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14. décembre 2007

L’ERREUR DE SEGERDAL

Par Bryan Wilson

La Scientologie est une religion, dont l’organisation n’est pas celle de communautés traditionnelles.
En une époque, où les églises établies commencent, à la lumière de la révolution contemporaine de la communication, à reconnaître les limites de la structure de congrégation et à tenter d’autres schémas de culte, la Scientologie, elle a déjà évoluée en une nouvelle procédure plus intensive de ministère spirituel.
La relation personnelle requise par l’audition et le système intensif de formation des auditeurs, représente un schéma de soins destinés à l’intention du progrès spirituel de chaque individu qui dépasse de loin toute pratique pastorale pouvant être offerte, par n’importe quelle forme conventionnelle de ministère religieux.
Contrairement à l’idée populaire, le statut des pratiques de la Scientologie, en leur qualité de culte, n’a pas encore été adressé à la justice.
Au cours d’une première affaire, Regina V Registrar-General Ex parte Segerdal and Another, en 1970, la question centrale fut de déterminer si un bâtiment que l’Église de Scientologie possédait à East Grinstead, pouvait bénéficier de la qualification de « lieu de rencontre pour le culte religieux », conformément au fait que les services que l’Église y tenait, étaient conformes aux critères présentés pour la détermination de ce qui constitue un culte, Parmi ces services, il y avait des sermons hebdomadaires et d’autres réunions, des baptêmes, des services funéraires et des cérémonies de mariage.
Même si, en cette affaire Lord Denning jugea que ces services spécifiques n’étaient pas constitutifs de culte, en réalité, le noyau de la pratique religieuse de l’Église de Scientologie réside dans les procédures d’audition et de formation.
Pour les scientologues, c’est lors de ces activités que le culte est célébré – lors de la communication avec la réalité spirituelle – et non pas lors des services considérés par la justice dans l’affaire Segerdal.
Bien sûr, de telles activités de culte, qui ne respectent pas une déité, peuvent ne pas être en conformité avec le modèle invoqué par la Cour, celle-ci ayant un culte chrétien à l’esprit, mais pour leurs praticiens, il s’agit bien de culte.
Il est apparent, au travers de ce qu’il fut suggéré ci-dessus, qu’en tout état de cause, les religions ne posent pas toutes le principe d’un Être suprême.
Dans l’affaire Segerdal, Lord Denning fit mention du Bouddhisme comme d’une exception au principe qu’il acceptait et admit la possibilité d’autres cas. Pourquoi la Scientologie n’en serait – elle pas un ? S’il y a des exceptions, est-ce que cela ne remet pas en question le principe en lui-même et est-ce que la définition alors employée ne s’en trouve pas annulée ?
La tendance qu’il y a à revenir, en dépit de la discussion d’exceptions, au concept d’un Être suprême comme d’un élément constitutif nécessaire d’un culte, indique dans quelle mesure les préjugés culturels persistent, même en présence de preuves contraires provenant d’autres cultures.
En fait, il est certain que la Scientologie reconnaît un Être suprême mais elle conçoit cette entité comme quelque chose qui ne peut pas être facilement appréhendée et avec qui la communication, en l’état actuel de connaissance humaine est rare.
Ainsi, alors que la Scientologie pose le postulat d’un Être suprême, elle ne présume pas que les hommes puissent normalement prétendre à avoir une connaissance intime de cet être.
Cette attitude constitue en elle-même une forme d’humilité qui parfois manque dans les religions où les individus sont encouragés à déclarer effrontément qu’ils connaissent la volonté et l’esprit de Dieu.
Dans l’optique de cette approche limitée de l’Être suprême, les attitudes de dépendance, fréquentes dans le Christianisme jointes à celles de supplication, vénération, louanges et intervention, deviennent non appropriées. Elles ne le seraient également pour les Chrétiens qui adhèrent à la formulation de la définition de l’Être suprême, avancée par les théologiens modernes (voir Les récentes réévaluations théologiques de Dieu).
Le respect ne manque pas aux scientologues qui considèrent la création en elle-même, comme une chose en étant digne, mais sans un Dieu conçu en des termes anthropomorphes, les éléments et la forme du culte, présents dans la tradition judéo – chrétienne – islamique, sont inapplicables.
Quand l’essence du culte est considérée comme son propos et ses objectifs et non pas comme sa forme extérieure, il n’est pas difficile d’admettre que les pratiques scientologues constituent une forme de culte.

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27. novembre 2007

LA RELIGION SCIENTOLOGIQUE A ADOPTE LA FORME JURIDIQUE IMPOSEE AUX RELIGIONS PAR LE LEGISLATIEUR FRANÇAIS : L’ASSOCIATION CULTUELLE

Par Jacques Robert

On sait que la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’Etat a notamment prévu en son titre IV « Des associations pour l’exercice des cultes » qui sont les associations cultuelles. Ces associations culturelles sont des associations de droit privé dont l’objet est uniquement de subvenir aux frais, à l’entretien et à l’exercice public du culte. V.M. BAZOCHE Le régime légal des cultes en France (1948) pp. 10 et 11.

De même que les cultes israélites et protestants avaient formé des associations cultuelles, de même la religion scientologique a constitue le 8 août 1977 une association cultuelle déclarée régie par la loi du 9 décembre 1905, le décret du 16 mars 1906, la loi du 25 décembre 1942 et la loi du 1er juillet 1901.
Le caractère religieux de l’association transparaît dans ses statuts comme en témoignent les exemples suivants :

a) L’article 3 fixe ainsi la dénomination de l’association « Eglise de la Nouvelle Compréhension. Association cultuelle de Paris ». (1977).

b) L’objet de l’Association est « l’exercice du culte de l’Eglise de la Nouvelle Compréhension, tel qu’il est pratiqué dans la religion de Scientologie »… L’association vise à apporter à l’Homme une nouvelle compréhension de soi et des autres, de l’immortalité de l’âme et de son rapport avec Dieu le créateur de l’univers ».
En poursuivant cet objet, l’association encourage l’étude de « la religion de Scientologie »… (article 2).
Il sera observé que dans le texte des statuts, qui ont été déposés, l’expression « religion de Scientologie » est utilisée.

c) Dans le conseil d’administration qui comprend quatre membres « deux au moins doivent avoir la qualité de ministre du culte ayant reçu l’investiture spirituelle et disciplinaire de la Church of Scientology World Wide. Ils ne peuvent demeurer en fonctions qu’autant qu’ils sont en communion spirituelle avec cette église mère, soit directement, soit par l’intermédiaire de leurs supérieurs hiérarchiques. » (article 10 alinéa 2).
Ces deux ministres du culte sont obligatoirement président et vice-président du conseil d’administration (article 12).

La place des ministres du culte dans la hiérarchie de l’association renforce encore son caractère religieux ainsi d’ailleurs que la notion de communion spirituelle qui se rencontre également dans l’Eglise catholique : un curé qui n’est plus en communion avec son évêque ne peut plus être le desservant légal du point de vue du droit français. A.RIVET. Traité du culte catholique (1950) pp.57-60.
La nécessité de la communion spirituelle entre l’Eglise et ses prêtres a été notamment proclamée par la Cour de cassation en des termes qui sont très proches de ceux de l’article 10 précité des statuts de l’Eglise de Scientologie.
Dans un conflit opposant deux prêtres au sujet de la jouissance d’une Eglise dont l’un faisait partie d’une association cultuelle mais n’était pas en communion avec les supérieurs hiérarchiques religieux et l’autre qui reconnaissait la hiérarchie religieuse, la Cour suprême a déclaré que le législateur a entendu assurer « (…) l’exercice d’un culte pratiqué selon les préceptes de l’Eglise catholique par des prêtres reconnaissant la hiérarchie catholique ». COLONNA, 5 fév. 1912 (R.U.D 1912p. 80).

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17. novembre 2007

La cosmologie : le surnaturel scientologique

Le fondateur, Ron Hubbard (1911 – 1986) renoue avec la thèse des Esprits primordiaux. Il affirme qu’avant la naissance de l’univers, il existait des esprits appelés thétans. C’était des êtres immatériels, sans masse, sans limites temporelles, n’occupant aucun espace, omniscients, omnipotents, indestructibles, immortels et capables de créer toute chose. Ces êtres immatériels avec l’être Suprême créèrent l’univers. Oisifs, ils souffraient de leur propre immortalité. Pour se distraire, ces entités impalpables décidèrent de créer l’univers. En faisant cela, ils se prirent à leur propre piège et ils s’engluèrent dans leur création – et plus particulièrement dans l’homme – c’est-à-dire dans le temps, dans l’espace, dans l’énergie, dans la matière, allant même jusqu’à oublier qu’ils en étaient les créateurs. De ce fait, ils perdirent leur puissance et leur omniscience et devinrent des hommes vulnérables. Depuis ce temps, ils retournent vie après vie, habiter des corps différents. Aujourd’hui, les thétans ont oublié leur véritable identité spirituelle et ils croient être des corps humains. L’homme a donc une origine spirituelle : il est à la fois un corps, un psychisme et un thétan.

On trouve là une version gnostique de la chute de l’homme parfait dans l’imperfection ainsi qu’une transposition du drame grec où les Dieux se mêlent des affaires des hommes et se font piéger.

Une libération doit mettre fin à la succession des vies. La Scientologie veut rapprocher l’homme de l’état de thétan originel.

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13. novembre 2007

Entraînement religieux

Par Régis Dericquebourg

L’autre pilier de la pratique religieuse appelé « l’entraînement » consiste en une étude intensive des écrits pour l’illumination spirituelle et la formation du clergé scientologue.

Les scientologues considèrent qu’ils doivent montrer leurs qualités d’êtres spirituels dans toutes les situations de la vie. Ils trouvent ce chemin en étudiant les écrits scientologues. Les études dans un but d’illumination se retrouvent dans d’autres religions telles que le Judaïsme avec le Talmud, les enseignements de Bouddha et les écritures ésotériques. De plus d’après les scientologues l’entraînement et l’audition vont de pair. On doit augmenter en même temps ses aptitudes, ses responsabilités et son savoir. On découvre que l’on peut agir avec la puissance d’un thétan réincarné et communiquer avec les autres êtres spirituels. Par exemple, lors de l’entraînement les scientologues apprennent également « comment auditer » pour découvrir dans l’autre le processus de spiritualisation et pour exercer leur responsabilité de croyant.

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29. octobre 2007

Conclusions

Par Régis Dericquebourg

La Scientologie présente les caractéristiques d’une religion. Elle possède une théodicée, un ensemble d’exercices qui permettent d’atteindre la partie spirituelle de chaque être humain, une structure d’église très « bureaucratisée », des rites religieux. Plusieurs auteurs avant nous, même les plus critiques, n’ont pas douté de son caractère religieux : Michel de Certeau, Roy Wallis, Bryan Wilson, Harriet Whitehead, Lonnie D. Kliever, Frank. K. Flinn.
Nous trouvons les caractéristiques suivantes :

1)    Elle comporte des techniques qui visent à tracer un chemin vers la liberté vu comme « une âme saine dans un corps sain ».
Ron Hubbard et ses disciples poussent très loin la rationalité instrumentale au service d’une vie religieuse, d’une transformation de soi et d’une transformation du monde. Le plus souvent on a apparenté la Scientologie au Bouddhisme. Certains l’ont qualifiée de « Bouddhisme technologique ». D’autres ont vu une ressemblance avec le Méthodisme à cause du caractère systématique de l’audition (appelée : conseil pastoral).

2)    Elle permet au fidèle de donner un sens aux évènements cosmiques, historiques et personnels, elle offre au croyant la conviction qu’il détient la solution du salut personnel et du salut de l’humanité, elle promet à l’individu d’être cause sur la vie et non pas effet de causes externes.

3)    Ron Hubbard n’est pas un prophète qui a proclamé une voie de salut en fonction d’une révélation. Il apparaît comme un chercheur spirituel qui a mis progressivement au point une méthode de salut qui représente un « accomplissement ».

4)    Elle repose sur une expérience individuelle de type mystique qui permet à chacun d’atteindre sa propre nature spirituelle. Elle implique une « virtuosité religieuse », un engagement personnel important et ne peut donc être une religion de masse.

5)    La Scientologie a un caractère de religion « matérielle » qui évoque la Sokka Gakkaï où le succès dans les affaires honnêtement obtenu est considéré comme une évolution spirituelle favorable. Nous pouvons faire un parallèle entre l’éthique scientologique et l’éthique protestante. Dans le premier cas, la réussite dans le monde est le signe d’un état de grâce, dans le second cas, elle est la manifestation d’un travail sur soi-même que fait la personne, d’une ascèse personnelle où domine les techniques psychologiques de la libération comme dans le Bouddhisme et l’application d’un système concret de morale.

6)    Elle n’est pas non plus une secte dans la mesure où elle n’est pas exclusive, le fidèle pouvant continuer à fréquenter une autre religion, bien que la majorité ne pratique que la Scientologie.

7)    Le caractère religieux de l’Eglise de Scientologie a été affirmé depuis le début des années 1950 comme en témoigne la plaquette que l’Eglise Internationale de Scientologie a publié à l’occasion de son quarantième anniversaire. L’Eglise Internationale de Scientologie de Los Angeles y est décrite comme l’Eglise-Mère (comme celle de Boston chez les Scientistes Chrétiens), on y parle de fidélité et de fraternité religieuse, de l’association pastorale, d’œuvres caritatives affiliées à l’Eglise, de paroissiens.
De plus, au cours des derniers entretiens que nous avons enregistrés avec des scientologues, la dimension religieuse est de plus en plus revendiquée. En proclamant de plus en plus son caractère religieux, la Scientologie attire des personnes en quête de religion alors que dans ses débuts, elle conduisait vers elle plus de personnes cherchant à résoudre des problèmes personnels. À mesure que la Scientologie s’est développée, la Dianétique s’est intégrée dans le cheminement scientologique.

8)    La Scientologie comporte des éléments utopiques : Ron Hubbard a conçu un projet utopique de « clarifier la planète », qui envisage une société sans démence, sans criminalité, sans guerre, où les individus capables pourront prospérer, les êtres honnêtes avoir des droits et où l’homme pourra s’élever à des niveaux supérieurs. L’éthique spontanément appliquée (morale ouverte Bergsonienne) éliminerait toutes les erreurs de l’existence et, la perfection des thétans étant retrouvée, l’efficacité serait accrue. Le monde devrait s’améliorer à mesure que les effectifs des scientologues s’accroîtraient.

9)    La Scientologie est née dans un contexte moderne. Elle y puise certains éléments (technicité, approche méthodique affirmée, importance de la communication, du bien-être, compréhension de l’organisation, expérience personnelle) qu’elle a mêlée à des traditions spiritualistes anciennes.

Ron Hubbard et ses disciples poussent très loin la rationalité instrumentale au service d’une voie mystique, d’une transformation de soi et d’une transformation du monde. C’est sans doute pour cette raison qu’elle apparaît comme particulière au sein des religions.

Régis Dericquebourg

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19. octobre 2007

La compréhension de l’absolu : structures d’un nouvel état d’être, d’un ultime état d’être

Par Michael Sivertsev

La compréhension de l’absolu représente une caractéristique fondamentale de nombreux systèmes théologiques. Aussi nous trouvons-nous inévitablement dans un domaine admis, qui s’appuie non seulement sur des écrits mais également sur des témoignages vivants.

Comme elle ne précise pas de façon approfondie la notion d’absolu et qu’elle s’ouvre vers les autres cultures religieuses, elle présente un caractère relativement infini ; elle est toutefois parvenue à reconstituer des aspects de l’absolu et les compare à des concepts consacrés, tels qu’ils apparaissent dans d’autres systèmes théologiques.

Un être personnel ou impersonnel

L’état d’être suprême, ou absolu, a un caractère impersonnel, puisqu’il s’agit d’une condition d’existence spirituelle personnelle et de ces créations produites par le jeu de la création de l’être puissant et éternel.

Continuité ou discontinuité entre l’univers physique (MEST) et l’existence spirituelle

Même si cette question n’et pas d’une nature générale, et sans intérêt en ce qui concerne la pratique spirituelle, on peut cependant s’accorder sur le fait qu’il y a discontinuité entre le créateur et le monde créé. En ce qui concerne l’absolu, si cet aspect présent un intérêt pratique, il est considéré comme essence inhérente, que toute personne peut atteindre après avoir suivi les étapes du Pont vers la Liberté totale.

La question de la révélation en Scientologie

La révélation est donnée en Scientologie en totalité, et en une seule fois, par la personnalité, la vie et l’œuvre (les textes) de L. Ron Hubbard. De là la tâche restant aux fidèles de l’église : apprendre, savoir et accepter le message de Hubbard. C’est la raison de cette référence permanente aux écrits de Hubbard ; La fonction et le rôle des textes de Hubbard dans le sermon, dans le service religieux et la pratique de tous les jours des pasteurs et des fidèles contribuent à la révélation.

Compréhension verbale et non verbale de l’absolu

La compréhension non verbale de l’absolu est caractéristique en Scientologie. Il s’agit d’un trait typique du système apophatique. Cette compréhension non verbale est liée au caractère pratique de la tradition spirituelle de la Scientologie insistant plus sur la manière de l’atteindre que sur sa description. Le chemin strict et formellement précisé vers l’absolu est caractéristique de la Scientologie et des systèmes apophatiques, et s’oppose au système cataphatique qui, lui, cherche à décrire l’absolu.

   Entrees precedantes