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27. novembre 2007

LA RELIGION SCIENTOLOGIQUE A ADOPTE LA FORME JURIDIQUE IMPOSEE AUX RELIGIONS PAR LE LEGISLATIEUR FRANÇAIS : L’ASSOCIATION CULTUELLE

Par Jacques Robert

On sait que la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’Etat a notamment prévu en son titre IV « Des associations pour l’exercice des cultes » qui sont les associations cultuelles. Ces associations culturelles sont des associations de droit privé dont l’objet est uniquement de subvenir aux frais, à l’entretien et à l’exercice public du culte. V.M. BAZOCHE Le régime légal des cultes en France (1948) pp. 10 et 11.

De même que les cultes israélites et protestants avaient formé des associations cultuelles, de même la religion scientologique a constitue le 8 août 1977 une association cultuelle déclarée régie par la loi du 9 décembre 1905, le décret du 16 mars 1906, la loi du 25 décembre 1942 et la loi du 1er juillet 1901.
Le caractère religieux de l’association transparaît dans ses statuts comme en témoignent les exemples suivants :

a) L’article 3 fixe ainsi la dénomination de l’association « Eglise de la Nouvelle Compréhension. Association cultuelle de Paris ». (1977).

b) L’objet de l’Association est « l’exercice du culte de l’Eglise de la Nouvelle Compréhension, tel qu’il est pratiqué dans la religion de Scientologie »… L’association vise à apporter à l’Homme une nouvelle compréhension de soi et des autres, de l’immortalité de l’âme et de son rapport avec Dieu le créateur de l’univers ».
En poursuivant cet objet, l’association encourage l’étude de « la religion de Scientologie »… (article 2).
Il sera observé que dans le texte des statuts, qui ont été déposés, l’expression « religion de Scientologie » est utilisée.

c) Dans le conseil d’administration qui comprend quatre membres « deux au moins doivent avoir la qualité de ministre du culte ayant reçu l’investiture spirituelle et disciplinaire de la Church of Scientology World Wide. Ils ne peuvent demeurer en fonctions qu’autant qu’ils sont en communion spirituelle avec cette église mère, soit directement, soit par l’intermédiaire de leurs supérieurs hiérarchiques. » (article 10 alinéa 2).
Ces deux ministres du culte sont obligatoirement président et vice-président du conseil d’administration (article 12).

La place des ministres du culte dans la hiérarchie de l’association renforce encore son caractère religieux ainsi d’ailleurs que la notion de communion spirituelle qui se rencontre également dans l’Eglise catholique : un curé qui n’est plus en communion avec son évêque ne peut plus être le desservant légal du point de vue du droit français. A.RIVET. Traité du culte catholique (1950) pp.57-60.
La nécessité de la communion spirituelle entre l’Eglise et ses prêtres a été notamment proclamée par la Cour de cassation en des termes qui sont très proches de ceux de l’article 10 précité des statuts de l’Eglise de Scientologie.
Dans un conflit opposant deux prêtres au sujet de la jouissance d’une Eglise dont l’un faisait partie d’une association cultuelle mais n’était pas en communion avec les supérieurs hiérarchiques religieux et l’autre qui reconnaissait la hiérarchie religieuse, la Cour suprême a déclaré que le législateur a entendu assurer « (…) l’exercice d’un culte pratiqué selon les préceptes de l’Eglise catholique par des prêtres reconnaissant la hiérarchie catholique ». COLONNA, 5 fév. 1912 (R.U.D 1912p. 80).

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23. novembre 2007

Scientologie : les caractéristiques d’une religion – système de croyance

En ce qui concerne le système de croyances de la Scientologie, il existe un matériel religieux très vaste dans lequel un universitaire intéressé doit s’orienter. De plus, la Scientologie, tout comme les autres traditions religieuses de l’histoire, se développe, a évolué et continue de le faire. On peut mentionner des ouvrages clés écrits par L. Ron Hubbard tels que « La Dianétique : la puissance de la pensée sur le corps « , « Scientologie, les Fondements de la pensée« , « Les conférences de Phoenix« , tout comme les volumineux manuels de formation et de gestion. Mais cela ne serait que la partie visible de l’iceberg représenté par les écritures de la Scientologie. À la base de tout, on trouve les écrits de L. Ron Hubbard qui constituent la seule source d’inspiration de toutes les doctrines scientologues concernant l’audition et la formation.

Suite aux interviews que j’ai effectués auprès de scientologues et d’après les études que j’ai faites de leurs Écritures, j’ai pu conclure que les membres de cette Église adhèrent à un credo de base, dans lequel ils reconnaissent que l’Homme est fondamentalement bon, que l’esprit peut être sauvé et que la guérison des souffrances à la fois spirituelles et physiques vient de l’esprit. In extenso, le credo affirme :

Nous, les membres de l’Église, croyons :

  • Que tous les hommes, quelle que soit leur race, couleur ou croyance, ont été créés avec des droits égaux ;
  • Que tous les hommes ont le droit inaliénable d’avoir leurs propres pratiques religieuses et de les exercer ;
  • Que tous les hommes ont le droit inaliénable de vivre leur propre vie ;
  • Que tous les hommes ont le droit inaliénable à leur santé mentale ;
  • Que tous les hommes ont le droit inaliénable d’avoir leur propre défense ;
  • Que tous les hommes ont le droit inaliénable de concevoir, choisir, assister ou soutenir leurs propres organisations, églises et gouvernements ;
  • Que tous les hommes ont le droit inaliénable de penser librement, de parler librement, d’écrire librement leurs propres opinions et de s’opposer, de se prononcer ou d’écrire sur les opinions des autres ;
  • Que tous les hommes ont le droit inaliénable de créer leur propre espèce ;
  • Que les âmes des hommes ont les droits des hommes ;
  • Que l’étude du mental et la guérison de maladies d’origine mentale ne devraient pas être séparées de la religion, ni tolérées dans les domaines non religieux ;
  • Et qu’aucun agent autre que Dieu n’a le pouvoir de suspendre ou de négliger ces droits, de façon ouverte ou couverte ;
  • Et nous, membres de l’Église, croyons : Que l’homme est fondamentalement bon ;
  • Qu’il cherche à survivre ;
  • Que sa vie dépend de lui-même, de ses semblables et de l’accomplissement de sa fraternité avec l’univers ;

Et nous, membres de l’Église, croyons que les lois de Dieu interdisent à l’homme :

  • De détruire sa propre espèce ;
  • De détruire la raison des autres ;
  • De détruire ou d’asservir l’âme d’un autre ;
  • De détruire ou de réduire la survie de ses compagnons ou de son groupe.
  • Et nous, membres de l’Église, croyons que l’esprit peut être sauvé et que seul l’esprit peut sauver ou guérir le corps.

Ce credo élabore et complète l’enseignement de la Scientologie sur les Huit Dynamiques. Une dynamique est un désir, une recherche ou une impulsion de survie, au niveau du Moi, du sexe (incluant la procréation en tant que famille), du groupe, de l’ensemble de l’humanité, de l’ensemble des choses vivantes, de tout l’univers physique, de l’esprit et pour finir, au niveau de l’Infini et de Dieu. Contrairement à certaines présentations publiques de la Scientologie, l’Église a toujours affirmé une croyance dans la dimension spirituelle et en particulier la croyance en un Être suprême. Les premières éditions de « Scientologie, les Fondements de la pensée » affirment expressément : « La Huitième Dynamique constitue le désir d’une existence en tant qu’Infini. Cela est également identifié comme l’Être suprême » (Fondements de la pensée, 1956). Il est attendu de la moyenne des croyants qu’ils se réalisent aussi complètement que possible, dans l’ensemble des huit dynamiques et obtiennent par là, une compréhension de l’Être suprême, ou comme les scientologues préfèrent le dire, de l’Infini.

Les scientologues définissent l’essence spirituelle de l’Homme comme un « thétan », ce qui est l’équivalent de la notion traditionnelle de l’âme. Ils croient que ce « thétan » est immortel et a habité différents corps au cours de « vies antérieures ». La doctrine scientologue de vies antérieures a de nombreuses affinités avec l’enseignement bouddhiste sur le samsara ou sur la transmigration de l’âme. J’en dirai plus sur l’âme, plus loin au paragraphe 16 (a).

Le credo de la Scientologie peut être comparé au credo classique chrétien de Nicaea (325 ap. J-C.), à la Confession luthérienne d’Augsburg (1530 ap. J.-C.) car, comme ces tout premiers credos, il définit à l’intention du croyant l’ultime propos de la vie et forme et détermine des codes de conduite et de culte conformes à ce credo. Il définit ainsi un ensemble d’adhérents qui souscrivent à ce credo. Tout comme les credos classiques, le Credo de l’Église de Scientologie donne un sens aux réalités transcendantales : l’âme, l’aberration spirituelle ou péché, le salut, la guérison par l’intermédiaire de l’esprit, la liberté du croyant et l’égalité spirituelle de tous.

D’après leur credo, les scientologues distinguent entre l’esprit « réactif » ou passif (inconscient) et l’esprit « analytique » ou actif. L’esprit réactif enregistre ce que les adhérents appellent des « engrammes ». Ce sont les traces spirituelles des maux, des blessures ou des chocs.

Il est dit que l’esprit réactif garde trace d’engrammes remontant à l’âge foetal et appartenant mêmes aux vies antérieures. La notion théologique des « engrammes » est très proche de la doctrine bouddhiste de la « trame d’enchevêtrement » remontant aux précédentes incarnations et entravant l’obtention de la connaissance totale. Les scientologues pensent qu’à moins de n’être libérés de ces engrammes, la capacité de survie de chacun aux niveaux des « huit dynamiques », joie, intelligence et bien-être spirituel est sérieusement atteinte. C’est en se fondant sur cette croyance ou cette connaissance spirituelle que les adhérents trouvent leur motivation pour passer par les nombreux niveaux d’audition et de formation, qui constitue la pratique religieuse centrale de la Scientologie. Je parlerai de l’audition et de formation avec de plus amples détails au paragraphe 16. On appelle « pré-clair » , le néophyte ou la personne qui commence le processus de l’audition/formation, et la personne qui n’a plus ses propres engrammes est appelée « clair ». Cette distinction peut être comparée à la distinction chrétienne entre le péché et la grâce et à la distinction bouddhiste entre la non-connaissane (sanskrit: avidya) et l’état de connaissance totale (bodhi).

Les scientologues ne parlent pas de l’état de clair simplement en termes de bien-être individuel. Ils pensent que l’audition et la formation ont un effet bénéfique sur la famille, le groupe, l’environnement et la sphère d’influence de la personne. En d’autres termes, l’effet bénéfique rejaillit sur l’ensemble des huit dynamiques. Les scientologues pensent également qu’il est de leur responsabilité d’améliorer le monde les entourant et qu’ils doivent aider leurs prochains à attendre l’état de « clair ». Ils pensent que lorsque suffisamment de personnes auront atteint l’état de clair, le propos central de la Scientologie, tel qu’énoncé par L. Ron Hubbard, sera réalisé : « Une civilisation sans démence, sans criminels et sans guerres où les individus compétents puissent prospérer, où les personnes honnêtes puissent exercer leurs droits et où l’homme soit libre de s’élever à des niveaux transcendants. » (Scientologie : Les Fondements de la pensée, 1956). Dans le cadre de cette quête visant à se défaire des conditions débouchant sur la non-confiance, la guerre d’auto-destruction, la Scientologie n’est pas différente de toutes les autres religions missionnaires ou évangélistes, à savoir le bouddhisme, le judaïsme, la chrétienté et l’Islam.

Trois des aspects des buts de la Scientologie visant à rendre la planète claire pour l’obtention d’une civilisation meilleure prouvent que le système de croyances de l’Église est pleinement fondé sur le modèle des autres grandes religions historiques, passées et contemporaines. Ces trois aspects sont a) son caractère missionnaire, b) son universalité et c) la notion de responsabilité et d’engagement ultime.

a) Premièrement, la quête religieuse de la Scientologie est envisagée en termes de mission sacrée, qui s’adresse à tous. Ainsi, les prophètes de la Bible tels qu’Amos, Isaïe et Jérémie eurent la révélation que leur mission était d’aller prêcher la paix, la justice et l’amour dans les nations du monde entier. De même, les missionnaires bouddhistes du deuxième siècle avant J.-C. ressentirent intérieurement un appel les poussant à aller répandre la parole de Bouddha en Extrême-Orient, à savoir en Chine, en Indochine, en Indonésie, en Corée et au Japon. Aujourd’hui, les missionnaires bouddhistes japonais répandent leur message en Europe et aux Amériques. Et, Jésus de Nazareth considérait son évangile comme ayant un but missionnaire ; en conséquence, il envoya ses disciples dans tous les pays. L’aspect missionnaire de l’Islam est si considérable qu’il représente à l’heure actuelle la religion historique se propageant le plus rapidement dans le monde, particulièrement en Afrique et en Asie orientale. Dans son effort de « mise au clair » de la planète dans le but d’une civilisation renouvelée, les efforts missionnaires de la Scientologie se conforment parfaitement au modèle des grandes religions.

b) Deuxièmement, la Scientologie considère sa mission en des termes universels. En conséquence, elle a décidé d’ouvrir des missions dans le monde entier, de façon à mettre la technologie d’audition et de formation à la disposition du monde entier. Le parallèle historique le plus évident avec une religion historique et traditionnelle, se trouve dans les instructions de Jésus à ses disciples: « Allez et enseignez à toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit » (Matthieu 28-19). Au huitième siècle avant J.-C., le prophète israélite Amos fut poussé à répandre la parole de Dieu, non seulement à Judas et à Israël mais aussi à Damas, Gaza, Ashkelon, Tyre, Sidon et Edom qui étaient tous des états-villes ne partageant pas les croyances d’Israël dans le Dieu des Pères (Amos, chapitre 1-2). Aujourd’hui, les musulmans établissent des mosquées complètement opérationnelles dans des villes telles que Londres, Los Angeles, Toronto et même Séoul, car ils croient en la valeur universelle de la parole du Prophète Mohammed. De même, les chefs spirituels bouddhistes et hindous védantistes amènent en nos lieux leurs enseignements sacrés et leurs façons de vivre car ils sont convaincus de l’application universelle de leurs enseignements. Une fois encore, sous cet aspect, la Scientologie suit le modèle des religions historiques, en ce qui concerne la propagation mondiale de sa technique d’audition et de formation qui, selon les missionnaires scientologues, sera bénéfique à l’ensemble de l’humanité.

c) Troisièmement, le but avoué de la Scientologie est d’aider suffisamment de personnes à atteindre l’état de « clair », pour que la destinée de la civilisation en soit améliorée. Ce but a le caractère d’une préoccupation et d’un engagement ultimes. Chacune des grandes religions historiques possède un noyau d’enseignements qui est à la source de l’irrésistible motivation de ses fervents, les poussant à remplir leur mission religieuse à l’échelle du monde entier, avec un sentiment d’urgence et de finalité.

Pour le bouddhiste, ce noyau d’enseignements se résume en la notion religieuse de « libération » (moksa) des liens emmêlés du désir insatiable et dans l’octroi de la béatitude par la pensée non égoïste (nirvana). L’écrit bouddhiste, le Dbammapada, voit le Bouddha déclarer : « Tous les chevrons (de ma vieille maison) sont cassés, la poutre maîtresse est brisée ; mes pensées sont pures d’illusions ; j’ai conquis l’extinction de mon désir insatiable » (section 154). Le caractère ultime de ce réveil est ce qui a motivé dans le passé et ce qui motive aujourd’hui chaque moine ou missionnaire bouddhiste.

Comme je l’ai mentionné plus haut, la croyance scientologue dans les vies antérieures et dans la réincarnation est très proche de l’idée bouddhiste de samsara ; de même, la notion scientologue de « mise au clair » a de sérieuses affinités avec la croyance bouddhiste dans le « moska ». À l’image des missionnaires bouddhistes qui tentèrent dans le passé d’offrir à tous les êtres sensibles, la «libération des désirs insatiables de l’existence, le missionnaire scientologue tente d’offrir à tout un chacun l’opportunité de se débarrasser des engrammes entravant la survie universelle, la paix et l’abondance, en devenant « clair ».

Les Bouddhistes Zen au Japon, cherchent à atteindre le satori ou « l’éclairement soudain », pour l’ensemble de l’humanité et la force de leur croyance les a amenés à fonder des monastères aux Amériques et en Europe. La conviction musulmane dans le caractère ultime de la parole du Prophète Mohammed (résumée dans le grand « shahada » : « Il n’y a de Dieu autre qu’Allah, et Mohammed est son prophète »  fournit aux missionnaires de l’Islam la conviction nécessaire pour procéder à des conversions à l’échelle mondiale. Dans la tradition biblique, le noyau de croyance le plus fort qui motiva et continue à motiver l’activité missionnaire, se trouve dans la profonde croyance en l’idée que Dieu désire le salut ultime et la Rédemption universelle de toute l’humanité. Ainsi le prophète Isaïe voyait le salut divin de toutes les nations, dans la création d’une Jérusalem céleste sur terre, où tout le vivant vénérerait l’unique et véritable Dieu (Isaïe 66, 22-23).
Dans le Nouveau Testament, la Rédemption forgée par Dieu en Jésus-Christ est considérée par l’apôtre Paul, non seulement comme le salut des Chrétiens ou même comme celui de toute l’humanité, mais comme une promesse de libération universelle, de restauration et de re-création du cosmos lui-même (Romain 8,19-23). Dans ce contexte, la croyance scientologue en la mission de « mise au clair de la planète », visant à déboucher sur une civilisation renouvelée, correspond dans l’ensemble au caractère ultime de la conviction qui caractérise la motivation et la foi des plus grandes religions historiques du monde.

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29. octobre 2007

Conclusions

Par Régis Dericquebourg

La Scientologie présente les caractéristiques d’une religion. Elle possède une théodicée, un ensemble d’exercices qui permettent d’atteindre la partie spirituelle de chaque être humain, une structure d’église très « bureaucratisée », des rites religieux. Plusieurs auteurs avant nous, même les plus critiques, n’ont pas douté de son caractère religieux : Michel de Certeau, Roy Wallis, Bryan Wilson, Harriet Whitehead, Lonnie D. Kliever, Frank. K. Flinn.
Nous trouvons les caractéristiques suivantes :

1)    Elle comporte des techniques qui visent à tracer un chemin vers la liberté vu comme « une âme saine dans un corps sain ».
Ron Hubbard et ses disciples poussent très loin la rationalité instrumentale au service d’une vie religieuse, d’une transformation de soi et d’une transformation du monde. Le plus souvent on a apparenté la Scientologie au Bouddhisme. Certains l’ont qualifiée de « Bouddhisme technologique ». D’autres ont vu une ressemblance avec le Méthodisme à cause du caractère systématique de l’audition (appelée : conseil pastoral).

2)    Elle permet au fidèle de donner un sens aux évènements cosmiques, historiques et personnels, elle offre au croyant la conviction qu’il détient la solution du salut personnel et du salut de l’humanité, elle promet à l’individu d’être cause sur la vie et non pas effet de causes externes.

3)    Ron Hubbard n’est pas un prophète qui a proclamé une voie de salut en fonction d’une révélation. Il apparaît comme un chercheur spirituel qui a mis progressivement au point une méthode de salut qui représente un « accomplissement ».

4)    Elle repose sur une expérience individuelle de type mystique qui permet à chacun d’atteindre sa propre nature spirituelle. Elle implique une « virtuosité religieuse », un engagement personnel important et ne peut donc être une religion de masse.

5)    La Scientologie a un caractère de religion « matérielle » qui évoque la Sokka Gakkaï où le succès dans les affaires honnêtement obtenu est considéré comme une évolution spirituelle favorable. Nous pouvons faire un parallèle entre l’éthique scientologique et l’éthique protestante. Dans le premier cas, la réussite dans le monde est le signe d’un état de grâce, dans le second cas, elle est la manifestation d’un travail sur soi-même que fait la personne, d’une ascèse personnelle où domine les techniques psychologiques de la libération comme dans le Bouddhisme et l’application d’un système concret de morale.

6)    Elle n’est pas non plus une secte dans la mesure où elle n’est pas exclusive, le fidèle pouvant continuer à fréquenter une autre religion, bien que la majorité ne pratique que la Scientologie.

7)    Le caractère religieux de l’Eglise de Scientologie a été affirmé depuis le début des années 1950 comme en témoigne la plaquette que l’Eglise Internationale de Scientologie a publié à l’occasion de son quarantième anniversaire. L’Eglise Internationale de Scientologie de Los Angeles y est décrite comme l’Eglise-Mère (comme celle de Boston chez les Scientistes Chrétiens), on y parle de fidélité et de fraternité religieuse, de l’association pastorale, d’œuvres caritatives affiliées à l’Eglise, de paroissiens.
De plus, au cours des derniers entretiens que nous avons enregistrés avec des scientologues, la dimension religieuse est de plus en plus revendiquée. En proclamant de plus en plus son caractère religieux, la Scientologie attire des personnes en quête de religion alors que dans ses débuts, elle conduisait vers elle plus de personnes cherchant à résoudre des problèmes personnels. À mesure que la Scientologie s’est développée, la Dianétique s’est intégrée dans le cheminement scientologique.

8)    La Scientologie comporte des éléments utopiques : Ron Hubbard a conçu un projet utopique de « clarifier la planète », qui envisage une société sans démence, sans criminalité, sans guerre, où les individus capables pourront prospérer, les êtres honnêtes avoir des droits et où l’homme pourra s’élever à des niveaux supérieurs. L’éthique spontanément appliquée (morale ouverte Bergsonienne) éliminerait toutes les erreurs de l’existence et, la perfection des thétans étant retrouvée, l’efficacité serait accrue. Le monde devrait s’améliorer à mesure que les effectifs des scientologues s’accroîtraient.

9)    La Scientologie est née dans un contexte moderne. Elle y puise certains éléments (technicité, approche méthodique affirmée, importance de la communication, du bien-être, compréhension de l’organisation, expérience personnelle) qu’elle a mêlée à des traditions spiritualistes anciennes.

Ron Hubbard et ses disciples poussent très loin la rationalité instrumentale au service d’une voie mystique, d’une transformation de soi et d’une transformation du monde. C’est sans doute pour cette raison qu’elle apparaît comme particulière au sein des religions.

Régis Dericquebourg

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27. octobre 2007

La Scientologie : une voie pour se trouver

Professeur Michael A. Sivertsev

Introduction

Les pratiques et les messages religieux de la Scientologie apparaissent à un moment où il est extrêmement difficile de percevoir les messages spirituels. Il existe en effet de nombreuses raisons rendant une personne insensible à tout message spirituel.

On peut citer parmi celles-ci :

1.    La laïcisation massive de la conscience publique ;
2.    Le fait que les doctrines, pratiques et systèmes religieux laissent indifférents la plupart de nos contemporains ;
3.    Les schismes se faisant jour au sein des églises classiques, donnant aux simples croyants cherchant des réponses à leurs interrogations religieuses un sentiment de défiance et de déception ;
4.    Le manque d’expérience de sa propre nature spirituelle et l’identification à de fausses valeurs éphémères – c’est-à-dire la perte de sa propre identité spirituelle – font que certains se mettent à chercher des réponses aux interrogations spirituelles en dehors des structures conventionnelles.

L’aptitude à se voir dans un contexte spirituel plus vaste que la vie de tous les jours se perd. La situation se complique du fait de nombreuses crises sociales, politiques, écologiques et culturelles qui proviennent de ce que les gens oublient qu’ils sont des êtres spirituels. Ils ne savent plus qu’ils le sont, s’identifient à de fausses valeurs et cela entraîne accidents et chocs. Comme cette mésidentification dure depuis longtemps, le retour à sa véritable identité, à la conscience de sa spiritualité nécessite un processus également long et adapté. Le retour à cette conscience de son identité ne passe pas toujours par les systèmes religieux classiques. En réalité, beaucoup ont entrepris cette recherche en dehors de ces systèmes classiques et c’est bien entendu leur droit, si ceux-ci ne sont pas à même de répondre à leurs demandes du moment. Dans sa pratique et dans ses messages religieux, la Scientologie offre la réponse et une voie de retour à la spiritualité. Elle s’adresse à ceux qui sont nés à une époque non religieuse, et utilise les habitudes de cette époque afin d’aider ces gens à se découvrir spirituellement. La Scientologie tient compte de la diversité des confessions de notre époque. Son message est donc également dirigé vers les représentants des groupes religieux, et permet à ces représentants de pratiquer la Scientologie, de même qu’elle permet à ses membres de continuer à adhérer à une autre religion.

Dans sa pratique et dans ses messages religieux, la Scientologie offre la réponse et une voie de retour à la spiritualité. Elle s’adresse à ceux qui sont nés à une époque  non religieuse, et utilise les habitudes de cette époque afin d’aider ces gens à se découvrir spirituellement.

La mission de l’Eglise de Scientologie a une importance toute particulière dans les pays post-totalitaires. Les raisons, ci-dessus évoquées, qui font barrière à un retour spirituel dans le monde moderne se trouvent multipliées dans un régime post-totalitaire. Cette situation ajoute des problèmes extrêmement importants – inconnus des démocraties avancées – comme, par exemple, la reconstruction des institutions de la société civile qui furent complètement détruites lors de la période totalitaire. Il s’agit des institutions d’autogestion sociale locales et de la nécessité d’entraîner la population à construire une société en commun.

C’est sur ce point précis que l’expérience de l’Eglise de Scientologie à construire une communauté, et sa technologie spirituelle peuvent et jouent déjà un très grand rôle dans la création d’un nouvel environnement spirituel au sein duquel les autorités non totalitaires jouent également un rôle.

Dans une période post-totalitaire, la situation peut se compliquer de conflits ethniques et politiques. Ceux-ci menacent constamment de se développer et de dégénérer en situations internationales et en conflits religieux à grande échelle. Le travail d’harmonisation entre les religions que l’Eglise de Scientologie poursuit avec succès est donc d’une grande importance pour les nouveaux états, les nouveaux pays et nouveaux territoires.

La Scientologie s’adresse aux personnes prêtes pour une recherche de leur propre initiative sur leur véritable nature spirituelle. La Scientologie promet également un certain nombre de choses de façon très précise et elle explique comment ces choses vont être atteintes. Cette approche est particulièrement importante pour els gens qui ne croient qu’en eux et en leurs propres forces et qui, en même temps, recherche une base spirituelle pour asseoir leur indépendance personnelle et spirituelle. Et ceux-ci sont nombreux dans toutes les couches sociales et professionnelles de la Russie moderne. Cela explique le succès rapide et stable de la Scientologie dans la nouvelle Russie. Alors quels sont les aspects intrinsèques, religieux/spirituels de la Scientologie, qui rendent dans cette période post-totalitaire, l’image de la Scientologie si attirante pour les libre-penseurs, pour els personnes actives et en recherche de vérité ? Si l’on veut connaître la réponse, il est nécessaire de se pencher sur certains principes fondamentaux de la Scientologie en tant que doctrine et également sur l’Eglise de Scientologie en tant qu’organisation. Il est également intéressant de s’interroger sur la valeur de l’Eglise de Scientologie pour ceux qui n’ont pas trouvé les réponses qu’ils cherchaient dans l’Eglise traditionnelle.

Il faut avant tout répondre à ces questions : qu’est-ce qui constitue le système théologique de la Scientologie ? Comment aborde-t-elle la question de la préservation de la connaissance sacrée ? quelle est la structure du message spirituel de la Scientologie ? Comment se structure le nouvel état d’être en Scientologie, et comment conçoit-elle l’absolu ?

En répondant en préliminaire à ces questions, nous essaierons d’expliquer le succès rapide que connaît la Scientologie en Russie et dans les pays post-totalitaires dans leur ensemble.

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05. octobre 2007

CONCLUSIONS

Par Lonnie Kliever

L’analyse ci-dessus démontre clairement que, si l’on peut identifier une certaine apostasie au sein des nouveaux mouvements religieux, la très grande majorité des personnes s’en séparant ne font montre d’aucune animosité durable à l’égard de leurs anciennes activités et associations religieuses. Même s’ils reconnaissent franchement qu’ils ont été déçus dans leurs besoins et leurs espoirs religieux, cependant ils sont capables de reconnaître une valeur significative à leurs expériences passées. A contrario il existe vraiment un très petit nombre d’apostats qui soient déterminés à discréditer voire à détruire la communauté religieuse à laquelle ils avaient offert leur loyauté. Dans la plupart des cas, ces apostats ont été soit séparés de force de leur communauté religieuse par l’intervention de la famille ou de groupes anti-sectes, soit tôt ou tard ils tombent sous l’influence des groupes anti-sectes et de leur littérature après avoir quitté volontairement un nouveau groupe religieux.
Il est indéniable que les opposants irréductibles aux nouveaux mouvements religieux présentent une vue pervertie des nouvelles religions au grand public, aux universitaires et aux tribunaux en vertu de leur grande disponibilité et de leur empressement à témoigner à l’encontre de leurs précédentes activités et associations religieuses. De tels apostats racontent toujours une histoire pour s’absoudre eux-mêmes en faisant porter la responsabilité de leurs actions à leur ancien groupe religieux. En fait, les divers scénarios de lavage de cerveau si souvent invoqués à l’encontre des nouveaux groupes religieux ont été massivement rejetés par les sociologues et par les universitaires spécialistes des religions comme n’étant rien d’autre que des efforts calculés pour discréditer les croyances et les pratiques des religions non conventionnelles aux yeux des administrations et du grand public. Ces apostats ne devraient pas être considérés comme des informateurs fiables par les journalistes responsables, les universitaires ou les juristes. Même les récits des apostats volontaires qui ne gardent aucune rancune à l’égard de leurs anciens mouvements doivent être utilisés avec précaution car ils interprètent leur expérience religieuse passée à la lumière de leurs efforts présents à rétablir leur propre identité et leur propre estime d’eux-mêmes. En bref, à la lumière de cela, les apostats des nouvelles religions ne réunissent pas les critères d’objectivité personnelle, de compétence professionnelle et de compréhension éclairée qui devraient être attendues de témoins compétents.

   Entrees precedantes