Une religion se caractérise par une loi c’est-à-dire une croyance commune partagée par les adeptes de la religion cette croyance a été dans la plupart des cas exprimée par le fondateur de la religion auquel les croyants se réfèrent. Il suffit de citer à titre d’exemple l’évangile et le Coran.
À cet égard, la Scientologie possède également un corps de doctrine qui a été exprimée et développée par RON HUBBARD dans de nombreux ouvrages paru à la suite de son ouvrage fondamental : La Dianétique, la puissance de la pensée sur le corps.
De même que dans les autres religions, le message originel du fondateur est explicité, développé et étudié, ces recherches paraissent dans des brochures, livres ou publications variées. Il existe à Copenhague une maison d’édition qui diffuse dans le monde entier la pensée scientologique. Il existe aussi dans toutes les religions des maisons d’éditions spécialisées dans la diffusion de la pensée religieuse. La « propagation de la foi » est une œuvre majeure de l’Eglise Catholique. Bref, toute religion à vocation universelle cherche à raffermir la foi de ses fidèles et à en accroître le nombre par la diffusion de sa doctrine. Actuellement, la vocation universelle de la Scientologie ne cesse de s’affirmer, puisqu’il existerait environ 50 églises, plus de 100 centres missionnaires en quinze langues qui regroupent des millions d’adeptes et de sympathisants.
Quel est le contenu de la croyance scientologique ?
Cette croyance ressort en particulier des livres et publications du fondateur L. RON HUBBARD dont les principaux titres sont : Science de la survie (1951), Les Fondements de la pensée (1956), Axiomes et Logiques (1953), Les Conférences de Phoenix (1968) qui ont suivi la parution de l’ouvrage fondamental de 1950, La Dianétique. Voici les principaux traits de la croyance de la Scientologie.
A. CROYANCE EN L’ÊTRE SUPRÊME
Cette croyance de caractère déiste porte cependant sur un Dieu créateur. Cette caractéristique doit être soulignée car ce Dieu créateur est différent du Dieu « grand architecte » ou « grand horloger » des philosophes du XVIIIème. Le Dieu des scientologues n’est pas confiné dans un rôle de régulateur ; il est créateur. Ce critère permettait au Père CHENU (professeur de la faculté de théologie catholique de Paris, d’écrire, le 9 février 1977 : « la Scientologie est-elle une religion ? Oui, car le terme « religion » couvre toute attitude humaine qui implique un dépassement de l’homme vers « un Etre Suprême considéré comme créateur ». C’est un monothéisme.
B. CROYANCE EN L‘IMMORTALITÉ DE L’ÂME ET SA RÉINCARNATION
Cette croyance partagée par la quasi-totalité des religions confère à la Scientologie, outre son caractère métaphysique, une résonance morale sociale puisque la croyance en l’immortalité de l’âme conduit les croyants à mener une vie conforme à certains préceptes moraux afin d’obtenir une réincarnation meilleure. L’existence individuelle n’est qu’un moment dans le cycle des réincarnations. Comme pour les bouddhistes, les réincarnations futures sont déterminées par le KARMA, croyance selon laquelle tout acte bon ou mauvais, entraînera des conséquences dans la vie présente ou future. Une réincarnation heureuse se mérite par une discipline morale.
C. CROYANCE A LA NÉCESSITÉ DE LA VIE SPIRITUELLE ET DE SON DÉVELOPPEMENT
C’est ici sans doute que réside l’originalité de la Scientologie définie par son fondateur comme « une philosophie religieuse appliquée ». Celle-ci s’organise autour des trois direct directions suivantes :
L’accès à la philosophie et la sagesse pour tous par une formation religieuse et un enseignement qui, il est vrai, recourt à des pratiques mettant en oeuvre des connaissances scientifiques modernes. Ces pratiques dont les plus connues sont l’utilisation d’un appareil appelé « électromètre » et le recours à « l’audition » requiert des prestations individualisées de la part d’animateurs ou de formateurs et sont payantes. Ceci ne doit pas surprendre si l’on considère que l’audition peut durer une heure et qu’il faut rémunérer les animateurs qui pratiquent « l’audition ». II n’appartient pas au présent exposé d’analyser ce procédé qui par certains aspects semble se rapprocher de la confession ; on dira seulement que le principe de la confidence de son intimité à une « personne spécialisée » est une méthode reconnue de développement spirituel ; c’est une forme d’examen de conscience assisté.
Est-ce que l’Eglise catholique, par exemple pourrait faire face matériellement et bénévolement à la demande régulière de pénitents qui réclameraient des confessions qui dureraient une heure et davantage ? La réponse est évidemment négative : le nombre de prêtres n’y suffirait pas et ceci est si vrai que l’Eglise catholique a généralisé des cérémonies pénitentielles à caractère collectif.
Ces traits ne sont ici évoqués que pour faire apparaître que le principe de l’audition et celui de la confession semblent identiques et que la durée de l’audition (1 heure et davantage) justifie une contrepartie financière.
La formation religieuse s’acquiert également dans la Scientologie par l’assistance à des cours et des conférences, la lecture d’ouvrages, ce qui a fait écrire au Professeur Michel de Certeau S.J. qui enseigne la théologie à l’institut catholique de Paris et l’anthropologie religieuse à l’Université de Paris VII : « j’ai d’ailleurs admiré cette articulation entre des soucis éthiques, une recherche de sagesse et un apprentissage technique » (lettre du 22 mai 1967).
Ces exercices sont également payants mais cela doit-il surprendre ? Toute formation spirituelle requiert les soins permanents de formateurs et les bénéficiaires de la formation doivent naturellement participer à leur entretien. Ceci se vérifie dans toutes les religions. Il ne s’agit ici de la formation reçue dans le cadre des cérémonies liturgiques (homélie) qui est évidemment gratuite, encore que celui qui demande une intention de messe paie une somme forfaitaire ; il s’agit d’une formation personnalisée, au cours d’un enseignement suivi qui se rapproche des conférences et retraites dispensées également dans les autres religions et pour laquelle les participants sont toujours invités, et d’ailleurs très naturellement, à participer aux frais (rémunération du prédicateur de la retraite ; utilisation de locaux et du matériel ; frais de chauffage et d’électricité, etc. ).
Bref, la formation religieuse « spécialisée » est payante dans toutes les religions.
La deuxième direction de la vie spirituelle doit apporter bonheur et joie. Voici encore des buts communs à bien des religions. Sans doute la religion chrétienne a-t-elle longtemps soutenu qu’elle apportait seulement la joie : joie de nature essentiellement intérieure alors que le bonheur n’était pas réputé possible dans ce monde. Mais depuis, le nouveau rituel de la messe catholique a en quelque sorte sacralisé le bonheur, puisque le célébrant le déclare en s’adressant à Dieu, pendant la messe « dans cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets ». Rien, ici encore, qui s’écarte d’une croyance partagée par des religions acceptées.
Enfin la troisième direction : celle-ci plus anglo-saxonne, voudrait que la vie spirituelle comportât des incidences pratiques. Son développement doit conduire à une certaine efficacité. Ce trait tient aux origines de la religion scientologique mais fait-on grief aux vieilles chrétientés d’Europe de compter beaucoup de « chrétiens engagés » qui tiennent que le royaume de Dieu commence, hic et nunc, sur la terre ?
Rien dans le corps de doctrine de l’Eglise scientologie ne le distingue de celui d’une autre croyance et, cet examen l’a démontré, rien dans les croyances professées ne heurte l’ordre public français.