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23. janvier 2008

MA CONNAISSANCE DE LA SCIENTOLOGIE

Par Bryan Wilson

J’ai commencé la lecture de la littérature produite par l’Église de Scientologie, en 1968 et à une époque j’ai même envisagé d’étudier ce mouvement. Bien que je n’ai finalement pas poursuivi ce travail, j’ai continué ma lecture de la littérature scientologue. J’ai visité les quartiers généraux de l’Église à Saint-Hill Manor, à East Grinstead et j’ai rencontré des scientologues. Depuis cette époque, j’ai maintenu contact avec le mouvement, en Angleterre, et me suis rendu de nouveau à Saint Hill Manor et dans une église de Scientologie à Londres.
J’ai continué à porter un réel intérêt au développement de cette religion car elle fait partie d’un certain nombre de religions contemporaines qui ont pour moi de l’intérêt, en ma qualité de sociologue. J’ai lu, ainsi que d’autres publications de nature plus éphémère, les écrits suivants qui constituent tous des publications officielles et la plupart des écrits de L. Ron Hubbard :

Manuel de Scientologie pour préclairs
Scientologie 8-80
Scientologie 8-8008
Introduction à l’électromètre
Dianétique : La thèse originelle
Dianétique : La puissance de la pensée sur le corps
A Test of Whole Track Recall
Les problèmes du travail
Self-Analyse
La création de l’aptitude humaine
Les conférences de Phoenix
Les Axiomes de Scientologie
Les Procédures avancées et Axiomes
Scientologie : Une nouvelle optique sur la vie
The Character of Scientology
Ceremonies of the Founding Church of Scientology
The Scientology Religion
Science of Survival
Introduction à l’éthique de Scientologie
Le chemin du bonheur
Description de la Religion de Scientologie
Qu’est-ce que la Scientologie ?
Le manuel de Scientologie

Dans le cadre des travaux que j’ai rédigés, à propos des nouvelles religions, j’eus diverses occasions de faire référence à la Scientologie et j’ai inclus dans mon livre une courte description de cette religion, Religious Sects (Londres Weidenfeld, 1970) et j’ai inclus une plus longue discussion sur le caractère religieux de la Scientologie, dans mon dernier livre, The Social Dimensions of Sectarianism (Oxford, Clarendon Press, 1990). Je m’intéresse à ce mouvement depuis maintenant vingt-six ans.

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22. janvier 2008

LA DIANETIQUE LA GENÈSE DE LA SCIENTOLOGIE

Par Bryan Wilson

Quand, en mai 1950, M. L, Ron Hubbard diffusa pour la première fois le prospectus relatif à la Dianétique, à partir duquel devait se développer par la suite la Scientologie, rien n’indiquait qu’il présentait le modèle d’une croyance et d’une pratique religieuse. La Dianétique, une thérapie semi-active, était décrite dans le langage de la foi. Il n’y a pas de raison de penser qu’à ce moment-là, Hubbard envisageait que la Dianétique devienne un système de croyance et de pratique ou que son enseignement en vienne à être décrit sous forme d’Église et à s’organiser en tant que telle.

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16. janvier 2008

LA DOCTRINE SCIENTOLOGUE : LES HUIT DYNAMIQUES

Par Bryan Wilson

Selon la Scientologie, l’existence peut être considérée suivant huit divisions différentes, ayant un ordre de magnitude ascendant, chacune d’entre elles étant désignée comme une dynamique.
Décrites brièvement, il s’agit de premièrement, la dynamique du Moi, l’ardent désir d’existence du moi deuxièmement, la dynamique sexuelle, qui incorpore l’acte sexuel, l’unité familiale et le maintien de la famille troisièmement, la volonté d’exister, qui se trouve au sein d’un groupe ou d’une association telle qu’une église, une ville ou une nation quatrièmement, la dynamique de la volonté de l’humanité à maintenir son existence cinquièmement, l’existence et la volonté de survie du royaume animal dans son ensemble qui comprend toutes les entités vivantes ; sixièmement, l’aspiration ardente à la vie de l’ensemble de l’univers physique, la matière, l’énergie, le temps et l’espace septièmement, « l’aspiration ardente à la vie des esprits ou sous une forme d’esprit », qui comprend tous les phénomènes spirituels, ayant ou non une identité et finalement, la huitième dynamique : l’aspiration ardente à une existence sous forme d’infini. Cette dynamique est identifiée en tant qu’Être suprême, et est appelée aussi « la dynamique de Dieu » .
La Scientologie est préoccupée par la survie, et la survie de chacune de ces dynamiques est perçue comme le but de la pratique de la Scientologie.
Ainsi, même si au début, la pratique de la Scientologie est orientée vers l’obtention de bénéfices spirituels de nature personnelle, le scientologue se doit de réaliser que sa vie présente n’est rien d’autre qu’un fragment de son existence continue, et qu’en sa qualité de thétan il est relié à tous les niveaux d’ordre ascendant, décrits dans les huit dynamiques et, par conséquent, à l’existence et à la survie de l’Être suprême ou infini.

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02. janvier 2008

LA SOTERIOLOGIE DE LA SCIENTOLOGIE

Par Bryan Wilson

Ce procédé est en lui-même une sotériologie, une doctrine de salut.
Si l’état final semble dépasser le salut normalement énoncé par la religion chrétienne, c’est parce que les sotériologues se préoccupent plutôt souvent du salut proche que de l’ultime.
Le Christianisme renferme également des concepts qui considèrent l’homme comme co-héritier avec le Christ.
Même l’Église et la laïcité furent fréquemment satisfaites par la perspective plus limitée qui permet à l’âme de finalement atteindre le paradis.
Dans certains mouvements – le Mormonisme par exemple – l’idée que l’homme atteigne un statut déiste est explicitement reconnue.
Les termes suivant lesquels le salut doit être accompli sont différents dans la Scientologie, mais l’idée à long terme du salut de l’âme est facilement identifiable dans ses enseignements.
Il est souligné que les proches desseins de sauvegarde de la santé mentale d’un individu passent par la guérison de sa détresse psychique et par la l’acceptation d’une aide pour qu’il puisse surmonter sa dépression. Mais ils sont justifiés en référence à la sotériologie décrite ci-dessus.

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27. décembre 2007

LA RELIGION ET L’ORGANISATION DE L’ÉGLISE

Par Bryan Wilson

Il n’est pas du tout nécessaire qu’une religion ou un système religieux soit organisé sous la forme d’une église.
Les éléments spirituels incorporés au système scientologue étaient visibles avant que le mouvement ne procède à l’enregistrement officiel d’églises et ces éléments pris dans leur ensemble, permettent certainement de désigner ce système de croyance de la Scientologie comme constituant une religion.
Mais, si le critère d’une religion était son organisation sous forme d’église, la Scientologie passerait ce test.
Dans les années cinquante, l’Église fut officiellement enregistrée et un credo fut formulé et la forme de certaines cérémonies fut établie.
Le credo et les cérémonies donnent une forme institutionnelle aux engagements implicites, présents au sein du système de croyance de la Scientologie. La structure ecclésiastique de la Scientologie est hiérarchique et reflète le système progressif d’enseignement et d’illumination spirituel requis dans la maîtrise de ses enseignements.
Les organisations d’ordre inférieur sont dirigées sous forme de missions conçues comme des entités évangélistes. Les églises d’ordre inférieur se chargent de ce qui peut être désigné comme la formation élémentaire des ministres, en vue de leur ordination et de celle des congrégations locales de paroissiens « cette couche de l’organisation de l’église représente le noyau du système.
Au-dessus de ce niveau, il existe des échelons supérieurs dans l’organisation de l’église qui assument la responsabilité de la formation et l’audition supérieures des auditeurs. Les organisations de niveau supérieur guident les institutions de niveau inférieur.
Copiant cette structure, l’Église a mis en place un ministère volontaire, composé de laïcs qui sont formés en vue d’assumer des travaux sociaux et communautaires. Le ministère est en lui-même organisé en hiérarchie, chaque niveau de formation étant sanctionné par l’achèvement de cours certifiés.
Quand il n’a qu’un bas niveau de formation, le volontaire va, entre autres, visiter les hôpitaux et les prisons, alors que les ministres de plus haut niveau, tentent de former des congrégations de scientologues.
La structure ecclésiastique formelle, dans son ensemble, ressemble quelque peu aux dénominations chrétiennes, aussi différents que soient ses enseignements et ses pratiques.
Le ministère volontaire est vaguement parallèle au diaconate laïc de l’église anglicane et des autres églises.

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25. décembre 2007

LES CÉRÉMONIES SCIENTOLOGUES

Par Bryan Wilson

Les cérémonies de mariage et de funérailles de l’Église, même si elles sont quelque peu non conventionnelles, ne sont pas si radicalement différentes des pratiques générales de la société occidentale. La cérémonie du baptême, appelée « cérémonie du nom » est plus explicitement consacrée aux principes du système de croyances scientologues.
Son propos est de porter assistance au thétan qui a récemment pris un nouveau corps. Au moment de la prise d’un nouveau corps, le thétan est considéré comme non conscient de son identité et la cérémonie du nom est là pour l’aider à apprendre l’identité de ce nouveau corps, celle des parents de ce corps et celle du parrain et de la marraine qui aideront ce nouvel être.
Cette cérémonie est donc un processus de type d’orientation, en accord total avec la métaphysique scientologue.

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20. décembre 2007

LES DIFFÉRENCES DANS LA NOTION DE CULTE – LA SCIENCE CHRÉTIENNE

Par Bryan Wilson

Quatrièmement : au sein du Christianisme, l’idée de Dieu a tendance à être exprimée en termes de plus en plus abstraits, aussi bien par les églises traditionnelles que par une variété de groupes apparus relativement récemment.
Certains fameux théologiens modernes ont redéfini les concepts divins, éliminant souvent l’idée que Dieu est une personne, les anciennes conceptions relatives au culte apparaissent à certains, comme anachroniques.
Les sondages d’opinion révèlent qu’une proportion de plus en plus grande des personnes croyant en Dieu, ne croient pas pour autant que Dieu est une personne : elles déclarent plutôt croire que Dieu est une force.
Dans le cadre des mouvements religieux récemment apparus, on trouve parfois des formes de culte adaptées à ces perceptions plus modernes et abstraites de la déité. On peut prendre en exemple la science chrétienne.

Ce mouvement est antérieur à la Scientologie de plus de soixante dix ans, et a de nombreuses caractéristiques en commun avec elle mais comme la science chrétienne a été reconnue depuis un certain temps comme une religion, la pratique de son culte fut étudiée plus en profondeur.

Dans la science chrétienne, Dieu est défini en tant que « Principe », « Vie », « Vérité », « Amour », « Esprit», « Âme ». Ces abstractions impersonnelles ne nécessitent pas d’attitudes de soumissions ou de vénération et il n’est accordé à ces attitudes, lors des services de l’église de science chrétienne, qu’une expression limitée.
L’opinion de Mary Baker Eddy (la fondatrice de la science chrétienne) sur le culte peut être trouvée dans les extraits suivants tirés, de son manuel, Science and Health with Key to the Scriptures ;

« La prière à haute voix ne peut jamais égaler le travail de la compréhension spirituelle…. Les longues prières, les superstitions et les credos érodent la puissance de l’amour et donne à la religion des formes humaines. Tout ce qui matérialise le culte entrave la croissance spirituelle de l’Homme et l’empêche de faire preuve de sa puissance sur l’erreur. »[pages 4-5]

Aimez-vous « le Dieu tout puissant de tout votre cœur et de toute votre âme et de tout votre esprit » ? Ce commandement recouvre tant de choses, même le don de toute sensation, affection et vénération, purement matérielles. » [p. 9]

« L’histoire de Jésus aboutit à la création d’un nouveau calendrier que nous appelons l’ère chrétienne ; mais elle n’a pas établit de culte rituel. » [p. 20]

« Il est triste que l’expression service divin en soit venue à signifier si généralement, vénération publique, au lieu d’actions journalières. » [p. 40]

« On ne vénère spirituellement que lorsque l’on cesse de vénérer matériellement. La dévotion spirituelle est l’âme de la chrétienté. Vénérer au travers du matériel constitue du paganisme. Les rituels judaïques et autres sont les traces et les ombres de la vraie vénération. » [p140]

« Les israélites concentrèrent leur pensée sur le matériel dans leur tentative de vénération du spirituel. Pour eux, la matière était substance et l’Esprit était ombre. Ils pensèrent à vénérer l’Esprit à partir d’un point de vue matériel, mais c’était impossible. Ils peuvent plaire à Jéhovah, mais leurs prières ne leur donnèrent pas la preuve d’avoir été entendus car ils n’avaient pas une compréhension suffisamment grande de Dieu pour être capables d’en reconnaître son pouvoir d’apaisement. » [p. 351]

Même si les scientistes chrétiens prient Dieu en communauté, ce rite de prières est traduit en un nombre d’affirmations, en conformité aux enseignements d’Eddy. La prière silencieuse dans la science chrétienne est une affirmation de « vérité » et non pas une supplication : Dieu est un « Principe » devant être démontré, et non pas un « Être » devant être apaisé. En conséquence, le culte de la science chrétienne diffère en forme, en ambiance et en expression du culte établit par les églises traditionnelles.

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11. décembre 2007

LA SCIENTOLOGIE EST-ELLE UNE RELIGION ? PROFESSEUR FLINN

Par Bryan Wilson

Dans le cadre d’une compilation de traités universitaires, édité par le sociologue jésuite, le Professeur Joseph H. Fitcher, S.J., de Loyola Université à la Nouvelle Orléans, [Alternatives to American Mainline Churches, New York : Rose of Sharon Press, 1983], Frank K. Flinn, maintenant Professeur auxiliaire des études religieuses à l’Université Washington de Saint Louis dans le Missouri, aborde en détail, la question du statut religieux de la Scientologie. Il se penche pour commencer sur le statut de la Dianétique :

« Nombre de commentateurs déclarent que la Scientologie est une thérapie mentale déguisée en religion. Le coeur de la question est de savoir s’il est possible de séparer la “thérapie” de la “religion” ou même de la “philosophie”, au moyen d’une règle claire et nette. Le mot therapeuo (“guérir, soigner, restaurer”) revient fréquemment dans le Nouveau Testament et se réfère sans discriminer, aux guérisons spirituelles et physiques de Jésus de Nazareth… »

« Même si la Dianétique a des tendances religieuses et spirituelles, il ne s’agit pas encore, d’une religion au plein sens du terme… La Dianétique ne promet pas ce que l’on peut appeler des récompenses transcendantales, comme l’aboutissement normal de sa thérapie. Elle promet néanmoins des récompenses “transnormales”.
… Deuxièmement, au stade Dianétique du mouvement, les engrammes remontaient, au plus tôt, à l’état foetal… troisièmement, la Dianétique ne se composait que de quatre “dynamiques” ou “aspirations à la survie” – le Soi, la sexualité, le groupe et l’humanité… Quatrièmement, les techniques d’audition appliquées dans la phase Dianétique [n’utilisait pas] l’électromètre. »

« Il a largement été discuté du moment où la Scientologie est devenue une religion. On pourrait considérer l’enregistrement officiel de la “Hubbard Association of Scientologistes” à Phoenix, en Arizona, en 1952 ou considérer l’établissement de la “Founding Church of Scientology”, en 1954. Cependant, l’enregistrement officiel et légal ne nous indique pas quand les concepts spécifiquement religieux se développèrent dans la propre conscience de l’Église. Pour autant, ces débats rappellent la réminiscence des disputes du XIXème siècle, sur la naissance du Christianisme : Pendant la vie de Jésus ? A la Pentecôte ? Au travers du ministère de Paul et des Apôtres ? » (pages 96-97)

Flinn considère ensuite les quatre facteurs mentionnés ci-dessus, lors du passage de la Dianétique à la Scientologie et note que le premier facteur, le passage aux buts transcendantaux, est marqué par le passage du but de « clair » au but visant à la reconnaissance d’un «thétan opérant » et ajoute : « Le concept de “thétan” n’indique plus une condition mentale, mais est désormais analogue au concept chrétien “d’esprit” ou “d’âme” qui est immortelle et supérieure au cerveau et à l’esprit. «(p. 98). Deuxièmement, les engrammes remontent désormais aux vies antérieures. Troisièmement, de nouvelles dynamiques furent ajoutées, pour inclure la survie des animaux, l’univers matériel, l’esprit et l’infinité. Et quatrièmement, l’électromètre fut introduit. Il en dit «De la perspective que je suggère,… il est préférable de considérer l’utilisation de l’électromètre comme un “sacrement technologique”. Tout comme ce qui poussent les chrétiens à définir un sacrement (par exemple le baptême) en tant que “signe extérieur et visible d’une grâce intérieure et invisible”, les scientologues considèrent l’électromètre comme l’indicateur externe et visible d’un état interne et invisible (“clair »).» (p. 99).
Et Flinn ajoute ce commentaire supplémentaire :

«Le mot religion vient de religare qui veut dire “ramener ensemble”. Cela me conduit à élargir la définition de la religion à un système de croyances exprimé en symbole qui ramène ensemble les vies d’individus et/ou de groupes, qui établit un ensemble de pratiques religieuses (rituels) et qui est soutenu par un mode de vie organisé. Les croyances, les pratiques et le mode de vie lient les vies des gens, de façon à donner à leurs existences, une justification ultime. Si toutes les religions renferment des éléments rudimentaires affiliés à ces trois aspects, certaines insistent, par exemple, sur le système d’organisation, ou mode de vie plutôt que sur le système de croyances ou pratiques rituelles. Avec la Scientologie, on a l’exemple d’un groupe qui commença avec les pratiques religieuses (les techniques d’audition), puis qui développa très vite, une solide structure ecclésiastique et qui seulement après cela, formalisa son système de croyance en credo. Cela ne veut pas dire que le système de croyances n’était pas latent lors des phases précédentes de l’évolution de l’Église. Simplement, il n’était pas codifié de manière formelle [de la façon dont) la technologie de l’organisation l’était, dès le début. » (pages 104, 105)

Par « solide structure ecclésiastique », Flinn fait allusion à l’organisation générale de la Scientologie, à son système de cours et de procédures d’audition, progressivement plus avancés.

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09. décembre 2007

DOUBLE ADHÉSION

Par Bryan Wilson

La Scientologie présente une caractéristique particulière : ses membres ne sont pas tenus de renoncer à leurs croyances religieuses avant d’adhérer au mouvement scientologique.
Cela porte à croire que la Scientologie se contente tout simplement d’être une croyance complémentaire ou supplémentaire, mais une telle conclusion serait injustifiée.
J’ai discuté de cet aspect de la Scientologie avec certains dirigeants de l’église, de même qu’avec des scientologues, et ils me répondirent que l’exclusivité, quoique non exigée, devient tout simplement une question de pratique.
Selon eux, au fur et à mesure qu’un membre s’implique dans la Scientologie, il a tendance à abandonner sa croyance antérieure. Par exemple, l’expérience m’a démontré qu’un Israélite qui devient scientologue pourrait demeurer affilié au judaïsme pour des raisons culturelles et célébrer les fêtes juives en famille et entre amis, mais il ne pratiquera pas sa religion et n’adhérera pas à la théologie juive.
Cette explication m’apparaît valable de mon point de vue d’homme érudit. Les scientologues perçoivent leur croyance comme une religion à part entière qui exige le dévouement de ses membres.
De plus, tandis que la tradition judéo-chrétienne-musulmane considère que l’engagement religieux doit être exclusif et ne tolère pas la double ou multiple adhésion, ce principe est loin d’être universel parmi les religions.
Le Bouddhisme et l’hindouisme ne l’exigent point. Bouddha ne défendait pas l’adoration de dieux locaux.
L’hindouisme est tolérant en ce qui a trait aux allégeances multiples. Au Japon, un grand nombre de citoyens sont à la fois bouddhistes et shintoïstes.
La symbiose des religions constitue un phénomène bien connu et à certains égards, cela s’est déjà produit dans l’histoire du Christianisme (par exemple, la tolérance du Spiritualisme ou du Pentecôtisme par certains évêques anglicans, bien que ces croyances ne fussent pas reconnues officiellement par la doctrine).
Le fait que la Scientologie adopte une position différente de celle des chrétiens de l’Occident à l’égard des affiliations doubles ou multiples ne constitue pas un motif valable pour lui refuser son statut de religion.

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29. novembre 2007

LA SCIENTOLOGIE COMPORTE UN CULTE

Par Jacques Robert

La religion scientologique comme toutes les autres religions comporte un culte.
C’est un critère qui a été notamment relevé par le Révérend U.E. SIMON, professeur de littérature chrétienne au King’s collège de Londres qui écrivait le 15 juin 1975 : « Les critères essentiels sur lesquels je me base pour savoir si c’est ou non une religion est de savoir s’il y a un culte de Dieu et s’il existe un code d’éthique qui s’adresse à l’homme.
Ces deux critères sont remplis par la pratique scientologique ».
L’archimandrite KALLISTOS WARE, conférencier en études orthodoxes orientales à Oxford et membre du Pembroke College, écrivait à ce sujet : « Le fait de rendre un culte est fondamental au concept de religion ». C’est « l’attitude et l’action de rendre un culte qui distinguent une corporation religieuse d’autres formes d’association, comme un club social, une société philanthropique ou un groupe de discussion philosophique. Je constate que l’Eglise de Scientologie s’adonne à des actes de culte parmi lesquelles des prières à « l’Etre Suprême », « Dieu », l’auteur de l’univers ; « l’Etre Suprême » ne semble pas être envisagé en termes personnels mais il existe plusieurs religions telles que le Bouddhisme qui n’ont pas un Dieu « personnel ».

A.    CÉRÉMONIES RÉGULIÈRES

Il existe d’abord des cérémonies religieuses régulières, des services, comme dans toutes les religions. A cet égard, M. Maurice CORDIER, prêtre catholique écrit à propos du siège de l’église : « Il existe une chapelle dans l’établissement ; sa décoration fait appel à des symboles religieux et sa disposition rappelle celle des lieux de prières et de recueillement offerts par les différents cultes. Un office y est organisé régulièrement » (2 novembre 1977).

Pour ces cérémonies régulières, un certain nombre de prières ont été composées suivant un rituel prévu.

a)    Le chapelain souhaite la bienvenue aux fidèles puis leur présente l’objet du service en citant certains textes qui se trouvent dans un manuel et qui rappellent certains principes de Scientologie, affirmation de l’immortalité de l’âme, relation avec l’Etre Suprême, libération de l’âme par la sagesse, amour du prochain, etc.

b)    Puis le chapelain suit un rituel dont voici l’ordonnancement :

•    Prière pour la liberté totale
•    Prière silencieuse
•    Récitation du Credo de l’Eglise
•    Lecture par exemple d’un extrait d’ouvrage du fondateur
•    Sermon
•    Lecture au choix des prières suivantes :
•    Prière pour la justice
•    Prière pour la compréhension de l’Etre Suprême
•    Prière pour une plus grande compréhension
•    Prière pour la paix
•    Prière pour la liberté de religion
•    Prière pour l’avancement spirituel
•    Prière pour l’illumination religieuse

c) La fin du service est consacrée à prier pour une série d’intentions particulières : les besoins spirituels de ceux que nous aimons, nos semblables, notre pays, ceux qui sont dans la détresse et le développement des droits et des croyances de l’ensemble des Eglises et des groupes religieux.
Si l’on établit un bref rapprochement avec les services d’autres religions, les différences sont minimes : on retrouve notamment l’enseignement de la religion dans le sermon, le rappel de la croyance partagée dans le credo, les différentes prières caractère général dont l’objet est commun à toutes les religions ; enfin les intentions spéciales aux membres de la communauté : les proches, les pauvres, les autres Eglises et la Patrie.

B.    CÉRÉMONIES EXCEPTIONNELLES

Il existe par ailleurs des cérémonies solennelles, exceptionnelles, qui correspondent aux rites de passage de la vie humaine, comme dans toutes les autres religions.
Ces cérémonies se déroulent sous l’autorité des ministres du culte de l’Eglise de Scientologie. On pourra citer, à titre d’exemple, le certificat délivré par le juge de la Cour de  district de Colombia le 4 mai 1969 autorisant le Révérend BEVIS JOHN LESLIE FUDGE à célébrer le mariage dans le district de Colombie. Dans le même sens, des autorisations similaires pour la Révérende Jane POCKI en Colombie britannique et pour la Révérende ELSIE F. GRIFFITH dans le même pays.
A titre d’exemple de cérémonie solennelle, on citera le mariage scientologique au cours duquel le pasteur, comme les ministres des autres religions, rappelle aux époux leurs obligations : fidélité, assistance réciproque, entretien des enfants et assiste à l’échange des consentements matérialisé par celui des alliances. Ces rites existent aussi dans les religions chrétiennes.
La deuxième cérémonie solennelle, celle de l’attribution d’un nom aux enfants, se rapproche beaucoup du baptême encore que son objet soit différent. Le parrain et la marraine prennent l’engagement que l’enfant recevra toute l’instruction nécessaire à la réalisation de son patrimoine, entendu dans son sens spirituel.
Troisième rite de passage que la religion scientologique prend en charge comme toutes les autres religions : c’est  la mort qui est marquée par un service funèbre à l’église.

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