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08. mai 2008

Scientologie, une nouvelle religion

Consultation de Darrol Bryant

Scientologie, une nouvelle religionDarrol Bryant, docteur es lettres, est professeur de religion et de culture au Collège Renison de l’Université de Waterloo, Ontario, Canada.

Darrol Bryant a été consulté en tant qu’universitaire spécialisé dans les questions de religion, afin de répondre aux deux questions suivantes :

  • La Scientologie est-elle une religion ?
  • Les églises de Scientologie sont-elles des  » lieux de culte  » ?

Le Pr Bryant rappelle les observations faites par les universitaires lors de l’émergence des nouveaux mouvements religieux dans la seconde moitié du siècle, puis répond aux deux questions posées en étudiant le message et les pratiques de culte de la Scientologie.

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04. mai 2008

La fiabilité du témoignage d’un apostat à propos des nouveaux mouvements religieux

Consultation de Lonnie D. Kliever

La fiabilité du témoignage d\'un apostat à porpos des nouveaux mouvements religieux

L’Eglise de Scientologie m’a demandé de donner mon opinion d’expert sur deux importantes questions :
1. L’incidence de l’apostasie sur les nouveaux mouvements religieux.
2. La fiabilité des récits que les apostats font de leurs précédentes croyances et pratiques religieuses.
Ces deux questions sont d’une importance cruciale pour une bonne compréhension des nouveaux mouvements religieux : les apostats sont souvent considérés comme des sources fiables d’informations concernant leurs anciennes croyances et pratiques, en particulier pour les médias et même pour des études universitaires portant sur les mouvements religieux non traditionnels. De plus, un nombre, bien que limité, d’apostats ont déposé des plaintes en dommages et intérêts, accusant leurs précédentes communautés religieuses soit de pratiques trompeuses et frauduleuses soit de traitements coercitifs, physiques ou affectifs. Ces plaignants ensuite sont utilisés en tant que témoins-experts dans d’autres cas portés à l’encontre d’autres nouvelles religions soit par des agences gouvernementales soit par des dissidents hostiles.

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30. janvier 2008

LA RELIGION CONTEMPORAINE ET L‘AMÉLIORATION DE LA VIE

Par Bryan Wilson

Au sein de certains nouveaux mouvements religieux, fournir aux individus un sens et une explication à leur vie est devenu un but en soi. Ces mouvements établissent généralement un système de points métaphysiques, complet mais souvent complexe, au sein duquel les personnes ferventes identifient les réponses intellectuelles aux questions relatives à leur préoccupation ultime.
Parmi ces mouvements, on trouve la Théosophie, l’Anthroposophie, le Gurdjieffisme, la Foi Kosmone et les mouvements de la Nouvelle Pensée.
Au fur et à mesure que la préoccupation de la société contemporaine s’est éloignée de la notion de vie future, de nouveaux mouvements (et dans une certaine mesure les églises établies de longue date) ont commencé à porter l’accent sur les activités et les propos « temporels » et sur des buts génériques « d’amélioration de la vie ». L’ascétisme des religions qui apparaissent dans un monde caractérisé par la raréfaction des ressources et par les désastres naturels, est moins approprié à une société où l’on trouve une large affluence et une beaucoup plus large planification sociale, visant à l’élimination des calamités sociales et naturelles.
La circulation contemporaine des valeurs hédonistes au sein d’une société séculière, se reflète dans la religion et les nouvelles religions cherchent explicitement à fournir aux gens une meilleure expérience de la vie.
L’accent porté sur la pensée positive s’est largement répandu en Amérique au cours des années quarante.
Des techniques psychologiques d’amélioration de la maîtrise de soi, de progrès personnels, de renouvellement de la motivation et d’une possibilité accrue d’un enrichissement spirituel, font maintenant partie du répertoire de nombreux mouvements religieux, au fur et à mesure que la société adhère de moins en moins aux théologies chargées de l’idée de péché, telles qu’autrefois affirmées par les églises chrétiennes traditionnelles.

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24. janvier 2008

L’ÉGLISE DE SCIENTOLOGIE EN TANT QUE NOUVELLE RELIGION

Par Bryan Wilson

L’Église de Scientologie est un des nombreux nouveaux mouvements religieux qui incorpore certaines particularités correspondant, sous certains aspects, à certaines des tendances évidentes dans le courant dominant de la religion occidentale.
Elle utilise un langage contemporain, familier et non mystique et elle présente ses dogmes sous forme de faits objectifs.
Sa conception du salut a, simultanément, une dimension palpable et suprême.
La large attirance qu’elle a suscitée auprès du public des pays les plus développés du monde occidental, a attiré l’attention des sociologues et autres personnes étudiant la religion contemporaine.

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18. décembre 2007

LE DÉCLIN DU MODE POÉTIQUE DE CULTE

Par Bryan Wilson

Dans les sociétés aux religions multiples, il faut définir le concept de ce qui constitue le culte, en des termes abstraits, si l’on veut vraiment prendre en compte la diversité religieuse.
Les tendances récentes et progressives en matière de religion, visent à une expression plus abstraite et plus universelle. Ceci est vrai, non seulement entre les théologiens et le clergé, mais aussi au sein de nombreux nouveaux mouvements religieux.
Dans l’ère de la science et de la technologie, la conception humaine de la déité ou de l’ultime, a tendance à être exprimée en des termes qui s’accordent mieux d’eux-mêmes, avec l’expérience scientifique et technique, même si ce type de langage et de conceptualisation, contraste avec l’imagerie poétique traditionnelle qui était autrefois typique de l’expression religieuse.
De plus en plus, on constate l’abandon du mode poétique, non seulement par les nouveaux mouvements mais aussi par les églises soi-disant traditionnelles, tel que le prouve les réformes liturgiques de l’Église catholique romaine depuis Vatican II et le remplacement du Livre des prières commune de l’Église anglicane par des formes d’expression plus prosaïques et familières.
En dehors de ces églises, au sein des mouvements n’ayant pas, qui n’ont pas la moindre obligation envers le respect de la tradition, la création d’un nouveau langage et de nouvelles formes liturgiques est même encore plus libre.
Parmi ces mouvements, on trouve la Scientologie.

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12. décembre 2007

LE STATUT RELIGIEUX DE LA SCIENTOLOGIE TEL QU’ESTIME PAR LES UNIVERSITAIRES

Par Bryan Wilson

Les sociologues universitaires qui se préoccupent de l’étude objective des mouvements religieux reconnaissent en général la Scientologie comme une religion.
Un traité sur la Scientologie est inclus dans Religious Moverments in Contemporary America, édité par Irving I. Zaretsky et Mark P. Leone, (Englewood Cliffs, N.J. : Prentice-Hall, 1973), ouvrage dans lequel l’auteur qualifie la Scientologie de religion.
Dans un ouvrage édité par le sociologue anglais, Eileen Barker, 0f Gods and Men : New Religious Movements in the West, (Macon, Georgie : Mercer University Press, 1983), la Scientologie est qualifiée de religion, sans problème, dans trois ou quatre traités qui réservent leur attention à ce mouvement en particulier.
Dans un quatrième traité, (Participation Rates in New Religious and Para-Religious Movements, écrit par Frederick Bird et William Reimer de l’Université Concordia de Montréal), la Scientologie est mentionnée, en passant, comme étant un nouveau mouvement thérapeutique et d’une manière implicite, comme étant un mouvement para-religieux. Néanmoins, les auteurs déclarent avoir inclus la Scientologie et d’autres mouvements « car dans le cadre de leur symbolisme et de leurs rites et d’une manière si similaire, ils désirent donner naissance un réservoir de puissance sacrée, en chaque personne… » (p. 218).
Dans un autre ouvrage, également édité par Eileen Barker, New Religious Movements : A Perspective for Understanding Society, (New York : Edwin Mellen Press, 1982), la Scientologie n’est que brièvement mentionnée par un ensemble d’auteurs divers, mais on n’y trouve nulle part une suggestion quelconque que la Scientologie ne soit autre chose qu’un mouvement religieux et elle est incluse dans le glossaire des Nouveaux mouvements religieux qui se trouve à la fin de la publication en question.
Dans une courte étude dédiée au sectarisme et menée par le présent auteur, [Bryan Wilson, Religious Sects, (Londres : Weidenfeld ; et New York, MacGraw Hill, 1970)] qui donnait une classification des types de cultes, la Scientologie fut incluse : je l’avais considérée (et la considère toujours), sans équivoque possible, comme un corps religieux. Dans cette étude, la Scientologie fut classée au même titre que la science chrétienne, la théosophie, la société Aetherius et que divers mouvements de Nouvelle Pensée (tels que l’Église de la science religieuse, l’École unitaire du Christianisme et la science divine),
En 1990, j’ai publié un livre, The Social Dimension of Sectarianisme, (Oxford : Clarendon Press), qui rassemble plusieurs études sur diverses cultes et nouveaux mouvements religieux. Un chapitre, intitulé « Scientologie : Une religion sécularisée », fut spécifiquement consacré à la question de savoir si la Scientologie pouvait être reconnue ou non, comme une religion. Il y était conclu que la Scientologie devait être reconnue comme telle et qu’elle embrassait des concepts et des préceptes en harmonie avec les sociétés contemporaines, sécularisées et rationalisées.

Des études sociologiques plus récentes, adoptent la même position. Ainsi, le Dr Peter Clarke, le directeur du « Center for New Religions » du King’s College de Londres, lors de l’estimation, dans son livre The New evangelists (Londres : ethnographica, 1987), de la taille et de la croissance des nouveaux mouvements religieux en Europe, n’hésite pas à inclure la Scientologie parmi les religions. Dans son livre, Cult Controversies: Societal Responses to the New Religions Movements, (Londres : Tavistock, 1985) le Professeur James A. Beckford, maintenant Professeur de sociologie à l’Université de Warwick, emploie – comme un geste envers les idées préconçues du public – le terme de « secte », mais il ne le fait qu’après avoir désavoué toutes les connexions péjoratives de cet usage.
Il est plus important malgré tout, de remarquer que sans autre qualification, il reconnaît la Scientologie comme une religion. Il écrit (p. 12) : « Les sociologues ne sont pas d’accord sur la désignation appropriée de certains groupes religieux tels que l’Église de l’unification, la Scientologie, les enfants de Dieu et la société internationale pour la conscience Krishna… ». Ce désaccord porte sur la désignation de tels mouvements en tant que sectes, cultes ou simplement nouveaux mouvements religieux – mais Beckford ne laisse aucun doute à son lecteur sur le fait que l’on parle néanmoins toujours de religions.
La personnalité qui a le plus d’autorité sur la question, le Professeur Eileen Barker de la Faculté de Sciences économiques de Londres qui est aussi la fondatrice et l’ancien directeur de INFORM (Information Network Focus on New Religious Movements), une organisation subventionnée directement par le Home Office, a écrit un livre New Religious Movements : A Practical Introduction (Londres : Her Majesty’s Stationery Office, 1989) spécialement dans l’intention d’apporter au public (et spécialement aux parents de personnes nouvellement converties) des informations exactes sur les nouvelles religions et sur l’attitude à adopter à leur égard.
Dans cet ouvrage, elle considère comme un fait établi que la Scientologie fasse partie de son sujet en tant que religion (p. 147) et inclut l’Église de Scientologie dans un appendice où vingt-sept nouveaux mouvements religieux sont décrits.

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07. décembre 2007

ÉLIMINATION DU PRÉJUGÉ CULTUREL

Par Bryan Wilson

L’appréciation de nouveaux mouvements religieux pose plusieurs difficultés.
L’une d’entre elles survient dans la plupart des sociétés, où il existe des hypothèses inexprimées concernant la religion qui accordent beaucoup d’importance à l’antiquité et à la tradition. L’expression et les coutumes religieuses sont souvent légitimées par une référence particulière à la tradition. Les innovations en matière de religion ne sont pas facilement prêchées ou acceptées.
La forte prise de position normative de l’orthodoxie (particulièrement dans la tradition judéo – chrétienne – islamique) qui interdit les déviations et qui utilise un langage très péjoratif pour les décrire (« secte », « non-conformité », « dissidence », etc.), constitue un second problème.
Le troisième problème fut mentionné dans les paragraphes précédents, notamment qu’il est particulièrement difficile pour ceux qui manquent de culture et qui ont été élevés dans une tradition religieuse spécifique de comprendre le système de croyance des autres, de saisir l’essence de leurs aspirations religieuses, et de reconnaître la légitimité de leurs moyens d’expression.
Les idées religieuses renferment certains préjugés culturels et une étroitesse d’esprit. Cependant, lorsque l’on cherche à interpréter un mouvement comme la Scientologie, il est indispensable que ces obstacles soient reconnus et transcendés.
Ceci ne signifie pas qu’une personne doive adhérer à une croyance religieuse pour la comprendre, mais un certain accord doit être établi si l’on veut que les convictions des autres soient respectées.

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24. novembre 2007

Scientologie : les caractéristiques d’une religion – Introduction

Je travaille en ce moment à mon compte en tant qu’écrivain, rédacteur, conférencier et consultant, spécialisé dans le domaine de la théologie et de la religion. J’assume également les fonctions de professeur auxiliaire d’études religieuses à l’Université de Washington, à St Louis dans le Missouri.

J’ai obtenu une licence ès lettres avec mention en philosophie (1962) à l’Université de Quincy dans l’Illinois, une licence en théologie (1966) avec mention très bien, à l’École de théologie de Harvard, à Cambridge dans le Massachusetts et un doctorat en études religieuses supérieures à l’Université de Pennsylvanie. À l’Université de Heildelberg, j’étais spécialiste en philosophie et en religions anciennes du Proche-Orient en 1966-1967. À l’Université de Pennsylvanie, j’étais boursier de la Défense nationale pour une spécialisation en langues étrangères, Titre VI, langues sémitiques, en 1968-1969.

Depuis 1962, j’ai concentré mes efforts sur l’étude approfondie des mouvements religieux minoritaires, anciens et modernes. Une partie de mes études de doctorat porta spécifiquement sur la montée des nouveaux mouvements religieux, depuis la Seconde Guerre mondiale, aux États-Unis et à l’étranger. Cette étude inclut une enquête sur les nouvelles religions concernant leurs systèmes de croyance, leur style de vie, leurs emplois du langage religieux, leurs dirigeants, leurs motivations et leur sincérité et sur les conditions matérielles de leur existence. J’enseigne régulièrement à l’Université de Washington un cours qui contient une section sur les nouveaux mouvements religieux, intitulé : « L’expérience religieuse nord-américaine. » En dehors d’un intérêt universitaire pour les religions, je suis depuis longtemps impliqué personnellement dans la vie religieuse. De 1958 à 1964, j’ai appartenu à l’ordre des Frères mineurs, plus connus sous le nom de Franciscains. Pendant cette période, j’ai vécu conformément aux voeux solennels de pauvreté, de chasteté et d’obéissance et, j’ai, en conséquence, vécu la discipline typique d’une vie religieuse.

Antérieurement à mes fonctions actuelles, j’ai enseigné au Maryvile College, à St Louis dans le Missouri, en 1977-1979 où j’ai assumé les fonctions de directeur des études du programme de maîtrise en religion et en éducation, à l’université de Toronto dans l’Ontario, 1976-1977, où j’étais professeur en religion comparée, au St John’s College, à Santa Fe au Nouveau Mexique, en 1970-1975, où j’étais professeur associé au programme sur les Écritures sacrées, au LaSalle College à Philadelphie en Pennsylvanie, pendant la période d’été de 1969 à 1973, où j’étais maître de conférences chargé de cours d’études bibliques et d’anthropologie de la religion ; au Boston College, à Boston dans le Massachusetts, 1967-1968, où j’étais maître de conférences chargé de cours d’études bibliques ; et au Newton College of the Sacred Heart, à Newton dans le Massachusetts, où j’étais maître de conférences chargé du cours d’études bibliques.
Je suis membre actif de l’Académie américaine de religion (American Academy of Religion), je pratique la religion catholique de rite romain à l’Église de tous les Saints (All Saints Church) à University City dans le Missouri.

Depuis 1968, j’ai donné des conférences et j’ai écrit au sujet des divers nouveaux mouvements religieux, apparus au cours des XIXe et XX° siècles, en Amérique du Nord et dans d’autres pays. Dans le cadre de mes cours Anthropologie des religions (LaSalle College), Religion comparative (Université de Toronto), L’expérience religieuse nord-américaine (Washington Université), je me suis penché sur les phénomènes religieux tels que The Great Awakening, les Shakers, les Mormons, Les Adventistes du Septième jour, les Témoins de Jéhovah, la Nouvelle Harmonie, Oneida, Brook Farm, l’Unification, la Scientologie, les Hare Krishna et d’autres. J’ai publié plusieurs articles et j’ai assumé la direction éditoriale de plusieurs ouvrages portant sur le sujet des nouvelles religions. J’ai comme ligne de conduite de ne pas témoigner sur un groupe religieux existant, à moins de ne le connaître de longue date et personnellement. J’ai témoigné des divers aspects des nouvelles religions devant le Congrès américain, devant le corps législatif de l’Ohio, devant l’Assemblée de l’État de New York et devant le corps des conférences sur le sujet des nouvelles religions dans des collèges, des universités et dans le cadre de conférences aux États-Unis, au Canada, au Japon, en Chine et en Europe.

J’ai étudié en profondeur l’Église de Scientologie depuis 1976. J’ai lu suffisamment d’ouvrages parmi la vaste littérature de la Scientologie (ses Écritures), de manière à pouvoir étayer les opinions exprimées ci-dessous. Je suis allé visiter les Églises de Scientologie de Toronto, de St Louis, de Portland dans l’Oregon, de Clearwater en Floride, de Los Angeles et de Paris et m’y suis familiarisé avec les travaux quotidiens de l’Église. J’ai aussi interviewé de nombreux membres de l’Église de Scientologie. Je suis également familier avec pratiquement tout ce qui a été écrit à propos de la Scientologie, en partant des ouvrages impartiaux des universitaires pour aboutir aux récits journalistiques, que ces écrits soient favorables ou non.

En ma qualité d’universitaire spécialisé dans la religion comparative, j’affirme qu’un mouvement, pour être qualifié de religion et qu’un groupe pour constituer une église, doivent posséder trois des caractéristiques ou indices, présents dans toutes les religions de ce monde. Ci-après je définis ces 3 caractéristiques.

a) Premièrement, une religion doit posséder un système de croyances ou de doctrines qui mettent les croyants en relation avec le sens ultime de la vie (Dieu, l’Être suprême, la Lumière intérieure, l’Infini, etc.)

b) Deuxièmement, le système de croyances doit déboucher sur des pratiques religieuses pouvant être divisées en 1) norme de comportement (commandements positifs et interdictions ou tabous négatifs) et en 2) rites et cérémonies, ordinations, sermons, prières, funérailles pour les défunts, mariages, méditation, purifications, études des écritures, bénédictions, etc.)

c) Troisièmement, le système de croyances et de pratiques doit unifier un ensemble de croyants et/ou de membres, de façon à constituer une communauté identifiable qui a une administration soit hiérarchique, soit de congrégation et qui possède un mode de vie fondé sur la spiritualité en harmonie avec l’ultime propos de la vie, tel que perçu par ses adhérents.

Toutes les religions n’attacheront pas le même degré d’importance à chacune de ces caractéristiques mais toutes les possèdent de façon perceptible.

Me fondant sur ces trois indices et sur mes recherches concernant l’Église de Scientologie, je suis en mesure d’affirmer sans hésitation que l’Église du Scientologie est une religion sincère et authentique (bonafide). Elle possède toutes les indications essentielles des religions présentes dans le monde : 1) un système de croyances bien défini ; 2) qui débouche sur des pratiques religieuses (normes positives et négatives de comportement) et 3) qui maintient un ensemble de croyants au sein d’une communauté religieuse identifiable, distincte des autres communautés religieuses.

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13. octobre 2007

MISSION

Par Lonnie Kliever

L’Eglise de Scientologie m’a demandé de donner mon opinion d’expert sur deux importantes questions :

1.    L’incidence de l’apostasie sur les nouveaux mouvements religieux.
2.    La fiabilité des récits que les apostats font de leurs précédentes croyances et pratiques  religieuses.

Ces deux questions sont d’une importance cruciale pour une bonne compréhension des nouveaux mouvements religieux : les apostats sont souvent considérés comme des sources fiables d’informations concernant leurs anciennes croyances et pratiques, en particulier pour les médias et même pour des études universitaires portant sur les mouvements religieux non traditionnels. De plus, un nombre, bien que limité, d’apostats ont déposé des plaintes en dommages et intérêts, accusant leurs précédentes communautés religieuses soit de pratiques trompeuses et frauduleuses soit de traitements coercitifs, physiques ou affectifs. Ces plaignants ensuite sont utilisés en tant que témoins-experts dans d’autres cas portés à l’encontre d’autres nouvelles religions soit par des agences gouvernementales soit par des dissidents hostiles.
L’attention toute particulière accordée par les médias aux apostats des nouveaux mouvements religieux et au fait qu’ils aient recours aux tribunaux pour demander réparation des dommages qu’ils disent avoir subis au sein de leur ancien groupe religieux représente un profond changement d’attitude du public face aux apostats de ce siècle. Dans le passé les apostats étaient sévèrement condamnés pour avoir abandonné leur religion au profit d’une autre. Ainsi, les actions punitives entreprises par le groupe religieux rejeté à l’encontre de l’apostat étaient renforcées par la puissance de l’Etat. Or, ces dernières années, c’est l’apostat qui entreprend des actions punitives à l’encontre de son ancien groupe religieux et ce avec l’appui de la loi. Les apostats des nouveaux mouvements religieux sont maintenant considérés comme des victimes plutôt que comme des personnes ayant tourné jaquette, et cela à cause des histoires extrêmement négatives qu’ils racontent sur leur passé religieux. Mais la question demeure de savoir si les descriptions des apostats de leurs associations et activités religieuses passées doivent être tenues pour fiables.
L’intérêt que l’Eglise de Scientologie porte spécifiquement à la question de la fiabilité des apostats est motivé par le fait que celle-ci a été la cible d’attaques médiatiques fondées sur les récits de ses apostats, et qu’elle a fait aussi l’objet de plaintes au civil. En préalable à l’exposé qui va suivre, je suis convaincu, en me fondant sur ma formation professionnelle et mes propres recherches universitaires que l’apostat ne devrait pas être accepté sans critiques, par les médias, la communauté universitaire, le système juridique et les diverses administrations comme source fiable d’informations sur les nouveaux mouvements religieux. L’apostat doit toujours être regardé comme un individu prédisposé à faire des récits tendancieux sur ses activités et associations religieuses passées.

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08. octobre 2007

L’APOSTASIE DANS LE PRESENT

Par Lonnie Kliever

Au cours des trente dernières années, l’apostasie est à nouveau devenue une question d’actualité dans les cercles publics aussi bien que privés, même si, comme indiqué plus, le traitement réservé à l’apostat d’aujourd’hui ne ressemble en rien à celui d’hier. Dans les années soixante, divers nouveaux mouvements religieux sont apparus au sein de toutes les démocraties modernes. Nombre de ces mouvements religieux minoritaires requièrent de leurs membres un engagement total et absolu envers les enseignements religieux et une complète dévotion à leur communauté. Pour d’autres religions nouvelles, l’immersion totale des membres dans leur mission et au sein de la communauté n’est pas exigée, cependant une adhérence stricte aux normes éthiques, doctrinales et rituelles y est requise. Toutes ces religions ont certainement des pratiques ou croyances qui ne sont pas en accord avec les religions dominantes. Il n’est donc pas étonnant de constater, compte tenu des demandes exigeantes qui leur sont faites, que certaines personnes s’étant impliquées dans un mouvement décident que le mouvement en question ne leur convient plus et le quitte. En général leur départ ne se remarque pas parce que la plupart des individus qui se sont engagés regardent leur expérience passée de façon positive, comme une étape supplémentaire dans leur quête spirituelle. A contrario, parmi les personnes qui quittent volontairement leur mouvement, un petit nombre d’entre elles gagnent une certaine notoriété en attaquant publiquement leurs anciennes activités et associations religieuses, que ce soit dans la presse ou devant les tribunaux. Considérés comme des sources d’informations attendues par un public à la fois curieux et peureux au regard de ces nouveaux mouvements religieux, les apostats sont plus souvent traités comme des causes célèbres que comme des parias. Mais comme nous le verrons plus loin, ni un ancien membre restant discret même s’il se retire, ni l’apostat verbalement agressif ne peuvent être considérés comme des interprètes objectifs et sérieux des mouvements auxquels ils ont appartenu.

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