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27. décembre 2007

LA RELIGION ET L’ORGANISATION DE L’ÉGLISE

Par Bryan Wilson

Il n’est pas du tout nécessaire qu’une religion ou un système religieux soit organisé sous la forme d’une église.
Les éléments spirituels incorporés au système scientologue étaient visibles avant que le mouvement ne procède à l’enregistrement officiel d’églises et ces éléments pris dans leur ensemble, permettent certainement de désigner ce système de croyance de la Scientologie comme constituant une religion.
Mais, si le critère d’une religion était son organisation sous forme d’église, la Scientologie passerait ce test.
Dans les années cinquante, l’Église fut officiellement enregistrée et un credo fut formulé et la forme de certaines cérémonies fut établie.
Le credo et les cérémonies donnent une forme institutionnelle aux engagements implicites, présents au sein du système de croyance de la Scientologie. La structure ecclésiastique de la Scientologie est hiérarchique et reflète le système progressif d’enseignement et d’illumination spirituel requis dans la maîtrise de ses enseignements.
Les organisations d’ordre inférieur sont dirigées sous forme de missions conçues comme des entités évangélistes. Les églises d’ordre inférieur se chargent de ce qui peut être désigné comme la formation élémentaire des ministres, en vue de leur ordination et de celle des congrégations locales de paroissiens « cette couche de l’organisation de l’église représente le noyau du système.
Au-dessus de ce niveau, il existe des échelons supérieurs dans l’organisation de l’église qui assument la responsabilité de la formation et l’audition supérieures des auditeurs. Les organisations de niveau supérieur guident les institutions de niveau inférieur.
Copiant cette structure, l’Église a mis en place un ministère volontaire, composé de laïcs qui sont formés en vue d’assumer des travaux sociaux et communautaires. Le ministère est en lui-même organisé en hiérarchie, chaque niveau de formation étant sanctionné par l’achèvement de cours certifiés.
Quand il n’a qu’un bas niveau de formation, le volontaire va, entre autres, visiter les hôpitaux et les prisons, alors que les ministres de plus haut niveau, tentent de former des congrégations de scientologues.
La structure ecclésiastique formelle, dans son ensemble, ressemble quelque peu aux dénominations chrétiennes, aussi différents que soient ses enseignements et ses pratiques.
Le ministère volontaire est vaguement parallèle au diaconate laïc de l’église anglicane et des autres églises.

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25. décembre 2007

LES CÉRÉMONIES SCIENTOLOGUES

Par Bryan Wilson

Les cérémonies de mariage et de funérailles de l’Église, même si elles sont quelque peu non conventionnelles, ne sont pas si radicalement différentes des pratiques générales de la société occidentale. La cérémonie du baptême, appelée « cérémonie du nom » est plus explicitement consacrée aux principes du système de croyances scientologues.
Son propos est de porter assistance au thétan qui a récemment pris un nouveau corps. Au moment de la prise d’un nouveau corps, le thétan est considéré comme non conscient de son identité et la cérémonie du nom est là pour l’aider à apprendre l’identité de ce nouveau corps, celle des parents de ce corps et celle du parrain et de la marraine qui aideront ce nouvel être.
Cette cérémonie est donc un processus de type d’orientation, en accord total avec la métaphysique scientologue.

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09. décembre 2007

DOUBLE ADHÉSION

Par Bryan Wilson

La Scientologie présente une caractéristique particulière : ses membres ne sont pas tenus de renoncer à leurs croyances religieuses avant d’adhérer au mouvement scientologique.
Cela porte à croire que la Scientologie se contente tout simplement d’être une croyance complémentaire ou supplémentaire, mais une telle conclusion serait injustifiée.
J’ai discuté de cet aspect de la Scientologie avec certains dirigeants de l’église, de même qu’avec des scientologues, et ils me répondirent que l’exclusivité, quoique non exigée, devient tout simplement une question de pratique.
Selon eux, au fur et à mesure qu’un membre s’implique dans la Scientologie, il a tendance à abandonner sa croyance antérieure. Par exemple, l’expérience m’a démontré qu’un Israélite qui devient scientologue pourrait demeurer affilié au judaïsme pour des raisons culturelles et célébrer les fêtes juives en famille et entre amis, mais il ne pratiquera pas sa religion et n’adhérera pas à la théologie juive.
Cette explication m’apparaît valable de mon point de vue d’homme érudit. Les scientologues perçoivent leur croyance comme une religion à part entière qui exige le dévouement de ses membres.
De plus, tandis que la tradition judéo-chrétienne-musulmane considère que l’engagement religieux doit être exclusif et ne tolère pas la double ou multiple adhésion, ce principe est loin d’être universel parmi les religions.
Le Bouddhisme et l’hindouisme ne l’exigent point. Bouddha ne défendait pas l’adoration de dieux locaux.
L’hindouisme est tolérant en ce qui a trait aux allégeances multiples. Au Japon, un grand nombre de citoyens sont à la fois bouddhistes et shintoïstes.
La symbiose des religions constitue un phénomène bien connu et à certains égards, cela s’est déjà produit dans l’histoire du Christianisme (par exemple, la tolérance du Spiritualisme ou du Pentecôtisme par certains évêques anglicans, bien que ces croyances ne fussent pas reconnues officiellement par la doctrine).
Le fait que la Scientologie adopte une position différente de celle des chrétiens de l’Occident à l’égard des affiliations doubles ou multiples ne constitue pas un motif valable pour lui refuser son statut de religion.

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23. novembre 2007

Scientologie : les caractéristiques d’une religion – système de croyance

En ce qui concerne le système de croyances de la Scientologie, il existe un matériel religieux très vaste dans lequel un universitaire intéressé doit s’orienter. De plus, la Scientologie, tout comme les autres traditions religieuses de l’histoire, se développe, a évolué et continue de le faire. On peut mentionner des ouvrages clés écrits par L. Ron Hubbard tels que « La Dianétique : la puissance de la pensée sur le corps « , « Scientologie, les Fondements de la pensée« , « Les conférences de Phoenix« , tout comme les volumineux manuels de formation et de gestion. Mais cela ne serait que la partie visible de l’iceberg représenté par les écritures de la Scientologie. À la base de tout, on trouve les écrits de L. Ron Hubbard qui constituent la seule source d’inspiration de toutes les doctrines scientologues concernant l’audition et la formation.

Suite aux interviews que j’ai effectués auprès de scientologues et d’après les études que j’ai faites de leurs Écritures, j’ai pu conclure que les membres de cette Église adhèrent à un credo de base, dans lequel ils reconnaissent que l’Homme est fondamentalement bon, que l’esprit peut être sauvé et que la guérison des souffrances à la fois spirituelles et physiques vient de l’esprit. In extenso, le credo affirme :

Nous, les membres de l’Église, croyons :

  • Que tous les hommes, quelle que soit leur race, couleur ou croyance, ont été créés avec des droits égaux ;
  • Que tous les hommes ont le droit inaliénable d’avoir leurs propres pratiques religieuses et de les exercer ;
  • Que tous les hommes ont le droit inaliénable de vivre leur propre vie ;
  • Que tous les hommes ont le droit inaliénable à leur santé mentale ;
  • Que tous les hommes ont le droit inaliénable d’avoir leur propre défense ;
  • Que tous les hommes ont le droit inaliénable de concevoir, choisir, assister ou soutenir leurs propres organisations, églises et gouvernements ;
  • Que tous les hommes ont le droit inaliénable de penser librement, de parler librement, d’écrire librement leurs propres opinions et de s’opposer, de se prononcer ou d’écrire sur les opinions des autres ;
  • Que tous les hommes ont le droit inaliénable de créer leur propre espèce ;
  • Que les âmes des hommes ont les droits des hommes ;
  • Que l’étude du mental et la guérison de maladies d’origine mentale ne devraient pas être séparées de la religion, ni tolérées dans les domaines non religieux ;
  • Et qu’aucun agent autre que Dieu n’a le pouvoir de suspendre ou de négliger ces droits, de façon ouverte ou couverte ;
  • Et nous, membres de l’Église, croyons : Que l’homme est fondamentalement bon ;
  • Qu’il cherche à survivre ;
  • Que sa vie dépend de lui-même, de ses semblables et de l’accomplissement de sa fraternité avec l’univers ;

Et nous, membres de l’Église, croyons que les lois de Dieu interdisent à l’homme :

  • De détruire sa propre espèce ;
  • De détruire la raison des autres ;
  • De détruire ou d’asservir l’âme d’un autre ;
  • De détruire ou de réduire la survie de ses compagnons ou de son groupe.
  • Et nous, membres de l’Église, croyons que l’esprit peut être sauvé et que seul l’esprit peut sauver ou guérir le corps.

Ce credo élabore et complète l’enseignement de la Scientologie sur les Huit Dynamiques. Une dynamique est un désir, une recherche ou une impulsion de survie, au niveau du Moi, du sexe (incluant la procréation en tant que famille), du groupe, de l’ensemble de l’humanité, de l’ensemble des choses vivantes, de tout l’univers physique, de l’esprit et pour finir, au niveau de l’Infini et de Dieu. Contrairement à certaines présentations publiques de la Scientologie, l’Église a toujours affirmé une croyance dans la dimension spirituelle et en particulier la croyance en un Être suprême. Les premières éditions de « Scientologie, les Fondements de la pensée » affirment expressément : « La Huitième Dynamique constitue le désir d’une existence en tant qu’Infini. Cela est également identifié comme l’Être suprême » (Fondements de la pensée, 1956). Il est attendu de la moyenne des croyants qu’ils se réalisent aussi complètement que possible, dans l’ensemble des huit dynamiques et obtiennent par là, une compréhension de l’Être suprême, ou comme les scientologues préfèrent le dire, de l’Infini.

Les scientologues définissent l’essence spirituelle de l’Homme comme un « thétan », ce qui est l’équivalent de la notion traditionnelle de l’âme. Ils croient que ce « thétan » est immortel et a habité différents corps au cours de « vies antérieures ». La doctrine scientologue de vies antérieures a de nombreuses affinités avec l’enseignement bouddhiste sur le samsara ou sur la transmigration de l’âme. J’en dirai plus sur l’âme, plus loin au paragraphe 16 (a).

Le credo de la Scientologie peut être comparé au credo classique chrétien de Nicaea (325 ap. J-C.), à la Confession luthérienne d’Augsburg (1530 ap. J.-C.) car, comme ces tout premiers credos, il définit à l’intention du croyant l’ultime propos de la vie et forme et détermine des codes de conduite et de culte conformes à ce credo. Il définit ainsi un ensemble d’adhérents qui souscrivent à ce credo. Tout comme les credos classiques, le Credo de l’Église de Scientologie donne un sens aux réalités transcendantales : l’âme, l’aberration spirituelle ou péché, le salut, la guérison par l’intermédiaire de l’esprit, la liberté du croyant et l’égalité spirituelle de tous.

D’après leur credo, les scientologues distinguent entre l’esprit « réactif » ou passif (inconscient) et l’esprit « analytique » ou actif. L’esprit réactif enregistre ce que les adhérents appellent des « engrammes ». Ce sont les traces spirituelles des maux, des blessures ou des chocs.

Il est dit que l’esprit réactif garde trace d’engrammes remontant à l’âge foetal et appartenant mêmes aux vies antérieures. La notion théologique des « engrammes » est très proche de la doctrine bouddhiste de la « trame d’enchevêtrement » remontant aux précédentes incarnations et entravant l’obtention de la connaissance totale. Les scientologues pensent qu’à moins de n’être libérés de ces engrammes, la capacité de survie de chacun aux niveaux des « huit dynamiques », joie, intelligence et bien-être spirituel est sérieusement atteinte. C’est en se fondant sur cette croyance ou cette connaissance spirituelle que les adhérents trouvent leur motivation pour passer par les nombreux niveaux d’audition et de formation, qui constitue la pratique religieuse centrale de la Scientologie. Je parlerai de l’audition et de formation avec de plus amples détails au paragraphe 16. On appelle « pré-clair » , le néophyte ou la personne qui commence le processus de l’audition/formation, et la personne qui n’a plus ses propres engrammes est appelée « clair ». Cette distinction peut être comparée à la distinction chrétienne entre le péché et la grâce et à la distinction bouddhiste entre la non-connaissane (sanskrit: avidya) et l’état de connaissance totale (bodhi).

Les scientologues ne parlent pas de l’état de clair simplement en termes de bien-être individuel. Ils pensent que l’audition et la formation ont un effet bénéfique sur la famille, le groupe, l’environnement et la sphère d’influence de la personne. En d’autres termes, l’effet bénéfique rejaillit sur l’ensemble des huit dynamiques. Les scientologues pensent également qu’il est de leur responsabilité d’améliorer le monde les entourant et qu’ils doivent aider leurs prochains à attendre l’état de « clair ». Ils pensent que lorsque suffisamment de personnes auront atteint l’état de clair, le propos central de la Scientologie, tel qu’énoncé par L. Ron Hubbard, sera réalisé : « Une civilisation sans démence, sans criminels et sans guerres où les individus compétents puissent prospérer, où les personnes honnêtes puissent exercer leurs droits et où l’homme soit libre de s’élever à des niveaux transcendants. » (Scientologie : Les Fondements de la pensée, 1956). Dans le cadre de cette quête visant à se défaire des conditions débouchant sur la non-confiance, la guerre d’auto-destruction, la Scientologie n’est pas différente de toutes les autres religions missionnaires ou évangélistes, à savoir le bouddhisme, le judaïsme, la chrétienté et l’Islam.

Trois des aspects des buts de la Scientologie visant à rendre la planète claire pour l’obtention d’une civilisation meilleure prouvent que le système de croyances de l’Église est pleinement fondé sur le modèle des autres grandes religions historiques, passées et contemporaines. Ces trois aspects sont a) son caractère missionnaire, b) son universalité et c) la notion de responsabilité et d’engagement ultime.

a) Premièrement, la quête religieuse de la Scientologie est envisagée en termes de mission sacrée, qui s’adresse à tous. Ainsi, les prophètes de la Bible tels qu’Amos, Isaïe et Jérémie eurent la révélation que leur mission était d’aller prêcher la paix, la justice et l’amour dans les nations du monde entier. De même, les missionnaires bouddhistes du deuxième siècle avant J.-C. ressentirent intérieurement un appel les poussant à aller répandre la parole de Bouddha en Extrême-Orient, à savoir en Chine, en Indochine, en Indonésie, en Corée et au Japon. Aujourd’hui, les missionnaires bouddhistes japonais répandent leur message en Europe et aux Amériques. Et, Jésus de Nazareth considérait son évangile comme ayant un but missionnaire ; en conséquence, il envoya ses disciples dans tous les pays. L’aspect missionnaire de l’Islam est si considérable qu’il représente à l’heure actuelle la religion historique se propageant le plus rapidement dans le monde, particulièrement en Afrique et en Asie orientale. Dans son effort de « mise au clair » de la planète dans le but d’une civilisation renouvelée, les efforts missionnaires de la Scientologie se conforment parfaitement au modèle des grandes religions.

b) Deuxièmement, la Scientologie considère sa mission en des termes universels. En conséquence, elle a décidé d’ouvrir des missions dans le monde entier, de façon à mettre la technologie d’audition et de formation à la disposition du monde entier. Le parallèle historique le plus évident avec une religion historique et traditionnelle, se trouve dans les instructions de Jésus à ses disciples: « Allez et enseignez à toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit » (Matthieu 28-19). Au huitième siècle avant J.-C., le prophète israélite Amos fut poussé à répandre la parole de Dieu, non seulement à Judas et à Israël mais aussi à Damas, Gaza, Ashkelon, Tyre, Sidon et Edom qui étaient tous des états-villes ne partageant pas les croyances d’Israël dans le Dieu des Pères (Amos, chapitre 1-2). Aujourd’hui, les musulmans établissent des mosquées complètement opérationnelles dans des villes telles que Londres, Los Angeles, Toronto et même Séoul, car ils croient en la valeur universelle de la parole du Prophète Mohammed. De même, les chefs spirituels bouddhistes et hindous védantistes amènent en nos lieux leurs enseignements sacrés et leurs façons de vivre car ils sont convaincus de l’application universelle de leurs enseignements. Une fois encore, sous cet aspect, la Scientologie suit le modèle des religions historiques, en ce qui concerne la propagation mondiale de sa technique d’audition et de formation qui, selon les missionnaires scientologues, sera bénéfique à l’ensemble de l’humanité.

c) Troisièmement, le but avoué de la Scientologie est d’aider suffisamment de personnes à atteindre l’état de « clair », pour que la destinée de la civilisation en soit améliorée. Ce but a le caractère d’une préoccupation et d’un engagement ultimes. Chacune des grandes religions historiques possède un noyau d’enseignements qui est à la source de l’irrésistible motivation de ses fervents, les poussant à remplir leur mission religieuse à l’échelle du monde entier, avec un sentiment d’urgence et de finalité.

Pour le bouddhiste, ce noyau d’enseignements se résume en la notion religieuse de « libération » (moksa) des liens emmêlés du désir insatiable et dans l’octroi de la béatitude par la pensée non égoïste (nirvana). L’écrit bouddhiste, le Dbammapada, voit le Bouddha déclarer : « Tous les chevrons (de ma vieille maison) sont cassés, la poutre maîtresse est brisée ; mes pensées sont pures d’illusions ; j’ai conquis l’extinction de mon désir insatiable » (section 154). Le caractère ultime de ce réveil est ce qui a motivé dans le passé et ce qui motive aujourd’hui chaque moine ou missionnaire bouddhiste.

Comme je l’ai mentionné plus haut, la croyance scientologue dans les vies antérieures et dans la réincarnation est très proche de l’idée bouddhiste de samsara ; de même, la notion scientologue de « mise au clair » a de sérieuses affinités avec la croyance bouddhiste dans le « moska ». À l’image des missionnaires bouddhistes qui tentèrent dans le passé d’offrir à tous les êtres sensibles, la «libération des désirs insatiables de l’existence, le missionnaire scientologue tente d’offrir à tout un chacun l’opportunité de se débarrasser des engrammes entravant la survie universelle, la paix et l’abondance, en devenant « clair ».

Les Bouddhistes Zen au Japon, cherchent à atteindre le satori ou « l’éclairement soudain », pour l’ensemble de l’humanité et la force de leur croyance les a amenés à fonder des monastères aux Amériques et en Europe. La conviction musulmane dans le caractère ultime de la parole du Prophète Mohammed (résumée dans le grand « shahada » : « Il n’y a de Dieu autre qu’Allah, et Mohammed est son prophète »  fournit aux missionnaires de l’Islam la conviction nécessaire pour procéder à des conversions à l’échelle mondiale. Dans la tradition biblique, le noyau de croyance le plus fort qui motiva et continue à motiver l’activité missionnaire, se trouve dans la profonde croyance en l’idée que Dieu désire le salut ultime et la Rédemption universelle de toute l’humanité. Ainsi le prophète Isaïe voyait le salut divin de toutes les nations, dans la création d’une Jérusalem céleste sur terre, où tout le vivant vénérerait l’unique et véritable Dieu (Isaïe 66, 22-23).
Dans le Nouveau Testament, la Rédemption forgée par Dieu en Jésus-Christ est considérée par l’apôtre Paul, non seulement comme le salut des Chrétiens ou même comme celui de toute l’humanité, mais comme une promesse de libération universelle, de restauration et de re-création du cosmos lui-même (Romain 8,19-23). Dans ce contexte, la croyance scientologue en la mission de « mise au clair de la planète », visant à déboucher sur une civilisation renouvelée, correspond dans l’ensemble au caractère ultime de la conviction qui caractérise la motivation et la foi des plus grandes religions historiques du monde.

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20. novembre 2007

Scientologie : les caractéristiques d’une religion – le culte de la Scientologie

Par Frank Flinn

Il n’existe pas de définition absolue du culte pouvant être appliquée en toute impartialité à toutes les formes de religion. À la fin de l’introduction ci-dessus, j’ai noté, par rapport aux preuves de religion, que toute religion possède trois d’entre elles (un système de croyance, des pratiques religieuses et une communauté religieuse), d’une quelconque façon, même si aucune religion ne les présente de la même manière ou avec la même intensité. Ces variations sont ce qui rendent les religions uniques. Ainsi le Catholicisme romain, l’Orthodoxie orientale et le haut Anglicanisme attachent énormément d’importance aux rituels, y compris aux habits de cérémonie, aux processions, aux cierges, aux Hymnes, à l’eau bénite, à l’encens et ainsi de suite. À l’opposé, pour nombre de confessions protestantes, strictes comme les Brethrens, de telles formes d’ornements de cérémonie sont considérées comme un peu superstitieuses, si ce n’est totalement idolâtres. Dans ces branches du christianisme, le culte se réduit au prêche de la parole, à quelques hymnes peut-être et à la prière. Au sein des Sociétés Religieuses d’Amis (connues plus communément sous le nom de Quakers) la Réunion pour le Culte ne consiste pas du tout en des actes externes mais en un rassemblement en silence durant lequel les membres ont l’occasion de partager ou non, une brève parole d’inspiration. De même, le principal acte de culte dans les monastères bouddhistes est représenté par une méditation totalement silencieuse et durant de longues périodes de temps. Celle-ci est centrée non pas sur l’hommage d’une Divinité Suprême mais sur l’extinction du Moi et la libération des enchevêtrements de l’existence.

L’impossibilité d’identifier une quelconque définition fixe et rigide du culte impose que l’on garde une certaine flexibilité pour cette notion lors de l’étude comparative. La plupart des définitions offertes par les dictionnaires approchent ce problème, en incluant plusieurs idées sous le concept de culte. Tout d’abord, le culte se voit inclure les idées de « rites » et de « cérémonies ». Certains des spécialistes de la religion considèrent les rites et les rituels comme « transformateurs ». Par exemple, lors du rite chrétien de baptême, un initié passe d’un état (de péché) à un autre état (de grâce). Dans les sociétés primitives, les rites de passage transforment les néophytes de l’enfance vers la vie adulte. Le processus scientologue de l’audition faisant passer de l’état de « pré-clair » à celui de « clair » serait transformateur en ce sens. Réciproquement, les cérémonies sont considérées comme « conservatoires », en cela qu’elles affirment et confirment le statu quo. Souvent, diverses formes de Sabbath et de services dominicaux sont en ce sens des cérémonies. Les cérémonies confirment à la communauté de croyants son statut d’ensemble et son identité en tant que confession. Les rites et les cérémonies sont souvent, mais pas nécessairement toujours, accompagnés d’attirails élaborés, parmi lesquels on trouve des vêtements, de la danse, de la musique, des aspersions et des purifications sacrées, des sacrifices d’animaux et de nourriture, des gestes tels que des bénédictions et ainsi de suite.

Ensuite, les spécialistes en religion admettent universellement que les rites et les cérémonies ne peuvent pas être le but suprême du culte. Par conséquent, la plupart des définitions renferment d’autres notions telles que des « pratiques » , des « actes » et des « observances ». Ces autres notions sont mentionnées dans les définitions communes pour de bonnes raisons. Le culte des uns peut être la superstition des autres. Et ce qui peut apparaître au croyant d’une foi comme un acte sans signification (par exemple, le signe de croix pour un protestant) peut être un acte de dévotion pour un autre. Ainsi les chercheurs spécialisés dans la religion s’obligent à considérer les actes religieux dans le contexte de la totalité d’une religion spécifique, à savoir, en termes de buts et d’intentions ultimes d’un ensemble de croyants. Celui qui étudie les religions n’a pas à croire ce que le croyant croit, mais si il veut vraiment comprendre le phénomène religieux, il se doit de faire quelque peu l’effort de penser de la manière dont le croyant croit. C’est seulement de ce point de vue que ce spécialiste en religion peut arriver à déterminer quels actes, pratiques et observances représentent un culte, dans le contexte d’une communauté religieuse donnée.

Sous la définition élargie de culte religieux (actes, pratiques, observances), nous pouvons inclure des sujets tels que l’étude des textes sacrés, la formation d’autres personnes à l’étude et à la récitation de ces textes et diverses formes d’instruction religieuse. Certaines religions imprègnent même ces sortes d’actes avec des cérémonies sacrées. Au Japon, dans les monastères Zen, j’ai observé des novices Zen transportant cérémonieusement des copies du Sutra Lotus et les mémorisant avec solennité en les psalmodiant rituellement. L’étude du Talmud dans les « yeshivot » israélites revêt le même caractère rituel.

Dans de nombreuses variétés de culte religieux, le spécialiste universitaire peut détecter deux orientations fondamentales. Un des types de culte est centré sur plus de célébration et de rituel ; l’autre vers plus d’instruction et orienté vers la méditation.
La question de savoir si l’audition et la formation scientologues peuvent constituer des formes de culte peut naturellement venir à l’esprit des adhérents des religions occidentales couramment répandues, telles que le Judaïsme, le Christianisme et l’lslam. Au sein de ces religions, le culte est principalement, mais pas exclusivement, centré sur les célébrations publiques, les jours de jeûne, les sermons, le chant des hymnes, le Sabbath ou le culte dominical et sur diverses dévotions. Même si l’on peut identifier cette forme de culte comme largement représenté dans la religion orientale, il existe un courant fondamental sous-jacent dans les piétés orientales, attachant une grande importance à la méditation et à l’instruction. Tel que nous l’avons déjà mentionné, au sein de l’hindouisme Vedanta et du Bouddhisme Zen, le culte est centré non pas sur la célébration mais sur la méditation et l’étude des sutras, des manuels spirituels. Dans le zen, cette étude spirituelle s’accompagne souvent de méditation sur les koans, de courts adages concis et souvent contradictoires, qui aident le  fervent à percer la coquille de la conscience ordinaire afin qu’il ou elle puisse atteindre le satori, l’édification soudaine.

Alors que la découverte et la codification de la technique de l’audition appartiennent exclusivement à L. Ron Hubbard, l’Église de Scientologie et L. Ron Hubbard lui-même, ont toujours admis les affinités que la Scientologie a avec certains des aspects de l’Hindouisme et du Bouddhisme plus particulièrement. La Scientologie partage avec ces deux traditions religieuses, la croyance commune que le processus central du salut repose dans le passage de l’ignorance à la connaissance, de l’enchevêtrement à la liberté et de l’obscurantisme et de la confusion à la clarté et la lumière. Il y a un certain nombre d’années, j’ai publié un article sur les relations entre la Scientologie et le Bouddhisme : Frank K. Flinn, La Scientologie en tant que Bouddhisme technologique (Scientology as Technological Buddhism) dans Joseph H. Fitcher, rédacteur, Alternatives to American Mainline Churches, New York, Paragon House, 1983, pages 89-110. En accord avec ces traditions orientales, la Scientologie, de façon tout à fait logique, entrevoit le culte non tant sous l’angle de la célébration et de la dévotion, mais plutôt sous celui de la méditation et de l’instruction, en soulignant la conscience, l’éclairement ou pour employer un terme scientologue la « mise au clair ».

Il est important de remarquer que la forme de culte revêtant un aspect de méditation et d’instruction est absente en Occident. Les Israélites orthodoxes pieux envisagent la fervente étude de la Torah ou Loi, comme une forme, si ce n’est comme la forme de culte.
En conséquence, les Israélites mettent en place des « yeshivot », consacrées à l’étude de la Torah et du Talmud. Une « yeshiva » n’est pas seulement un endroit d’éducation ordinaire ; c’est également un endroit de culte. De même les Musulmans ont mis en place des kuttabs et des madrassas pour l’étude fervente du Coran. D’une manière similaire, nombre d’ordres religieux et monastiques du Catholicisme romain, et plus particulièrement les Cisterciens et les Trappistes, consacrent une grande partie de leur dévotion à l’étude silencieuse des textes sacrés et à la méditation sur ceux-ci.

Cependant, dans l’ensemble, la méditation, l’étude et l’instruction sacrées ne sont pas autant perçues comme des formes de culte en Occident qu’en Orient. En Inde, il est commun que des personnes au crépuscule de leurs vies vendent tous leurs biens de valeur, se rendent en un lieu sacré tel que Varanasi (Benares) sur le Gange et passent le reste de leur vie à méditer sur les choses divines et occasionnellement à faire des pujas, des offrandes rituelles. Pour le commun des hindous, une telle méditation représente la plus haute forme de culte possible.

En dehors de ces discussions, il est parfaitement clair que la Scientologie revêt à la fois les formes typiques de la célébration de cérémonies et de culte et possède sa propre et unique forme de vie spirituelle : l’audition et l’entraînement. En comparaison et contraste, l’Église catholique romaine considère l’ensemble de ces sept sacrements comme des formes de culte. C’est pourquoi l’ensemble des sacrements sont principalement administrés, dans ses églises, par un clergé ordonné. Les sacrements ne sont administrés en dehors des églises que dans des circonstances spéciales comme l’aide aux malades. Les sept sacrements sont le baptême, la confirmation, la confession, la réconciliation ou confession, l’Eucharistie, le mariage, les ordres saints et l’onction des malades et des infirmes. Mais le « sacrement parmi les sacrements », pour les Catholiques romains est l’Eucharistie, communément appelée la Messe, ou sont célébrées la mort et la résurrection de Jésus-Christ et sa présence au sein de la communauté croyante.

Ainsi l’Église de Scientologie a aussi, pour ainsi dire, son « sacrement parmi les sacrements ». À savoir la technologie de l’audition et de la formation. Le principal but religieux de l’ensemble des scientologues pratiquants est de devenir « clair » et d’atteindre le statut de « Thétan opérant » et d’être cause sur la « vie, la pensée, la matière, l’énergie, l’espace et le temps ». Les moyens fondamentaux pour atteindre cela sont les différents niveaux et grades de la formation et de l’audition. L’importance que l’Eucharistie a auprès du Catholique romain se retrouve dans l’audition et la formation, pour le scientologue. De même que les Catholiques romains considèrent les sept sacrements comme les principaux moyens de salut, les scientologues considèrent la technologie d’audition et de formation comme constituant les moyens de base pour atteindre le salut, qu’ils décrivent comme la survie universelle de tous les êtres.

En ma qualité d’universitaire spécialisé dans la religion comparative, je voudrais répondre à la question : « Où les catholiques romains ont-ils des lieux de culte ? » , par la réponse : « Là où les sept sacrements sont administrés aux adhérents, bien sûr. » À la question : « Où les scientologues ont-ils des lieux de culte ? », je répondrai : « Là où l’audition et la formation sont administrées aux paroissiens selon les écrits scientologues, bien sûr. Les travaux de Hubbard sur la Dianétique et la Scientologie représentent les écritures sacrées de l’Église de Scientologie. La majorité de ces travaux est consacrée à ce que les scientologues appellent la technologie d’audition, la gestion et l’application de l’audition et de la formation aux adhérents. La véritable prépondérance donnée à l’audition dans les travaux de Hubbard convaincra tout spécialiste de la religion que l’audition et la formation sont les pratiques religieuses centrales et les principales formes de culte de l’Église de Scientologie.

En ma qualité d’universitaire spécialisé dans la religion comparative, je peux affirmer sans hésitation que l’audition et la formation constituent les formes centrales de culte, au sein du système de croyances des scientologues. Et, que les endroits où l’audition et la formation sont administrées aux adhérents sont, sans équivoque, les lieux de cultes de la Scientologie.

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13. novembre 2007

Entraînement religieux

Par Régis Dericquebourg

L’autre pilier de la pratique religieuse appelé « l’entraînement » consiste en une étude intensive des écrits pour l’illumination spirituelle et la formation du clergé scientologue.

Les scientologues considèrent qu’ils doivent montrer leurs qualités d’êtres spirituels dans toutes les situations de la vie. Ils trouvent ce chemin en étudiant les écrits scientologues. Les études dans un but d’illumination se retrouvent dans d’autres religions telles que le Judaïsme avec le Talmud, les enseignements de Bouddha et les écritures ésotériques. De plus d’après les scientologues l’entraînement et l’audition vont de pair. On doit augmenter en même temps ses aptitudes, ses responsabilités et son savoir. On découvre que l’on peut agir avec la puissance d’un thétan réincarné et communiquer avec les autres êtres spirituels. Par exemple, lors de l’entraînement les scientologues apprennent également « comment auditer » pour découvrir dans l’autre le processus de spiritualisation et pour exercer leur responsabilité de croyant.

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