Imprimer cet article Imprimer cet article

11. février 2008

LE BOUDDHISME DE L’ECOLE SANKHYA UNE RELIGION NON THÉISTE

Par Bryan Wilson

La religion hindoue reconnaît comme orthodoxe six anciennes écoles divergentes. L’une d’entre elles, Sankhya, n’est ni théiste, ni panthéiste. Tout comme le jaïnisme, le Sankhya enseigne que la matière première et l’âme individuelle sont à la fois non créées et indestructibles. L’âme peut être libérée par la connaissance de la vérité sur l’univers et par le contrôle des passions. Dans certains textes, le Sankhya dénie l’existence d’une déité suprême individuelle et en tout cas, tout concept de déité est considéré comme superflu et potentiellement auto-contradictoire, ce sont les mécanismes du karma qui gouvernent les affaires de l’homme jusqu’au moment où il en arrive à déterminer qu’il désire une libération. Les quatre buts du Sankhya sont similaires à ceux du Bouddhisme : connaître la souffrance dont l’homme doit se libérer, amener une fin à la souffrance, percevoir la cause de la souffrance (ne pas savoir discerner entre l’âme et la matière) et apprendre les moyens de libération, ou autrement dit acquérir une connaissance judicieuse. Tout comme les autres écoles, le Sankhya enseigne le principe du karma la renaissance est une conséquence des actions et le salut tient en l’évasion du cycle des renaissances.

Imprimer cet article Imprimer cet article

10. février 2008

LE CARACTÈRE NON THÉISTE DU SANKHYA

Par Bryan Wilson

Le Sankhya inclut une forme de dualisme qui ne dépend pas de l’existence d’un Dieu ou de Dieux.
On ne parle pas ici du dualisme chrétien du bien et du mal mais d’une distinction radicale entre l’âme et la matière. Elles sont toutes deux non créées et existent infiniment.
Le monde est le résultat de l’évolution de la matière. Mais l’âme ne change pas. L’âme souffre à cause de son emprisonnement dans la matière, alors que cet emprisonnement n’est en fait qu’une illusion. Une fois que l’on réalise qu’elle ne fait pas partie du monde matériel, celui-ci cesse d’exister pour cette âme en particulier et elle est libérée.
Suivant la théorie du Sankhya, la matière évolue, se dissout et stagne. En évoluant, celle-ci produit l’intelligence, l’individualité, les sens, le caractère moral, la volonté et un principe qui survit à la mort et transmigre. À cause de sa connexion avec l’âme, l’organisme physique se transforme en être vivant.
C’est seulement lors de cette connexion qu’un état de conscience est obtenu : que ce soit la matière ou l’âme, ni l’une ni l’autre ne sont seules conscientes. Même si l’âme représente l’élément animateur, elle ne constitue pas par elle-même la vie qui se termine par la mort ou la vie qui est transmise d’une existence à une autre. Même si elle n’agit ni ne souffre en elle-même, l’âme reflète la souffrance qui a lieu, au même titre qu’un miroir. li ne s’agit pas de l’intelligence mais d’une entité infinie et vide de passion. Les âmes sont innombrables et distinctes les unes des autres.
Le but de l’âme est d’arriver à se libérer de l’illusion et donc de l’emprisonnement. Une fois libérée, l’âme est dans un état équivalent au Nirvana du Bouddhisme.
Une telle libération peut se produire avant la mort et la tâche de celle qui est libérée est d’enseigner aux autres.
Après la mort, une totale libération sans menace de renaissance est possible. Le Sankhya ne s’oppose pas aux croyances dans les divinités populaires mais celles-ci ne font pas partie de son ordre de fonctionnement. C’est la connaissance de l’univers qui aboutit au salut. En ce sens, le contrôle des passions est central et non la conduite morale. Les bonnes actions ne peuvent aboutir qu’à une forme de bonheur inférieur. Les sacrifices ne sont pas non plus efficaces.
Ni l’éthique morale, ni les rituels n’ont de grande importance dans l’ordre des choses du Sankhya.

Imprimer cet article Imprimer cet article

24. janvier 2008

L’ÉGLISE DE SCIENTOLOGIE EN TANT QUE NOUVELLE RELIGION

Par Bryan Wilson

L’Église de Scientologie est un des nombreux nouveaux mouvements religieux qui incorpore certaines particularités correspondant, sous certains aspects, à certaines des tendances évidentes dans le courant dominant de la religion occidentale.
Elle utilise un langage contemporain, familier et non mystique et elle présente ses dogmes sous forme de faits objectifs.
Sa conception du salut a, simultanément, une dimension palpable et suprême.
La large attirance qu’elle a suscitée auprès du public des pays les plus développés du monde occidental, a attiré l’attention des sociologues et autres personnes étudiant la religion contemporaine.

Imprimer cet article Imprimer cet article

14. janvier 2008

LA DOCTRINE SCIENTOLOGUE : L’AUDITION, UN MOYEN DE THÉRAPIE

Par Bryan Wilson

L’échelle des tons est la première représentation qui est faite à un individu des bénéfices qu’il peut tirer de la Scientologie.
Elle indique une ascension partant du ton émotionnel chronique, tel que l’apathie, le chagrin et la peur, pour en arriver à l’enthousiasme, (et, aux niveaux plus avancés, à l’exubérance et la sérénité).
C’est l’occasion de vivre de telles expériences qui attire en premier lieu les gens à la Scientologie. La technique relative à une telle progression réside dans l’audition (série de questions précises) au cours de laquelle un scientologue formé à cet effet fait reprendre conscience à l’individu d’épisodes appartenant à son passé et qui ont laissé dans son mental réactif une empreinte (un « engramme ») l’empêchant de se comporter rationnellement.
Le procédé par lequel un individu est délivré des obstacles à la pensée rationnelle et progresse sur l’échelle des tons, améliorant ainsi ses compétences, c’est aussi – et là réside une signification pleinement religieuse – la méthode par laquelle le thétan peut espérer son salut, d’abord au moyen de l’élimination des aberrations dont il souffre, à cause de son implication dans le monde matériel et, éventuellement, en se libérant totalement des effets indésirables de l’univers MEST.
Les scientologues appellent cela « être cause ». Elle a de profondes analogies avec les modes de salut offerts par les religions orientales. Ces dernières considérant également que l’individu est encombré des effets de ses actions passées (karma), la conception du salut auquel elles adhèrent, passe également par un processus (l’illumination) par l’intermédiaire duquel l’effet du karma peut être rompu, libérant ainsi l’individu.
Le but ultime est pour l’individu, l’état de « thétan opérant », ou de sortir du corps afin d’atteindre une condition décrite comme extérieure à toute physicalité.
Il s’agit là d’une condition qu’au moins certains chrétiens reconnaîtraient comme un état de salut de l’âme.

Imprimer cet article Imprimer cet article

11. janvier 2008

LA DOCTRINE SCIENTOLOGUE : LES ÉTAPES DU SALUT

Par Bryan Wilson

Les conditions respectivement décrites comme « clair » et « thétan opérant » sont les deux principales étapes de la guérison et du processus sotériologique.
Le préclair qui découvre pour la première fois la Scientologie, est troublé par les impedimenta de la souffrance des expériences passées et émotionnelles.
L’audition a pour but de faire prendre conscience de ces choses afin que l’individu puisse communiquer avec son passé et confronter les événements ayant suscités une décharge émotionnelle, pour ainsi l’amener à un point où il puisse transcender cette décharge et passer en revue ces troubles oubliés, en toute sérénité et avec une conscience rationnelle.
Les effets néfastes se dissipent ainsi. Les blocages mentaux, les sentiments de culpabilité ou d’inadaptation, la fixation sur des traumatismes du passé ou sur les événements consécutifs aux bouleversements émotionnels, sont dépassés.
L’individu est amené dans le temps présent, à savoir qu’il est libéré des effets négatifs des événements qui se sont présentés sur la « piste du temps » du thétan, dans le passé de sa vie présente ou dans les vies antérieures.
En améliorant la communication, l’audition amène le thétan dans un état où les entraves du passé ont été éliminées. Il est défini comme étant un clair, c’est-à-dire un être qui ne possède plus de mental réactif et qui est autodéterminé, au moins en ce qui concerne sa propre personne.
Le Thétan opérant se trouve à un niveau supérieur du même processus, puisqu’il a aussi acquis le contrôle de son environnement. Il ne dépend plus du corps qu’il occupe pour le moment : il est en fait, considéré n’étant plus dans un corps.
En d’autres mots, on peut dire que le Thétan opérant est un être qui a réalisé son plein potentiel spirituel, qui a atteint le salut. Dans la dernière édition du livre Qu’est-ce que la Scientologie ? (p. 222) il est dit « qu’au niveau du thétan opérant, on s’occupe de l’immortalité de l’individu en tant qu’être spirituel. On s’occupe du thétan lui-même en relation avec l’éternité…il existe des états supérieurs à celui de l’homme mortel »

Imprimer cet article Imprimer cet article

08. janvier 2008

LES RÔLES RELIGIEUX DANS LA SCIENTOLOGIE – LE CHAPELAIN

Par Bryan Wilson

Toutes les églises et les missions scientologues ont un chapelain.
Il a été formé en tant qu’auditeur et le cours de ministre du culte constitue la part essentielle de sa formation.
Ce cours présente la Scientologie en tant que religion, en tant que voie par l’intermédiaire de laquelle les hommes obtiennent leur salut. Il comprend une introduction aux enseignements des grandes religions de ce monde une formation dans la conduite des services et des cérémonies ; l’étude du Credo et des codes de la Scientologie et une instruction sur les valeurs morales et la techniques de l’audition.
L’aspect sans doute le plus important du rôle du chapelain consiste en l’assistance pastorale, non pas dans le sens donné dans le cadre de l’audition, mais dans un sens plus diffus, par l’écoute des problèmes et des difficultés rencontrés par les scientologues, lors de la maîtrise des enseignements et des techniques de la foi.
Les chapelains s’attachent au bon fonctionnement de l’église, et si on leur demande, tentent d’aider à résoudre les affaires morales et même familiales, conformément aux principes scientologues.
Dans leurs fonctions au sein d’une église quelconque, ils assument un rôle similaire à celui du chapelain auprès d’un évêque dans l’église établie. Le chapelain assume la célébration des rites de passage célébrés par l’Église (les célébrations de baptême (cérémonie du nom), de mariage et d’enterrement).
Lors de son office hebdomadaire (se tenant pour plus de facilité les dimanches), le chapelain jouit d’une entière liberté. Dans le cadre de son service, il assume aussi un rôle de prêcheur, sensiblement comme un ministre non conformiste en cela, sa fonction tient davantage de l’explication que du discours. Son sermon est toujours très proche des enseignements et de l’application des principes de la foi.

Imprimer cet article Imprimer cet article

07. janvier 2008

LES MOYENS TECHNIQUES DES BUTS SPIRITUELS : UNE RELIGION ET NON PAS UNE SCIENCE

Par Bryan Wilson

Afin de comprendre comment fonctionne la Scientologie et ses ministres, il est nécessaire de reconnaître que la Scientologie unit aux buts spirituels des moyens techniques.
Elle met l’accent sur la technique, elle emploie un langage technique et le fait qu’elle insiste sur une procédure systématique et un ordre détaillé, ne doit pas obscurcir la nature spirituelle et sotériologique de ses préoccupations ultimes. La Scientologie est une religion qui a émergé dans des temps dominés par la science.
Ses méthodes portent la marque de l’ère qui l’a vu naître.
Une partie de son engagement fondamental réside en l’idée que l’homme a besoin de penser rationnellement et de contrôler la puissance – mais aussi le désordre – de ses propres émotions. C’est seulement de cette manière que l’homme atteindra la pleine liberté de choix et d’auto-détermination que les scientologues considèrent comme un droit et une nécessité.
Pour obtenir le salut, l’individu doit appliquer, de façon constante et stable une formule parfaitement exprimée.
Tout comme la Science chrétienne, la Scientologie vise à la certitude.
Les buts ultimes de la Scientologie sembleraient transcender la preuve empirique, même si la religion souligne l’expérience personnelle comme le chemin de la conviction et de la certitude personnelle. En effet, les croyances de ses disciples sont transcendantales, métaphysiques et spirituelles.
Le style scientifique du discours scientologue ne déroge pas à son statut et à ses préoccupations religieuses.

Imprimer cet article Imprimer cet article

31. décembre 2007

LE SALUT EN TANT QUE POSSIBILITÉ GLOBALE ET INDIVIDUELLE

Par Bryan Wilson

Pour les thétans, la perspective ultime de salut passe par l’idée de survie de l’humanité et des univers matériel et animal, par l’intermédiaire de la Scientologie.

Cet élément de préoccupation envers la société et le cosmos existe avec certitude dans la Scientologie.

L’idée de « clarification de la planète » (produire des « clairs » – des personnes qui se sont entièrement libérées de leur mental réactif) fut établie comme un but. Mais Hubbard en a cependant parfois atténué l’accent ; ainsi, il écrivit : « Ce n’est pas « sauver le monde » qui intéresse la Scientologie, mais c’est faire en sorte que des individus capables deviennent encore plus capables par une application exacte de la technique à l’individu lui-même, c’est-à-dire l’esprit » [Character of Scientology 1968, p51].
Néanmoins, ce qu’il s’agit de souligner ici, c’est que le mot salut est lui-même subordonné au salut des thétans individuels – un accent typiquement évangélique.

Imprimer cet article Imprimer cet article

19. décembre 2007

LE CULTE DÉFINI PAR SES OBJECTIFS ET NON PAR SES FORMES

Par Bryan Wilson

Les commentaires exposés ci-dessus, à propos des différences trouvées parmi les cultes, indiquent le besoin – si toutes les preuves empiriques et appropriées sont prises en compte – d’une définition beaucoup plus large de la notion de culte que celle qui se confine dans le cadre d’une tradition spécifique et qui en dépend.
Les formes traditionnelles des églises chrétiennes ne cernent pas la diversité des modes de culte qui peuvent être et qui sont établis (même au sein des églises chrétiennes).
Une distinction doit être faite entre les formes externes de culte (qui peuvent être particulières, locales, régionales ou nationales) et les pratiques du culte que nous pouvons déclarer universels.
La pratique du culte est l’établissement d’un rapport entre les fidèles et l’ultime surnaturel (être, objet, loi, principe, dimension, raison d’être, ou préoccupation ) de quelque manière que soit conçu l’ultime par le corps religieux auquel appartient le fidèle, pour l’obtention de son salut ou de son illumination.
Souligner que la caractéristique qui définit le culte, tient en son propos, met en évidence la relativité culturelle des diverses formes prises par le culte. Une fois que le culte est défini par référence à ses objectifs, il nous est possible de comprendre les diverses conceptions de l’ultime, allant des idoles aux lois transcendantales.
Ainsi, une idole est vénérée en sa qualité d’entité despotique qui accorde des faveurs et qui inflige des maux ; la vénération d’une déité anthropomorphe révèle plutôt une relation de confiance, mais aussi de dépendance ; la vénération de conceptions plus sophistiquées relatives à un Être suprême, met moins l’accent sur la versatilité émotionnelle de la déité et souligne la recherche d’une harmonie des dispositions, en conformité avec des principes éthiques plus généraux ; la vénération d’une ultime loi, vérité ou dimension complètement abstraite, a tendance à s’intéresser à la diffusion de la connaissance, l’obtention de l’illumination et la réalisation du plein potentiel humain.
L’ensemble de ces buts diversement spécifiés peut être considéré comme faisant partie de la recherche menée par l’Homme pour son salut, quelque soit la manière dont le salut en lui-même est conçu.
Le respect de l’ultime, de la « raison d’être » de l’Homme, quelque soit la manière dont il est représenté, constitue un attribut général du respect de la vie qui ne dépend pas de quelconques formes ou normes de comportement lié à une culture spécifique.

Imprimer cet article Imprimer cet article

17. décembre 2007

LA COMMUNICATION EN TANT QUE CULTE

Par Bryan Wilson

La Scientologie présente une conception réellement abstraite de l’Être suprême, en sa qualité de Huitième Dynamique.
Les scientologues cherchent à élargir leur conscience et leur compréhension afin de pouvoir embrasser toutes les dimensions de l’être, dans l’optique d’aider à et de faire partie de la survie de l’Être suprême ou Infinité.
Les scientologues révèrent la vie et considère Dieu comme une ultime raison d’être, mais cette considération n’implique pas des pratiques spécifiques qui se rapprocheraient des pratiques de culte telles que considérées par les églises chrétiennes traditionnelles.
La Scientologie est un mouvement qui rassemble des personnes de confessions diverses ; qui met l’accent sur les nouvelles conceptions de la création, de la raison d’être et du salut et ses enseignements s’inspirent de plusieurs grandes traditions religieuses et de larges orientations scientifiques.
Il est donc parfaitement normal que la Scientologie présente ses théories sous forme de termes abstraits et universels et que sa conception du culte soit en conformité avec de telles perspectives.
Le postulat général fut exprimé de la façon suivante : « En Scientologie, la dévotion s’établit en terme de communication. Celui qui vénère efficacement est celui qui se considère capable de parcourir la distance nécessaire à la communication avec l’Être suprême » [Scientology as a Religion p. 30].
L’essence de la Scientologie réside dans la compréhension par la communication – communication avec le propre passé du thétan et avec l’environnement et dans le sens comparable à la communication qui a lieu dans le cadre du culte chrétien, la communication avec la déité que l’individu recherche dans la prière et le service eucharistique quant il se comporte, comme le disent les églises traditionnelles, comme un « communiant ».
En grande partie, le propos est le même – la purification de l’individu, la réhabilitation de son âme, ce qui en fait, fait partie du processus à long terme de salut. Dans la Scientologie, une telle communication prend deux formes fondamentales : l’audition et la formation.
L’audition qui a lieu sous la forme d’une communication privée entre l’individu et son passé (celui du thétan), passe par l’intermédiaire de l’auditeur et de l’électromètre. Mais il s’agit essentiellement d’un processus permettant à l’individu d’avoir un meilleur rapport avec son Moi réel et originel et en ce sens, de le mettre en contact avec une réalité spirituelle fondamentale.
La formation, selon les Écritures de la Scientologie, représente une communication avec les vérités fondamentales et la raison d’être. Au travers de l’augmentation de sa compréhension, l’individu recherche une plus grande communication avec son Moi fondamental, avec les autres et avec la vie dans son ensemble. Ces activités sont également marquées des caractéristiques du culte, même si des aspects tels que la vénération (d’une déité), l’ancienne forme d’abnégation et les procédures de dévotion se trouvent, dans ce contexte moderne, supplantés.

Entrees suivantes