officiel et légal ne nous indique pas quand les concepts spécifiquement religieux se développèrent dans la propre conscience de l’Église. Pour autant, ces débats rappellent la réminiscence des disputes du XIXème siècle, sur la naissance du Christianisme : Pendant la vie de Jésus ? A la Pentecôte ? Au travers du ministère de Paul et des Apôtres ? » (pages 96-97)

Flinn considère ensuite les quatre facteurs mentionnés ci-dessus, lors du passage de la Dianétique à la Scientologie et note que le premier facteur, le passage aux buts transcendantaux, est marqué par le passage du but de « clair » au but visant à la reconnaissance d’un «thétan opérant » et ajoute : « Le concept de “thétan” n’indique plus une condition mentale, mais est désormais analogue au concept chrétien “d’esprit” ou “d’âme” qui est immortelle et supérieure au cerveau et à l’esprit. «(p. 98). Deuxièmement, les engrammes remontent désormais aux vies antérieures. Troisièmement, de nouvelles dynamiques furent ajoutées, pour inclure la survie des animaux, l’univers matériel, l’esprit et l’infinité. Et quatrièmement, l’électromètre fut introduit. Il en dit «De la perspective que je suggère,… il est préférable de considérer l’utilisation de l’électromètre comme un “sacrement technologique”. Tout comme ce qui poussent les chrétiens à définir un sacrement (par exemple le baptême) en tant que “signe extérieur et visible d’une grâce intérieure et invisible”, les scientologues considèrent l’électromètre comme l’indicateur externe et visible d’un état interne et invisible (“clair »).» (p. 99).
Et Flinn ajoute ce commentaire supplémentaire :

«Le mot religion vient de religare qui veut dire “ramener ensemble”. Cela me conduit à élargir la définition de la religion à un système de croyances exprimé en symbole qui ramène ensemble les vies d’individus et/ou de groupes, qui établit un ensemble de pratiques religieuses (rituels) et qui est soutenu par un mode de vie organisé. Les croyances, les pratiques et le mode de vie lient les vies des gens, de façon à donner à leurs existences, une justification ultime. Si toutes les religions renferment des éléments rudimentaires affiliés à ces trois aspects, certaines insistent, par exemple, sur le système d’organisation, ou mode de vie plutôt que sur le système de croyances ou pratiques rituelles. Avec la Scientologie, on a l’exemple d’un groupe qui commença avec les pratiques religieuses (les techniques d’audition), puis qui développa très vite, une solide structure ecclésiastique et qui seulement après cela, formalisa son système de croyance en credo. Cela ne veut pas dire que le système de croyances n’était pas latent lors des phases précédentes de l’évolution de l’Église. Simplement, il n’était pas codifié de manière formelle [de la façon dont) la technologie de l’organisation l’était, dès le début. » (pages 104, 105)

Par « solide structure ecclésiastique », Flinn fait allusion à l’organisation générale de la Scientologie, à son système de cours et de procédures d’audition, progressivement plus avancés.

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22. novembre 2007

Scientologie : les caractéristiques d’une religion – pratiques religieuses

Par Frank Flinn

En termes de pratiques religieuses, la Scientologie possède les formes religieuses et cérémonielles typiques des principales religions, à savoir, l’initiation ou baptême (qui est appelé « attribution du nom » par les scientologues), le mariage, les funérailles, etc. Cependant, la Scientologie possède une pratique religieuse fondamentale unique appelée l’audition. Celle-ci peut être comparée aux niveaux progressifs de méditation des catholiques romains, des bouddhistes et des hindous védantistes. De manière concomitante avec l’audition il y a aussi « la formation » dont je parlerai plus en détails ci-dessous.

a) L’audition consiste en un processus d’instruction religieuse, au cours duquel les guides spirituels (des ministres scientologues entraînés à cet effet) guident les adhérents le long des étapes de connaissance spirituelle. Les scientologues croient qu’en progressant activement en audition, ils aident à libérer l’âme ou thétan. de ses confuses complications ou engrammes. Les étapes de l’audition et de l’enseignement sont appelées « grades » et elles sont indiquées sur le « Tableau de classification, de gradation et des caractéristiques de Conscience ». Ce tableau représente de façon métaphorique la distance existant entre les degrés inférieurs et supérieurs de l’existence spirituelle. Les scientologues appellent ce tableau le « Pont vers la liberté totale » ou, plus simplement « Le Pont ». « Le Pont détaille le continuum spirituel, allant de la « non-existence » négative, en passant par les niveaux intermédiaires de « communication », de « connaissance, » de « capacité », puis par celui de « clair » et de « source », pour aboutir enfin à « la puissance sur l’ensemble des 8 dynamiques ». L’ensemble de la pratique religieuse scientologue vise, par l’audition et la formation, à l’acquisition de la connaissance spirituelle et à la formation des auditeurs qui sont les conseillers spirituels de l’Église. Ces étapes graduelles sont remarquablement similaires aux étapes et aux niveaux d’inspiration religieuse et spirituelle, identifiés dans les fameux traités chrétiens Voyage de l’Esprit en Dieu, écrit par le théologien franciscain médiéval St Bonaventure et Exercices spirituels écrit par Saint-Ignace de Loyola, le fondateur des Jésuites. Le but spirituel de l’audition est en premier lieu de devenir « clair », c’est-à-dire libéré de ces nuisibles « engrammes » et, ensuite de devenir un « thétan opérant » (OT), signifiant que l’on devient causal sur « la vie, la pensée, la matière, l’énergie, l’espace et le temps ». Même s’ils ne s’opposent pas à la consultation de médecins en réponse aux maux physiques, les scientologues sont fermement opposés à l’utilisation des médicaments psychotropes qui, selon eux, entravent la guérison spirituelle et mentale, plutôt qu’ils ne l’aident.

b) L’autre pratique religieuse de base de la Scientologie est la formation. Elle implique une étude intense des Écritures de l’Église. Même si l’un des aspects importants de la formation est l’éducation individuelle d’auditeurs capables d’administrer l’audition aux paroissiens, la formation d’auditeur a aussi une composante individuelle et spirituelle tout aussi importante. Comme décrit ci-dessous aux paragraphes 23, 3, 27, cet élément spirituel est en accord avec l’importance que la Scientologie et les religions orientales attachent à la méditation et au culte d’instruction, plutôt qu’au culte de célébration, prévalant dans la plupart des religions occidentales. La doctrine de la Scientologie affirme que la formation occasionne une bonne moitié des bénéfices spirituels que les paroissiens obtiennent en progressant sur Le Pont.

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20. novembre 2007

Scientologie : les caractéristiques d’une religion – le culte de la Scientologie

Par Frank Flinn

Il n’existe pas de définition absolue du culte pouvant être appliquée en toute impartialité à toutes les formes de religion. À la fin de l’introduction ci-dessus, j’ai noté, par rapport aux preuves de religion, que toute religion possède trois d’entre elles (un système de croyance, des pratiques religieuses et une communauté religieuse), d’une quelconque façon, même si aucune religion ne les présente de la même manière ou avec la même intensité. Ces variations sont ce qui rendent les religions uniques. Ainsi le Catholicisme romain, l’Orthodoxie orientale et le haut Anglicanisme attachent énormément d’importance aux rituels, y compris aux habits de cérémonie, aux processions, aux cierges, aux Hymnes, à l’eau bénite, à l’encens et ainsi de suite. À l’opposé, pour nombre de confessions protestantes, strictes comme les Brethrens, de telles formes d’ornements de cérémonie sont considérées comme un peu superstitieuses, si ce n’est totalement idolâtres. Dans ces branches du christianisme, le culte se réduit au prêche de la parole, à quelques hymnes peut-être et à la prière. Au sein des Sociétés Religieuses d’Amis (connues plus communément sous le nom de Quakers) la Réunion pour le Culte ne consiste pas du tout en des actes externes mais en un rassemblement en silence durant lequel les membres ont l’occasion de partager ou non, une brève parole d’inspiration. De même, le principal acte de culte dans les monastères bouddhistes est représenté par une méditation totalement silencieuse et durant de longues périodes de temps. Celle-ci est centrée non pas sur l’hommage d’une Divinité Suprême mais sur l’extinction du Moi et la libération des enchevêtrements de l’existence.

L’impossibilité d’identifier une quelconque définition fixe et rigide du culte impose que l’on garde une certaine flexibilité pour cette notion lors de l’étude comparative. La plupart des définitions offertes par les dictionnaires approchent ce problème, en incluant plusieurs idées sous le concept de culte. Tout d’abord, le culte se voit inclure les idées de « rites » et de « cérémonies ». Certains des spécialistes de la religion considèrent les rites et les rituels comme « transformateurs ». Par exemple, lors du rite chrétien de baptême, un initié passe d’un état (de péché) à un autre état (de grâce). Dans les sociétés primitives, les rites de passage transforment les néophytes de l’enfance vers la vie adulte. Le processus scientologue de l’audition faisant passer de l’état de « pré-clair » à celui de « clair » serait transformateur en ce sens. Réciproquement, les cérémonies sont considérées comme « conservatoires », en cela qu’elles affirment et confirment le statu quo. Souvent, diverses formes de Sabbath et de services dominicaux sont en ce sens des cérémonies. Les cérémonies confirment à la communauté de croyants son statut d’ensemble et son identité en tant que confession. Les rites et les cérémonies sont souvent, mais pas nécessairement toujours, accompagnés d’attirails élaborés, parmi lesquels on trouve des vêtements, de la danse, de la musique, des aspersions et des purifications sacrées, des sacrifices d’animaux et de nourriture, des gestes tels que des bénédictions et ainsi de suite.

Ensuite, les spécialistes en religion admettent universellement que les rites et les cérémonies ne peuvent pas être le but suprême du culte. Par conséquent, la plupart des définitions renferment d’autres notions telles que des « pratiques » , des « actes » et des « observances ». Ces autres notions sont mentionnées dans les définitions communes pour de bonnes raisons. Le culte des uns peut être la superstition des autres. Et ce qui peut apparaître au croyant d’une foi comme un acte sans signification (par exemple, le signe de croix pour un protestant) peut être un acte de dévotion pour un autre. Ainsi les chercheurs spécialisés dans la religion s’obligent à considérer les actes religieux dans le contexte de la totalité d’une religion spécifique, à savoir, en termes de buts et d’intentions ultimes d’un ensemble de croyants. Celui qui étudie les religions n’a pas à croire ce que le croyant croit, mais si il veut vraiment comprendre le phénomène religieux, il se doit de faire quelque peu l’effort de penser de la manière dont le croyant croit. C’est seulement de ce point de vue que ce spécialiste en religion peut arriver à déterminer quels actes, pratiques et observances représentent un culte, dans le contexte d’une communauté religieuse donnée.

Sous la définition élargie de culte religieux (actes, pratiques, observances), nous pouvons inclure des sujets tels que l’étude des textes sacrés, la formation d’autres personnes à l’étude et à la récitation de ces textes et diverses formes d’instruction religieuse. Certaines religions imprègnent même ces sortes d’actes avec des cérémonies sacrées. Au Japon, dans les monastères Zen, j’ai observé des novices Zen transportant cérémonieusement des copies du Sutra Lotus et les mémorisant avec solennité en les psalmodiant rituellement. L’étude du Talmud dans les « yeshivot » israélites revêt le même caractère rituel.

Dans de nombreuses variétés de culte religieux, le spécialiste universitaire peut détecter deux orientations fondamentales. Un des types de culte est centré sur plus de célébration et de rituel ; l’autre vers plus d’instruction et orienté vers la méditation.
La question de savoir si l’audition et la formation scientologues peuvent constituer des formes de culte peut naturellement venir à l’esprit des adhérents des religions occidentales couramment répandues, telles que le Judaïsme, le Christianisme et l’lslam. Au sein de ces religions, le culte est principalement, mais pas exclusivement, centré sur les célébrations publiques, les jours de jeûne, les sermons, le chant des hymnes, le Sabbath ou le culte dominical et sur diverses dévotions. Même si l’on peut identifier cette forme de culte comme largement représenté dans la religion orientale, il existe un courant fondamental sous-jacent dans les piétés orientales, attachant une grande importance à la méditation et à l’instruction. Tel que nous l’avons déjà mentionné, au sein de l’hindouisme Vedanta et du Bouddhisme Zen, le culte est centré non pas sur la célébration mais sur la méditation et l’étude des sutras, des manuels spirituels. Dans le zen, cette étude spirituelle s’accompagne souvent de méditation sur les koans, de courts adages concis et souvent contradictoires, qui aident le  fervent à percer la coquille de la conscience ordinaire afin qu’il ou elle puisse atteindre le satori, l’édification soudaine.

Alors que la découverte et la codification de la technique de l’audition appartiennent exclusivement à L. Ron Hubbard, l’Église de Scientologie et L. Ron Hubbard lui-même, ont toujours admis les affinités que la Scientologie a avec certains des aspects de l’Hindouisme et du Bouddhisme plus particulièrement. La Scientologie partage avec ces deux traditions religieuses, la croyance commune que le processus central du salut repose dans le passage de l’ignorance à la connaissance, de l’enchevêtrement à la liberté et de l’obscurantisme et de la confusion à la clarté et la lumière. Il y a un certain nombre d’années, j’ai publié un article sur les relations entre la Scientologie et le Bouddhisme : Frank K. Flinn, La Scientologie en tant que Bouddhisme technologique (Scientology as Technological Buddhism) dans Joseph H. Fitcher, rédacteur, Alternatives to American Mainline Churches, New York, Paragon House, 1983, pages 89-110. En accord avec ces traditions orientales, la Scientologie, de façon tout à fait logique, entrevoit le culte non tant sous l’angle de la célébration et de la dévotion, mais plutôt sous celui de la méditation et de l’instruction, en soulignant la conscience, l’éclairement ou pour employer un terme scientologue la « mise au clair ».

Il est important de remarquer que la forme de culte revêtant un aspect de méditation et d’instruction est absente en Occident. Les Israélites orthodoxes pieux envisagent la fervente étude de la Torah ou Loi, comme une forme, si ce n’est comme la forme de culte.
En conséquence, les Israélites mettent en place des « yeshivot », consacrées à l’étude de la Torah et du Talmud. Une « yeshiva » n’est pas seulement un endroit d’éducation ordinaire ; c’est également un endroit de culte. De même les Musulmans ont mis en place des kuttabs et des madrassas pour l’étude fervente du Coran. D’une manière similaire, nombre d’ordres religieux et monastiques du Catholicisme romain, et plus particulièrement les Cisterciens et les Trappistes, consacrent une grande partie de leur dévotion à l’étude silencieuse des textes sacrés et à la méditation sur ceux-ci.

Cependant, dans l’ensemble, la méditation, l’étude et l’instruction sacrées ne sont pas autant perçues comme des formes de culte en Occident qu’en Orient. En Inde, il est commun que des personnes au crépuscule de leurs vies vendent tous leurs biens de valeur, se rendent en un lieu sacré tel que Varanasi (Benares) sur le Gange et passent le reste de leur vie à méditer sur les choses divines et occasionnellement à faire des pujas, des offrandes rituelles. Pour le commun des hindous, une telle méditation représente la plus haute forme de culte possible.

En dehors de ces discussions, il est parfaitement clair que la Scientologie revêt à la fois les formes typiques de la célébration de cérémonies et de culte et possède sa propre et unique forme de vie spirituelle : l’audition et l’entraînement. En comparaison et contraste, l’Église catholique romaine considère l’ensemble de ces sept sacrements comme des formes de culte. C’est pourquoi l’ensemble des sacrements sont principalement administrés, dans ses églises, par un clergé ordonné. Les sacrements ne sont administrés en dehors des églises que dans des circonstances spéciales comme l’aide aux malades. Les sept sacrements sont le baptême, la confirmation, la confession, la réconciliation ou confession, l’Eucharistie, le mariage, les ordres saints et l’onction des malades et des infirmes. Mais le « sacrement parmi les sacrements », pour les Catholiques romains est l’Eucharistie, communément appelée la Messe, ou sont célébrées la mort et la résurrection de Jésus-Christ et sa présence au sein de la communauté croyante.

Ainsi l’Église de Scientologie a aussi, pour ainsi dire, son « sacrement parmi les sacrements ». À savoir la technologie de l’audition et de la formation. Le principal but religieux de l’ensemble des scientologues pratiquants est de devenir « clair » et d’atteindre le statut de « Thétan opérant » et d’être cause sur la « vie, la pensée, la matière, l’énergie, l’espace et le temps ». Les moyens fondamentaux pour atteindre cela sont les différents niveaux et grades de la formation et de l’audition. L’importance que l’Eucharistie a auprès du Catholique romain se retrouve dans l’audition et la formation, pour le scientologue. De même que les Catholiques romains considèrent les sept sacrements comme les principaux moyens de salut, les scientologues considèrent la technologie d’audition et de formation comme constituant les moyens de base pour atteindre le salut, qu’ils décrivent comme la survie universelle de tous les êtres.

En ma qualité d’universitaire spécialisé dans la religion comparative, je voudrais répondre à la question : « Où les catholiques romains ont-ils des lieux de culte ? » , par la réponse : « Là où les sept sacrements sont administrés aux adhérents, bien sûr. » À la question : « Où les scientologues ont-ils des lieux de culte ? », je répondrai : « Là où l’audition et la formation sont administrées aux paroissiens selon les écrits scientologues, bien sûr. Les travaux de Hubbard sur la Dianétique et la Scientologie représentent les écritures sacrées de l’Église de Scientologie. La majorité de ces travaux est consacrée à ce que les scientologues appellent la technologie d’audition, la gestion et l’application de l’audition et de la formation aux adhérents. La véritable prépondérance donnée à l’audition dans les travaux de Hubbard convaincra tout spécialiste de la religion que l’audition et la formation sont les pratiques religieuses centrales et les principales formes de culte de l’Église de Scientologie.

En ma qualité d’universitaire spécialisé dans la religion comparative, je peux affirmer sans hésitation que l’audition et la formation constituent les formes centrales de culte, au sein du système de croyances des scientologues. Et, que les endroits où l’audition et la formation sont administrées aux adhérents sont, sans équivoque, les lieux de cultes de la Scientologie.

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14. novembre 2007

L’audition

Par Régis Dericquebourg

La Scientologie est surtout connue par sa méthode d’audition. Pour les scientologues, elle est une voie spirituelle méthodique.
De quoi s’agit-il ?
L’audition a pour but de retrouver tous les événements de la vie présente ainsi que toutes les vies antérieures – sur la piste du temps. Parmi les faits retrouvés, les plus intéressants sont les épisodes traumatisants auxquels est aliénée une quantité d’énergie qui réduit les capacités car elle entrave l’action et la pensée rationnelle. Le travail de remémoration de ces événements et leur parcours (2) libère, par l’abréaction, l’énergie liée aux incidents qui se trouve ainsi disponible. Il s’ensuit un sentiment de bien-être. D’autre part, les incidents du passé sont considérés comme la source de maladies physiques ou psychiques. Leur reconnaissance et le travail que l’audité opère sur eux est sensé les effacer. Par exemple, une personne qui éprouve de l’angoisse retrouvera peut-être pendant l’audition qu’elle a été étranglée dans une vie antérieure. En parcourant l’incident traumatique, elle se libérera de l’angoisse qui a accompagné l’événement passé.
On ne peut s’empêcher d’évoquer à ce propos la construction d’un mythe personnel dans la cure chamanique dont parle Levi-Strauss dans l’Anthropologie structurale (4).
Dans la terminologie hubbardienne, l’audition de Scientologie utilise les capacités du mental analytique pour vider le mental réactif de ses engrammes nocifs qui entravent les aptitudes pour retrouver la puissance du thétan incarné.
L’audition produit deux choses :
1)    par l’exploration du passé, elle montre rapidement à l’adepte qu’il est un esprit tout-puissant incarné limité par sa condition d’homme,
2)    l’effacement d’engrammes conduit à l’état de « Clair » (5).

L’élimination des engrammes aide à régénérer l’être. Elle se traduit par l’accroissement de la force vitale, avec une plus grande capacité à survivre, un sentiment de puissance et de meilleures aptitudes qui se mesurent sur l’échelle des tons.

Pour les scientologues, l’audition est une forme de conseil pastoral. Brian Wilson partage ce point de vue (dans « Scientologie », écrit en 1994) en considérant que la Scientologie manifeste la systématisation de la relation avec l’esprit, une orientation que l’on retrouve dans le méthodisme.
Pour nous c’est une forme de rationalisation de la vie religieuse.

Les scientologues insistent sur le fait que l’audition est d’abord et avant tout une aventure spirituelle qui permet d’accéder à la partie spirituelle et immortelle de l’homme, comme dans les religions orientales.

C’est à travers l’audition que le thétan devient certain de son immortalité et qu’il est capable de grandir spirituellement. À travers l’audition l’homme acquiert une plus grande compréhension de sa spiritualité et de sa relation avec l’Etre Suprême. L’audition permet également à l’homme de devenir plus compréhensif et capable tout au long des huit dynamiques.

Certains détracteurs de la religion ont comparé la Scientologie à une forme de psychothérapie.  Cependant les méthodes et les rituels ne sont pas les mêmes, et ils ont des buts totalement différents : la psychothérapie s’occupe du mental ; le but de la Scientologie est le salut de l’esprit.

1) La personne auditée comprendra la dualité de l’homme et, en découvrant les vies passées, elle comprendra la permanence d’un principe unique présent tout au long de ses vies ;
2) La Scientologie traite aussi du thétan. En soulageant le thétan des masses mentales et corporelles, il retrouvera sa puissance initiale ; L’individu que représente le thétan deviendra une espèce de « libéré-vivant » (jivan mukti).

(2) – Parcourir consiste à se remémorer, à le raconter autant de fois qu’il le faut pour qu’il ne produise plus d’émotion. L’auditeur peut le repérer par le va et vient de l’aiguille sur l’électromètre jusqu’à ce qu’il ne provoque plus de réactions émotives.
(3) – Régis Dericquebourg : Religions de guérison, Paris, Cerf, 1988.
(4) – Levi-Strauss : Anthropologie structurale, Paris, Plon, 1958.
(5) – un « Clair » est une personne qui a effacé tous ses engrammes.

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