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19. février 2008

LA DÉFICIENCE INHÉRENTE DE L’ANALYSE ABSTRAITE OU OBJECTIVE

Par Bryan Wilson

L’emploi d’un langage abstrait, qui peut être considéré comme « clinique » dans le sens qu’il n’est pas contaminé par les traditions spécifiques d’une autre religion, n’arrivera automatiquement pas à rendre compte des qualités intrinsèques de n’importe quelle foi spécifique, mais reste cependant nécessaire pour une quelconque appréciation. Il ne permettra pas de refléter les aspects cognitifs ou émotionnels des croyances, des rituels, du symbolisme et des institutions. Cette approche sociologique rend possible une comparaison et une explication objectives, mais elle ne permet pas et ne prétend pas refléter l’entière substance de la signification intime et de l’attirance émotionnelle qu’une religion a aux yeux de ses propres adhérents.

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08. février 2008

L’EVOLUTION DES IDÉES RELIGIEUSES

Par Bryan Wilson

Le cas du taoïsme illustre bien le fait que les religions n’apparaissent pas sous la forme de systèmes de croyance, de pratiques et d’organisations, complètement formés.
Sous tous ces aspects, elles passent par des processus d’évolution, en venant parfois à inclure des éléments différant complètement des différentes positions d’origine.
Par exemple, pendant des dizaines d’années, certains évêques de l’Église anglicane n’avaient pas les mêmes croyances en ce qui concerne certaines doctrines de base de la foi, comme l’immaculée conception, la résurrection de Jésus et le second avènement du Messie.
Un autre exemple de cette sorte sont les changements survenus dans la conception déiste, tels que pouvant être relevés dans les Saintes Écritures judéo-chrétiennes, partant de la déité tribale de l’antiquité israélite, pour aboutir à un Être universel conçu d’une manière beaucoup plus spirituelle, tel que décrit par la suite, par les prophètes et dans le Nouveau Testament. La réconciliation des descriptions divergentes de la déité a donné naissance à des disputes, au sein des églises et des mouvements du Christianisme, il existe des divergences entre ces églises et ces mouvements.
Et les hypothèses fondamentales ont constamment changé au cours de l’histoire chrétienne.
De même, à l’heure actuelle, des changements fondamentaux continuent à avoir lieu à propos du concept de Dieu chrétien.

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25. janvier 2008

LES ASPECTS SACRAMENTELS ET SACERDOTAUX DU CHRISTIANISME

Par Bryan Wilson

Les croyances et les valeurs religieuses trouvent fréquemment leur expression dans les symboles, les procédures et les institutions établies. La forme de ces symboles, procédures et institutions varient largement mais cependant et une fois de plus, le modèle fourni par les églises chrétiennes – un modèle si facilement adopté dans la société chrétienne – ne constitue pas un guide adéquat pour les autres fois.
Le Christianisme par lui-même présente une large variété de formes d’expression. Il ne s’agit pas là seulement de différences fortuites, relevant du hasard et dictées par l’esthétique ou par une pure facilité. Les différences relèvent souvent en elles-mêmes d’une profonde conviction, touchant le coeur même de la foi religieuse.
Les principales traditions religieuses du monde révèlent des orientations largement divergentes, allant du sacerdoce, d’une volonté de sacrifice et de sacrements, d’une profusion d’auxiliaires sensuels relatifs à la foi (tels que l’encens, la danse et l’imagerie), à l’ascétisme et à une sujétion particulière à l’expression verbale et la prière.
On rencontre ces deux extrêmes au sein de l’Hindouisme, du Bouddhisme et du Christianisme alors que dans son expression orthodoxe, l’Islam est plus uniformément ascétique – ses manifestations d’extase se produisant en marge. Il peut suffire d’illustrer la diversité qui prévaut au sein de la tradition chrétienne. L’Église romaine, dans son développement traditionnel, est l’illustration de l’utilisation élaborée d’un auditoire, des sensations visuelles et olfactives, au service de la foi.
La liturgie catholique – bien qu’abjurant l’emploi de danses et de drogues, utilisées dans d’autres traditions – a élaboré des rituels, des vêtements sacerdotaux et des sacrements dans le cadre d’une profusion de cérémonies, destinées à marquer le calendrier et la hiérarchie de l’Église et les rites de transition des individus.
Le Quakerisme est en total contraste avec le catholicisme romain. Le concept de la prêtrise, le déroulement des rituels (même en ce qui concerne les rites commémoratifs et non sacramentaux, communs au sein des Églises protestantes) et l’utilisation de l’imagerie et des vêtements sacerdotaux, y sont rejetés. L’accent mis sur la suffisance des célébrations laïques, le rejet du sacré, qu’il s’agisse de bâtiments, d’endroits, de saisons ou de cérémonies et celui des accessoires de la foi, comme les rosaires et les talismans, constituent, dans une plus ou moins grande mesure, une caractéristique commune à la plupart des religions protestantes. Les évangélistes (des différentes dénominations) rejettent l’idée de prêtrise et les Quakers, les Brethrens, les Christadelphiens et les chrétiens scientistes rejettent même le concept d’un ministère rémunéré. Les Baptistes ont gardé le baptême et la plupart des autres dénominations ont conservé une cérémonie de partage du pain mais souvent, seulement en tant qu’acte commémoratif de respect des Saintes Écritures et non en tant que célébration chargée d’un mérite intrinsèque. La religion protestante insiste beaucoup plus sur les Écritures Saintes que la foi catholique, même parfois au risque de tourner la Bible en un objet de fétichisme. Des coutumes et pratiques persistent dans toutes les religions mais elles sont d’importance minime, les Quakers n’insistant par exemple que sur le choix d’un lieu et d’une heure pour leur réunion et les Christadelphiens essayant d’éviter tous les titres et positions au sein d’une communauté où ils sont tous supposés être, à titre égal, au service de Dieu.

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22. janvier 2008

LA DIANETIQUE LA GENÈSE DE LA SCIENTOLOGIE

Par Bryan Wilson

Quand, en mai 1950, M. L, Ron Hubbard diffusa pour la première fois le prospectus relatif à la Dianétique, à partir duquel devait se développer par la suite la Scientologie, rien n’indiquait qu’il présentait le modèle d’une croyance et d’une pratique religieuse. La Dianétique, une thérapie semi-active, était décrite dans le langage de la foi. Il n’y a pas de raison de penser qu’à ce moment-là, Hubbard envisageait que la Dianétique devienne un système de croyance et de pratique ou que son enseignement en vienne à être décrit sous forme d’Église et à s’organiser en tant que telle.

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15. janvier 2008

LA DOCTRINE SCIENTOLOGUE : THÉRAPIE ET COMMUNICATION

Par Bryan Wilson

Comme dans les autres religions, la toute première préoccupation de la majorité de ceux qui sont attirés par la Scientologie, repose dans un secours relatif à la souffrance et aux peines intenses.
C’est là l’attirance exercée par l’élément thérapeutique que l’on identifie dans de nombreuses religions, et notamment dans les débuts du Christianisme, à côté des enseignements plus mystiques, métaphysiques et spirituels que les croyants devront assimiler, au fur et à mesure que leur foi grandit (voir Hébreux, 5 :12-14).
La plupart des scientologues ont commencé par prendre conscience de la possibilité qui leur était offerte d’améliorer leur vie de tous les jours et de rehausser leur niveau d’intelligence (en gagnant de plus en plus le contrôle de leur mental réactif).
La possibilité d’obtenir de tels résultats, grâce à l’audition, est représentée dans la formulation connue sous l’abréviation A-R-C. A veut dire Affinité qui représente l’expérience émotionnelle de l’individu et son sens des relations avec les autres au travers des émotions. R veut dire Réalité qui est représentée comme un consensus intra-subjectif, à propos des phénomènes objectifs. C veut dire Communication et la Scientologie attache une grande importance à la communication.
Lorsque que l’affinité est présente, lorsqu’un accord existe sur la nature objective du phénomène, alors la communication peut avoir lieu beaucoup plus facilement.

Associée au concept triadique de l’A-R-C, il y a l’échelle des émotions humaines, connue des scientologues comme l’ « échelle des tons ».
Lorsque que le ton émotionnel décroît, la communication devient difficile et la perception de la réalité est mauvaise. La communication en elle-même est un moyen d’augmenter la compréhension et si on l’utilise avec efficacité et précision, elle devient le principal moyen de thérapie, permettant à l’individu de se libérer de l’emprisonnement qui le fait souffrir dans le monde matériel.
Le thétan peut arriver à communiquer avec son propre passé, de façon à identifier la nature des expériences passées et traumatiques et ainsi obtenir suffisamment de connaissance de lui-même pour lui permettre d’échapper à ces fardeaux.

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12. janvier 2008

LA DOCTRINE SCIENTOLOGUE : L’AUDITION, UN CONSEIL PASTORAL

Par Bryan Wilson

Les moyens employés par la Scientologie constitue une forme de conseil pastoral, plus spécifiquement organisée en techniques d’audition (du Latin audire, écouter).
Les techniques spécifiques et le mécanisme de l’audition sont organisés sous forme d’une technologie qui constitue le noyau central de la pratique religieuse scientologue.
Ce schéma de pratique est essentiel à tous ceux qui désirent connaître les bénéfices salutaires de la foi et l’effort d’Hubbard a consisté à condenser le processus d’illumination spirituelle, en un ensemble de procédures ordonnées permettant systématiquement d’atteindre de plus profonds niveaux de conscience.
Cette méthode, comme celle de l’affirmation de la Science chrétienne, prétend éliminer à la fois la sensation de péché et les effets des souffrances et des actes néfastes passés.

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08. janvier 2008

LES RÔLES RELIGIEUX DANS LA SCIENTOLOGIE – LE CHAPELAIN

Par Bryan Wilson

Toutes les églises et les missions scientologues ont un chapelain.
Il a été formé en tant qu’auditeur et le cours de ministre du culte constitue la part essentielle de sa formation.
Ce cours présente la Scientologie en tant que religion, en tant que voie par l’intermédiaire de laquelle les hommes obtiennent leur salut. Il comprend une introduction aux enseignements des grandes religions de ce monde une formation dans la conduite des services et des cérémonies ; l’étude du Credo et des codes de la Scientologie et une instruction sur les valeurs morales et la techniques de l’audition.
L’aspect sans doute le plus important du rôle du chapelain consiste en l’assistance pastorale, non pas dans le sens donné dans le cadre de l’audition, mais dans un sens plus diffus, par l’écoute des problèmes et des difficultés rencontrés par les scientologues, lors de la maîtrise des enseignements et des techniques de la foi.
Les chapelains s’attachent au bon fonctionnement de l’église, et si on leur demande, tentent d’aider à résoudre les affaires morales et même familiales, conformément aux principes scientologues.
Dans leurs fonctions au sein d’une église quelconque, ils assument un rôle similaire à celui du chapelain auprès d’un évêque dans l’église établie. Le chapelain assume la célébration des rites de passage célébrés par l’Église (les célébrations de baptême (cérémonie du nom), de mariage et d’enterrement).
Lors de son office hebdomadaire (se tenant pour plus de facilité les dimanches), le chapelain jouit d’une entière liberté. Dans le cadre de son service, il assume aussi un rôle de prêcheur, sensiblement comme un ministre non conformiste en cela, sa fonction tient davantage de l’explication que du discours. Son sermon est toujours très proche des enseignements et de l’application des principes de la foi.

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30. décembre 2007

LA MORALITÉ DANS LA SCIENTOLOGIE

Par Bryan Wilson

Il est parfois suggéré qu’une des caractéristiques de la religion est de prescrire un code moral, même si la force avec laquelle les religions s’engagent vis-à-vis d’un code spécifique de morale, varie considérablement.
La Scientologie commença avec l’expression de buts généraux d’amélioration du potentiel de chaque individu. Quand elle se mit à insister sur la liberté, elle adopta une approche de la moralité, plus permissive que celle exprimée par les églises chrétiennes traditionnelles. Cependant, dès le tout premier exposé sur la Dianétique, Hubbard établit clairement que l’individu était responsable de ses propres limitations : qu’un thétan était fondamentalement bon et qu’il diminuait ses propres pouvoirs en se permettant de commettre des actions néfastes.
L’audition oblige l’individu à confronter ses problèmes et à assumer la responsabilité de son propre bien-être. Il doit reconnaître les actions néfastes qu’il a commises dans sa vie présente et dans ses vies antérieures.
Dans une importante publication, Introduction à l’éthique de la Scientologie, L. Ron Hubbard établit les standards éthiques requis d’un scientologue et dit clairement qu’un engagement vis-à-vis des valeurs morales, est fondamental à la foi.
Le but de l’individu est la survie – à savoir la survie dans l’ensemble des huit dynamiques, partant de la préoccupation de soi-même et de la famille et finissant avec la préoccupation afférente à l’aspiration ardente à une existence sous forme d’infini, la dénommée dynamique de Dieu [voir le paragraphe «la doctrine de Scientologue : les huit dynamiques »].
La survie, en tant que concept scientologue, se conforme à la préoccupation principale de toutes les religions le salut. Une action éthique est sensée refléter un comportement rationnel servant ce dessein. En conséquence, Hubbard insiste sur le besoin que l’individu a de se conduire suivant des standards éthiques et de se comporter rationnellement, s’il veut obtenir son propre salut et faciliter celui de l’humanité.
Ainsi, d’une manière analogue à celle que les bouddhistes ont de s’engager personnellement à faire des bonnes actions, car c’est là le moyen d’améliorer leur futur karma, le scientologue apprécie un comportement rationnel – à savoir éthique – relatif à l’obtention de la survie, pour lui-même et pour les groupes embrassés par les huit dynamiques.
Hubbard déclara dans ses écrits : « L’éthique est l’ensemble des actions que s’impose l’individu pour amener les autres et lui-même à la survie optimale sur toutes les dynamiques. Les actions éthiques sont des actions de survie. Sans éthique nous ne survirons pas. [p. 17].
La survie n’est pas seulement une survie. Il s’agit plutôt d’une survie dans une condition d’à propos. « La survie se mesure par le plaisir» [p. 301. Ainsi, comme dans le Christianisme, le salut entraîne un état de bonheur. Mais «seuls un coeur pur et des mains propres sont le moyen de survivre et d’être heureux [p. 29] en conséquence et en pratique, parvenir à survivre demande le maintien de standards moraux.
Hubbard écrit : «Quant aux idéaux, à l’honnêteté, à l’amour du prochain, ce sont des choses sans lesquelles une bonne survie n’est pas possible. [p. 23].
Les valeurs morales de la Scientologie intègrent les codes moraux, mais vont plus loin en affirmant la rationalité essentielle des valeurs morales scientologiques. L’application de celles-ci est considérée comme la seule possibilité de redressement et de rédemption de la dégradation de la moralité contemporaine et des activités des personnalités anti-sociales.
En 1981, Hubbard formula un ensemble de préceptes moraux, soi-disant basés sur le sens commun. Il décrivit la brochure dans laquelle ils furent présentés « comme un travail individuel … ne faisant pas partie d’une quelconque doctrine religieuse et voulut que ceux – ci fussent largement diffusés car ils représentaient une solution au déclin des standards moraux de la société moderne. Ce code fait largement écho au Décalogue et aux autres préceptes de la moralité chrétienne, mais il est exprimé dans une langue moderne et renferme une justification sociale, fonctionnelle et pragmatique de la plupart des principes présentés.
Le code interdit le meurtre, le vol, le mensonge, les actes illégaux, les mauvaises actions envers les gens de bonne volonté. De plus, il implique également la fidélité envers les partenaires sexuels, le respect des parents, l’aide aux enfants, la modération, le soutien d’un juste gouvernement ; la réalisation des obligations le respect des autres croyances religieuses, le soin de la santé et de l’environnement, le travail et la compétence. Il renferme en termes positifs et négatifs une version de la règle d’or qui est souvent traduite dans la tradition chrétienne comme ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qu’ils vous fassent.
La brochure recommande avec insistance à ses lecteurs de la faire connaître aux personnes dont le bonheur et la survie les préoccupent.

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30. novembre 2007

LA SCIENTOLOGIE COMPORTE UN CORPS DE DOCTRINE

Une religion se caractérise par une loi c’est-à-dire une croyance commune partagée par les adeptes de la religion cette croyance a été dans la plupart des cas exprimée par le fondateur de la religion auquel les croyants se réfèrent. Il suffit de citer à titre d’exemple l’évangile et le Coran.

À cet égard, la Scientologie possède également un corps de doctrine qui a été exprimée et développée par RON HUBBARD dans de nombreux ouvrages paru à la suite de son ouvrage fondamental : La Dianétique, la puissance de la pensée sur le corps.

De même que dans les autres religions, le message originel du fondateur est explicité, développé et étudié, ces recherches paraissent dans des brochures, livres ou publications variées. Il existe à Copenhague une maison d’édition qui diffuse dans le monde entier la pensée scientologique. Il existe aussi dans toutes les religions des maisons d’éditions spécialisées dans la diffusion de la pensée religieuse. La « propagation de la foi » est une œuvre majeure de l’Eglise Catholique. Bref, toute religion à vocation universelle cherche à raffermir la foi de ses fidèles et à en accroître le nombre par la diffusion de sa doctrine. Actuellement, la vocation universelle de la Scientologie ne cesse de s’affirmer, puisqu’il existerait environ 50 églises, plus de 100 centres missionnaires en quinze langues qui regroupent des millions d’adeptes et de sympathisants.

Quel est le contenu de la croyance scientologique ?

Cette croyance ressort en particulier des livres et publications du fondateur L. RON HUBBARD dont les principaux titres sont : Science de la survie (1951), Les Fondements de la pensée (1956), Axiomes et Logiques (1953), Les Conférences de Phoenix (1968) qui ont suivi la parution de l’ouvrage fondamental de 1950, La Dianétique. Voici les principaux traits de la croyance de la Scientologie.

A.    CROYANCE EN L’ÊTRE SUPRÊME

Cette croyance de caractère déiste porte cependant sur un Dieu créateur. Cette caractéristique doit être soulignée car ce Dieu créateur est différent du Dieu « grand architecte » ou « grand horloger » des philosophes du XVIIIème. Le Dieu des scientologues n’est pas confiné dans un rôle de régulateur ; il est créateur. Ce critère permettait au Père CHENU (professeur de la faculté de théologie catholique de Paris, d’écrire, le 9 février 1977 :  « la Scientologie est-elle une religion ? Oui, car le terme « religion » couvre toute attitude humaine qui implique un dépassement de l’homme vers « un Etre Suprême considéré comme créateur ». C’est un monothéisme.

B.    CROYANCE EN L‘IMMORTALITÉ DE L’ÂME ET SA RÉINCARNATION

Cette croyance partagée par la quasi-totalité des religions confère à la Scientologie, outre son caractère métaphysique, une résonance morale sociale puisque la croyance en l’immortalité de l’âme conduit les croyants à mener une vie conforme à certains préceptes moraux afin d’obtenir une réincarnation meilleure. L’existence individuelle n’est qu’un moment dans le cycle des réincarnations. Comme pour les bouddhistes, les réincarnations futures sont déterminées par le KARMA, croyance selon laquelle tout acte bon ou mauvais, entraînera des conséquences dans la vie présente ou future. Une réincarnation heureuse se mérite par une discipline morale.

C.    CROYANCE A LA NÉCESSITÉ DE LA VIE SPIRITUELLE ET DE SON DÉVELOPPEMENT

C’est ici sans doute que réside l’originalité de la Scientologie définie par son fondateur comme « une philosophie religieuse appliquée ». Celle-ci s’organise autour des trois direct directions suivantes :

L’accès à la philosophie et la sagesse pour tous par une formation religieuse et un enseignement qui, il est vrai, recourt à des pratiques mettant en oeuvre des connaissances scientifiques modernes. Ces pratiques dont les plus connues sont l’utilisation d’un appareil appelé « électromètre » et le recours à « l’audition » requiert des prestations individualisées de la part d’animateurs ou de formateurs et sont payantes. Ceci ne doit pas surprendre si l’on considère que l’audition peut durer une heure et qu’il faut rémunérer les animateurs qui pratiquent « l’audition ». II n’appartient pas au présent exposé d’analyser ce procédé qui par certains aspects semble se rapprocher de la confession ; on dira seulement que le principe de la confidence de son intimité à une « personne spécialisée » est une méthode reconnue de développement spirituel ; c’est une forme d’examen de conscience assisté.
Est-ce que l’Eglise catholique, par exemple pourrait faire face matériellement et bénévolement à la demande régulière de pénitents qui réclameraient des confessions qui dureraient une heure et davantage ? La réponse est évidemment négative : le nombre de prêtres n’y suffirait pas et ceci est si vrai que l’Eglise catholique a généralisé des cérémonies pénitentielles à caractère collectif.
Ces traits ne sont ici évoqués que pour faire apparaître que le principe de l’audition et celui de la confession semblent identiques et que la durée de l’audition (1 heure et davantage) justifie une contrepartie financière.
La formation religieuse s’acquiert également dans la Scientologie par l’assistance à des cours et des conférences, la lecture d’ouvrages, ce qui a fait écrire au Professeur Michel de Certeau S.J. qui enseigne la théologie à l’institut catholique de Paris et l’anthropologie religieuse à l’Université de Paris VII : « j’ai d’ailleurs admiré cette articulation entre des soucis éthiques, une recherche de sagesse et un apprentissage technique » (lettre du 22 mai 1967).
Ces exercices sont également payants mais cela doit-il surprendre ? Toute formation spirituelle requiert les soins permanents de formateurs et les bénéficiaires de la formation doivent naturellement participer à leur entretien. Ceci se vérifie dans toutes les religions. Il ne s’agit ici de la formation reçue dans le cadre des cérémonies liturgiques (homélie) qui est évidemment gratuite, encore que celui qui demande une intention de messe paie une somme forfaitaire ; il s’agit d’une formation personnalisée, au cours d’un enseignement suivi qui se rapproche des conférences et retraites dispensées également dans les autres religions et pour laquelle les participants sont toujours invités, et d’ailleurs très naturellement, à participer aux frais (rémunération du prédicateur de la retraite ; utilisation de locaux et du matériel ; frais de chauffage et d’électricité, etc. ).
Bref, la formation religieuse « spécialisée » est payante dans toutes les religions.
La deuxième direction de la vie spirituelle doit apporter bonheur et joie. Voici encore des buts communs à bien des religions. Sans doute la religion chrétienne a-t-elle longtemps soutenu qu’elle apportait seulement la joie : joie de nature essentiellement intérieure alors que le bonheur n’était pas réputé possible dans ce monde. Mais depuis, le nouveau rituel de la messe catholique a en quelque sorte sacralisé le bonheur, puisque le célébrant le déclare en s’adressant à Dieu, pendant la messe « dans cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets ». Rien, ici encore, qui s’écarte d’une croyance partagée par des religions acceptées.
Enfin la troisième direction : celle-ci plus anglo-saxonne, voudrait que la vie spirituelle comportât des incidences pratiques. Son développement doit conduire à une certaine efficacité. Ce trait tient aux origines de la religion scientologique mais fait-on grief aux vieilles chrétientés d’Europe de compter beaucoup de « chrétiens engagés » qui tiennent que le royaume de Dieu commence, hic et nunc, sur la terre ?
Rien dans le corps de doctrine de l’Eglise scientologie ne le distingue de celui d’une autre croyance et, cet examen l’a démontré, rien dans les croyances professées ne heurte l’ordre public français.

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25. novembre 2007

CONCLUSION GENERALE

Par Jacques Robert

Il résulte de l’examen de la religion scientologique que celle-ci répond aux critères d’une religion ; elle ne se distingue en rien religions et par conséquent l’appellation de religion est, pour elle, fondée.

a) La Scientologie comprend un corps de doctrine qu’elle partage d’ailleurs avec d’autres religions : croyance en l’Être Suprême ; croyance dans l’immortalité de l’âme et dans sa réincarnation ; croyance dans la nécessité de la vie spirituelle et de son développement. Ce credo pourrait être contresigné par d’autres religions et d’ailleurs des autorités religieuses les plus éminentes (Père CHENU ; Père de CERTEAU ; Archimandrite KALLISTOS ; Evêque de Chersonèse etc.) ont reconnu la qualité de religion à la Scientologie.

b) La Scientologie comporte — en deuxième lieu — un culte régulier qui célèbre aussi les grands événements de la vie humaine, en particulier les rites de passage. À cet égard, la Scientologie justifie pleinement la qualification sociologique de religion ; la religion selon DURKHEIM, est un fait éminemment social.

c)    Enfin la Scientologie — comme toute organisation laïque et a fortiori religieuse — est une institution hiérarchisée et disciplinée. Elle dispose d’un code d’éthique comme l’Église catholique romaine dispose d’un droit canon, et d’autorités, « officiers d’éthique », chargés de veiller au respect de ce code et de sanctionner éventuellement.

Pour ces trois raisons qui tiennent à la nature propre de la Scientologie, celle-ci constitue véritablement une religion.

En dernier lieu, la religion scientologique qui s’est constituée en association cultuelle a adopté la forme juridique que le législateur impose aux religions. Son caractère religieux se manifeste par le rôle des pasteurs dans l’association et la nécessité pour eux d’être en communion de foi avec l’Église mère.
Enfin, le régime juridique applicable aux autres religions doit bénéficier également à la religion scientologique. Plus particulièrement une religion dont le culte et l’enseignement sont connus et accessibles à tous et qui n’est pas contraire à l’ordre public doit pleinement jouir de son autonomie et d’une immunité institutionnelle. Si les principes applicables — c’est-à-dire autonomie immunité institutionnelles.

Si les principes applicables – c’est-à-dire autonomie immunité institutionnelles – n’étaient pas reconnus au bénéfice de la religion scientologique, les principes de la séparation et de l’égalité du culte seraient violés. Les autorités publiques qui s’immisceraient dans le fonctionnement de la religion scientologique méconnaîtraient un des principes « fondamentaux reconnus par les lois de la République » ainsi que les dispositions de la loi de séparation, en rétablissant dans les faits une distinction entre les cultes reconnus et les cultes non reconnus que le législateur a voulu abolir.
J. ROBERT — Libertés publiques (1977) pp.. 370, 371.

a)    Ce comportement éventuel des autorités publiques méconnaîtrait en droit interne le principe général de l’égalité des citoyens puisque l’inégalité de traitement des cultes entraînerait nécessairement une inégalité dans l’exercice de la liberté de conscience.

b)    Ce comportement serait attentatoire à la liberté religieuse des personnes dont la Cour de Justice des Communautés européennes assure le respect. (aff. 130/75, CJCE 27 oct. 1970 PARIS c/ Conseil, Rec. 1976, p. 1589 ss).
Cette jurisprudence particularise un arrêt antérieur qui avait déclaré que « les règles d’égalité de traitement (…) du traité (…) prohibent non seulement les discriminations ostensibles, fondées sur la nationalité, mais encore toutes formes dissimulées de discrimination qui, par application d’autres critères de distinction, (est) nécessaire pour garantir l’efficacité d’un des principes fondamentaux de la Communauté ». (Aff. 152/73, CJCE 12 fév. 1974 SOTGIU, Rec 1974 p. 153 ss.)

c)    Enfin ce comportement violerait aussi l’article 9-1 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme (JORF mai 1974) qui dispose que « toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou collectivement, en public ou en privé pour le culte, l’enseignement et l’accomplissement des rites ». Ce texte fait clairement apparaître la liaison entre la liberté du culte et la liberté de conscience.

Toute atteinte portée à une de ces deux libertés réagit nécessairement sur la jouissance de l’autre.

Le texte de l’article 9-1 au surplus se renforce si on le lit à la lumière de l’article 14 de la même convention qui prévoit que « la jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente convention doit être assurée sans distinction aucune fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ».
(V. M. BOSSUIYT. L’interdiction de la discrimination dans le droit international des droits de l’homme. Thèse Genève (1975) pp. 153-139.

C’est pour l’ensemble de ces raisons que la religion scientologique doit bénéficier du régime applicable à toutes les autres religions.

Entrees suivantes