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20. décembre 2007

LES DIFFÉRENCES DANS LA NOTION DE CULTE – LA SCIENCE CHRÉTIENNE

Par Bryan Wilson

Quatrièmement : au sein du Christianisme, l’idée de Dieu a tendance à être exprimée en termes de plus en plus abstraits, aussi bien par les églises traditionnelles que par une variété de groupes apparus relativement récemment.
Certains fameux théologiens modernes ont redéfini les concepts divins, éliminant souvent l’idée que Dieu est une personne, les anciennes conceptions relatives au culte apparaissent à certains, comme anachroniques.
Les sondages d’opinion révèlent qu’une proportion de plus en plus grande des personnes croyant en Dieu, ne croient pas pour autant que Dieu est une personne : elles déclarent plutôt croire que Dieu est une force.
Dans le cadre des mouvements religieux récemment apparus, on trouve parfois des formes de culte adaptées à ces perceptions plus modernes et abstraites de la déité. On peut prendre en exemple la science chrétienne.

Ce mouvement est antérieur à la Scientologie de plus de soixante dix ans, et a de nombreuses caractéristiques en commun avec elle mais comme la science chrétienne a été reconnue depuis un certain temps comme une religion, la pratique de son culte fut étudiée plus en profondeur.

Dans la science chrétienne, Dieu est défini en tant que « Principe », « Vie », « Vérité », « Amour », « Esprit», « Âme ». Ces abstractions impersonnelles ne nécessitent pas d’attitudes de soumissions ou de vénération et il n’est accordé à ces attitudes, lors des services de l’église de science chrétienne, qu’une expression limitée.
L’opinion de Mary Baker Eddy (la fondatrice de la science chrétienne) sur le culte peut être trouvée dans les extraits suivants tirés, de son manuel, Science and Health with Key to the Scriptures ;

« La prière à haute voix ne peut jamais égaler le travail de la compréhension spirituelle…. Les longues prières, les superstitions et les credos érodent la puissance de l’amour et donne à la religion des formes humaines. Tout ce qui matérialise le culte entrave la croissance spirituelle de l’Homme et l’empêche de faire preuve de sa puissance sur l’erreur. »[pages 4-5]

Aimez-vous « le Dieu tout puissant de tout votre cœur et de toute votre âme et de tout votre esprit » ? Ce commandement recouvre tant de choses, même le don de toute sensation, affection et vénération, purement matérielles. » [p. 9]

« L’histoire de Jésus aboutit à la création d’un nouveau calendrier que nous appelons l’ère chrétienne ; mais elle n’a pas établit de culte rituel. » [p. 20]

« Il est triste que l’expression service divin en soit venue à signifier si généralement, vénération publique, au lieu d’actions journalières. » [p. 40]

« On ne vénère spirituellement que lorsque l’on cesse de vénérer matériellement. La dévotion spirituelle est l’âme de la chrétienté. Vénérer au travers du matériel constitue du paganisme. Les rituels judaïques et autres sont les traces et les ombres de la vraie vénération. » [p140]

« Les israélites concentrèrent leur pensée sur le matériel dans leur tentative de vénération du spirituel. Pour eux, la matière était substance et l’Esprit était ombre. Ils pensèrent à vénérer l’Esprit à partir d’un point de vue matériel, mais c’était impossible. Ils peuvent plaire à Jéhovah, mais leurs prières ne leur donnèrent pas la preuve d’avoir été entendus car ils n’avaient pas une compréhension suffisamment grande de Dieu pour être capables d’en reconnaître son pouvoir d’apaisement. » [p. 351]

Même si les scientistes chrétiens prient Dieu en communauté, ce rite de prières est traduit en un nombre d’affirmations, en conformité aux enseignements d’Eddy. La prière silencieuse dans la science chrétienne est une affirmation de « vérité » et non pas une supplication : Dieu est un « Principe » devant être démontré, et non pas un « Être » devant être apaisé. En conséquence, le culte de la science chrétienne diffère en forme, en ambiance et en expression du culte établit par les églises traditionnelles.

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17. décembre 2007

LA COMMUNICATION EN TANT QUE CULTE

Par Bryan Wilson

La Scientologie présente une conception réellement abstraite de l’Être suprême, en sa qualité de Huitième Dynamique.
Les scientologues cherchent à élargir leur conscience et leur compréhension afin de pouvoir embrasser toutes les dimensions de l’être, dans l’optique d’aider à et de faire partie de la survie de l’Être suprême ou Infinité.
Les scientologues révèrent la vie et considère Dieu comme une ultime raison d’être, mais cette considération n’implique pas des pratiques spécifiques qui se rapprocheraient des pratiques de culte telles que considérées par les églises chrétiennes traditionnelles.
La Scientologie est un mouvement qui rassemble des personnes de confessions diverses ; qui met l’accent sur les nouvelles conceptions de la création, de la raison d’être et du salut et ses enseignements s’inspirent de plusieurs grandes traditions religieuses et de larges orientations scientifiques.
Il est donc parfaitement normal que la Scientologie présente ses théories sous forme de termes abstraits et universels et que sa conception du culte soit en conformité avec de telles perspectives.
Le postulat général fut exprimé de la façon suivante : « En Scientologie, la dévotion s’établit en terme de communication. Celui qui vénère efficacement est celui qui se considère capable de parcourir la distance nécessaire à la communication avec l’Être suprême » [Scientology as a Religion p. 30].
L’essence de la Scientologie réside dans la compréhension par la communication – communication avec le propre passé du thétan et avec l’environnement et dans le sens comparable à la communication qui a lieu dans le cadre du culte chrétien, la communication avec la déité que l’individu recherche dans la prière et le service eucharistique quant il se comporte, comme le disent les églises traditionnelles, comme un « communiant ».
En grande partie, le propos est le même – la purification de l’individu, la réhabilitation de son âme, ce qui en fait, fait partie du processus à long terme de salut. Dans la Scientologie, une telle communication prend deux formes fondamentales : l’audition et la formation.
L’audition qui a lieu sous la forme d’une communication privée entre l’individu et son passé (celui du thétan), passe par l’intermédiaire de l’auditeur et de l’électromètre. Mais il s’agit essentiellement d’un processus permettant à l’individu d’avoir un meilleur rapport avec son Moi réel et originel et en ce sens, de le mettre en contact avec une réalité spirituelle fondamentale.
La formation, selon les Écritures de la Scientologie, représente une communication avec les vérités fondamentales et la raison d’être. Au travers de l’augmentation de sa compréhension, l’individu recherche une plus grande communication avec son Moi fondamental, avec les autres et avec la vie dans son ensemble. Ces activités sont également marquées des caractéristiques du culte, même si des aspects tels que la vénération (d’une déité), l’ancienne forme d’abnégation et les procédures de dévotion se trouvent, dans ce contexte moderne, supplantés.

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01. décembre 2007

LES CHANGEMENTS CONTEMPORAINS DANS LA RELIGION TOUT COURT

Par Bryan Wilson

Nous avons constaté que toutes les religions ont été soumises à un processus d’évolution elles changent au fil du temps.
Il arrive aussi que la religion par elle-même soit soumise à un changement.
En tant que produit social, la religion prend la couleur et le caractère de la société dans laquelle elle fonctionne, et les mouvements les plus récents révèlent des caractéristiques qui ne se trouvaient pas dans les plus anciens mouvements (tout du moins au moment de leur création).
De nos jours, de nouveaux développements dans la religion font ressortir qu’on se soucie beaucoup moins d’une réalité objective énoncée de l’au-delà, et qu’on s’intéresse plus à l’expérience subjective et au bien-être psychologique donc qu’on se soucie moins des formes traditionnelles du culte, et qu’on s’intéresse plus à l’obtention d’une promesse (qui est elle-même un type de salut) auprès d’autres sources qu’au prétendu réconfort donné par un sauveur – Dieu lointain.
Nous devons donc nous attendre à ce que l’insistance sur ce fait devienne apparente dans l’inventaire que nous avons utilisé comme modèle.
Le modèle montre que beaucoup de choses subsistent encore en religion, mais qu’elles proviennent d’une pratique ancienne.
Les religions les plus récentes – même les religions aussi anciennes que les principales confessions protestantes – ne seront pas d’accord avec ces arguments ils montrent les caractéristiques du stade d’évolution au cours duquel ils ont pris naissance.
Nous devons donc accepter le fait que les mouvements contemporains ne seront pas d’accord avec tous les points énoncés dans notre modèle (relativement éternel).
En tenant compte de tout cela, il est clair pour moi que la Scientologie est une religion sérieuse et qu’elle devrait être considérée comme telle.

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29. novembre 2007

LA SCIENTOLOGIE COMPORTE UN CULTE

Par Jacques Robert

La religion scientologique comme toutes les autres religions comporte un culte.
C’est un critère qui a été notamment relevé par le Révérend U.E. SIMON, professeur de littérature chrétienne au King’s collège de Londres qui écrivait le 15 juin 1975 : « Les critères essentiels sur lesquels je me base pour savoir si c’est ou non une religion est de savoir s’il y a un culte de Dieu et s’il existe un code d’éthique qui s’adresse à l’homme.
Ces deux critères sont remplis par la pratique scientologique ».
L’archimandrite KALLISTOS WARE, conférencier en études orthodoxes orientales à Oxford et membre du Pembroke College, écrivait à ce sujet : « Le fait de rendre un culte est fondamental au concept de religion ». C’est « l’attitude et l’action de rendre un culte qui distinguent une corporation religieuse d’autres formes d’association, comme un club social, une société philanthropique ou un groupe de discussion philosophique. Je constate que l’Eglise de Scientologie s’adonne à des actes de culte parmi lesquelles des prières à « l’Etre Suprême », « Dieu », l’auteur de l’univers ; « l’Etre Suprême » ne semble pas être envisagé en termes personnels mais il existe plusieurs religions telles que le Bouddhisme qui n’ont pas un Dieu « personnel ».

A.    CÉRÉMONIES RÉGULIÈRES

Il existe d’abord des cérémonies religieuses régulières, des services, comme dans toutes les religions. A cet égard, M. Maurice CORDIER, prêtre catholique écrit à propos du siège de l’église : « Il existe une chapelle dans l’établissement ; sa décoration fait appel à des symboles religieux et sa disposition rappelle celle des lieux de prières et de recueillement offerts par les différents cultes. Un office y est organisé régulièrement » (2 novembre 1977).

Pour ces cérémonies régulières, un certain nombre de prières ont été composées suivant un rituel prévu.

a)    Le chapelain souhaite la bienvenue aux fidèles puis leur présente l’objet du service en citant certains textes qui se trouvent dans un manuel et qui rappellent certains principes de Scientologie, affirmation de l’immortalité de l’âme, relation avec l’Etre Suprême, libération de l’âme par la sagesse, amour du prochain, etc.

b)    Puis le chapelain suit un rituel dont voici l’ordonnancement :

•    Prière pour la liberté totale
•    Prière silencieuse
•    Récitation du Credo de l’Eglise
•    Lecture par exemple d’un extrait d’ouvrage du fondateur
•    Sermon
•    Lecture au choix des prières suivantes :
•    Prière pour la justice
•    Prière pour la compréhension de l’Etre Suprême
•    Prière pour une plus grande compréhension
•    Prière pour la paix
•    Prière pour la liberté de religion
•    Prière pour l’avancement spirituel
•    Prière pour l’illumination religieuse

c) La fin du service est consacrée à prier pour une série d’intentions particulières : les besoins spirituels de ceux que nous aimons, nos semblables, notre pays, ceux qui sont dans la détresse et le développement des droits et des croyances de l’ensemble des Eglises et des groupes religieux.
Si l’on établit un bref rapprochement avec les services d’autres religions, les différences sont minimes : on retrouve notamment l’enseignement de la religion dans le sermon, le rappel de la croyance partagée dans le credo, les différentes prières caractère général dont l’objet est commun à toutes les religions ; enfin les intentions spéciales aux membres de la communauté : les proches, les pauvres, les autres Eglises et la Patrie.

B.    CÉRÉMONIES EXCEPTIONNELLES

Il existe par ailleurs des cérémonies solennelles, exceptionnelles, qui correspondent aux rites de passage de la vie humaine, comme dans toutes les autres religions.
Ces cérémonies se déroulent sous l’autorité des ministres du culte de l’Eglise de Scientologie. On pourra citer, à titre d’exemple, le certificat délivré par le juge de la Cour de  district de Colombia le 4 mai 1969 autorisant le Révérend BEVIS JOHN LESLIE FUDGE à célébrer le mariage dans le district de Colombie. Dans le même sens, des autorisations similaires pour la Révérende Jane POCKI en Colombie britannique et pour la Révérende ELSIE F. GRIFFITH dans le même pays.
A titre d’exemple de cérémonie solennelle, on citera le mariage scientologique au cours duquel le pasteur, comme les ministres des autres religions, rappelle aux époux leurs obligations : fidélité, assistance réciproque, entretien des enfants et assiste à l’échange des consentements matérialisé par celui des alliances. Ces rites existent aussi dans les religions chrétiennes.
La deuxième cérémonie solennelle, celle de l’attribution d’un nom aux enfants, se rapproche beaucoup du baptême encore que son objet soit différent. Le parrain et la marraine prennent l’engagement que l’enfant recevra toute l’instruction nécessaire à la réalisation de son patrimoine, entendu dans son sens spirituel.
Troisième rite de passage que la religion scientologique prend en charge comme toutes les autres religions : c’est  la mort qui est marquée par un service funèbre à l’église.

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24. novembre 2007

Scientologie : les caractéristiques d’une religion – Introduction

Je travaille en ce moment à mon compte en tant qu’écrivain, rédacteur, conférencier et consultant, spécialisé dans le domaine de la théologie et de la religion. J’assume également les fonctions de professeur auxiliaire d’études religieuses à l’Université de Washington, à St Louis dans le Missouri.

J’ai obtenu une licence ès lettres avec mention en philosophie (1962) à l’Université de Quincy dans l’Illinois, une licence en théologie (1966) avec mention très bien, à l’École de théologie de Harvard, à Cambridge dans le Massachusetts et un doctorat en études religieuses supérieures à l’Université de Pennsylvanie. À l’Université de Heildelberg, j’étais spécialiste en philosophie et en religions anciennes du Proche-Orient en 1966-1967. À l’Université de Pennsylvanie, j’étais boursier de la Défense nationale pour une spécialisation en langues étrangères, Titre VI, langues sémitiques, en 1968-1969.

Depuis 1962, j’ai concentré mes efforts sur l’étude approfondie des mouvements religieux minoritaires, anciens et modernes. Une partie de mes études de doctorat porta spécifiquement sur la montée des nouveaux mouvements religieux, depuis la Seconde Guerre mondiale, aux États-Unis et à l’étranger. Cette étude inclut une enquête sur les nouvelles religions concernant leurs systèmes de croyance, leur style de vie, leurs emplois du langage religieux, leurs dirigeants, leurs motivations et leur sincérité et sur les conditions matérielles de leur existence. J’enseigne régulièrement à l’Université de Washington un cours qui contient une section sur les nouveaux mouvements religieux, intitulé : « L’expérience religieuse nord-américaine. » En dehors d’un intérêt universitaire pour les religions, je suis depuis longtemps impliqué personnellement dans la vie religieuse. De 1958 à 1964, j’ai appartenu à l’ordre des Frères mineurs, plus connus sous le nom de Franciscains. Pendant cette période, j’ai vécu conformément aux voeux solennels de pauvreté, de chasteté et d’obéissance et, j’ai, en conséquence, vécu la discipline typique d’une vie religieuse.

Antérieurement à mes fonctions actuelles, j’ai enseigné au Maryvile College, à St Louis dans le Missouri, en 1977-1979 où j’ai assumé les fonctions de directeur des études du programme de maîtrise en religion et en éducation, à l’université de Toronto dans l’Ontario, 1976-1977, où j’étais professeur en religion comparée, au St John’s College, à Santa Fe au Nouveau Mexique, en 1970-1975, où j’étais professeur associé au programme sur les Écritures sacrées, au LaSalle College à Philadelphie en Pennsylvanie, pendant la période d’été de 1969 à 1973, où j’étais maître de conférences chargé de cours d’études bibliques et d’anthropologie de la religion ; au Boston College, à Boston dans le Massachusetts, 1967-1968, où j’étais maître de conférences chargé de cours d’études bibliques ; et au Newton College of the Sacred Heart, à Newton dans le Massachusetts, où j’étais maître de conférences chargé du cours d’études bibliques.
Je suis membre actif de l’Académie américaine de religion (American Academy of Religion), je pratique la religion catholique de rite romain à l’Église de tous les Saints (All Saints Church) à University City dans le Missouri.

Depuis 1968, j’ai donné des conférences et j’ai écrit au sujet des divers nouveaux mouvements religieux, apparus au cours des XIXe et XX° siècles, en Amérique du Nord et dans d’autres pays. Dans le cadre de mes cours Anthropologie des religions (LaSalle College), Religion comparative (Université de Toronto), L’expérience religieuse nord-américaine (Washington Université), je me suis penché sur les phénomènes religieux tels que The Great Awakening, les Shakers, les Mormons, Les Adventistes du Septième jour, les Témoins de Jéhovah, la Nouvelle Harmonie, Oneida, Brook Farm, l’Unification, la Scientologie, les Hare Krishna et d’autres. J’ai publié plusieurs articles et j’ai assumé la direction éditoriale de plusieurs ouvrages portant sur le sujet des nouvelles religions. J’ai comme ligne de conduite de ne pas témoigner sur un groupe religieux existant, à moins de ne le connaître de longue date et personnellement. J’ai témoigné des divers aspects des nouvelles religions devant le Congrès américain, devant le corps législatif de l’Ohio, devant l’Assemblée de l’État de New York et devant le corps des conférences sur le sujet des nouvelles religions dans des collèges, des universités et dans le cadre de conférences aux États-Unis, au Canada, au Japon, en Chine et en Europe.

J’ai étudié en profondeur l’Église de Scientologie depuis 1976. J’ai lu suffisamment d’ouvrages parmi la vaste littérature de la Scientologie (ses Écritures), de manière à pouvoir étayer les opinions exprimées ci-dessous. Je suis allé visiter les Églises de Scientologie de Toronto, de St Louis, de Portland dans l’Oregon, de Clearwater en Floride, de Los Angeles et de Paris et m’y suis familiarisé avec les travaux quotidiens de l’Église. J’ai aussi interviewé de nombreux membres de l’Église de Scientologie. Je suis également familier avec pratiquement tout ce qui a été écrit à propos de la Scientologie, en partant des ouvrages impartiaux des universitaires pour aboutir aux récits journalistiques, que ces écrits soient favorables ou non.

En ma qualité d’universitaire spécialisé dans la religion comparative, j’affirme qu’un mouvement, pour être qualifié de religion et qu’un groupe pour constituer une église, doivent posséder trois des caractéristiques ou indices, présents dans toutes les religions de ce monde. Ci-après je définis ces 3 caractéristiques.

a) Premièrement, une religion doit posséder un système de croyances ou de doctrines qui mettent les croyants en relation avec le sens ultime de la vie (Dieu, l’Être suprême, la Lumière intérieure, l’Infini, etc.)

b) Deuxièmement, le système de croyances doit déboucher sur des pratiques religieuses pouvant être divisées en 1) norme de comportement (commandements positifs et interdictions ou tabous négatifs) et en 2) rites et cérémonies, ordinations, sermons, prières, funérailles pour les défunts, mariages, méditation, purifications, études des écritures, bénédictions, etc.)

c) Troisièmement, le système de croyances et de pratiques doit unifier un ensemble de croyants et/ou de membres, de façon à constituer une communauté identifiable qui a une administration soit hiérarchique, soit de congrégation et qui possède un mode de vie fondé sur la spiritualité en harmonie avec l’ultime propos de la vie, tel que perçu par ses adhérents.

Toutes les religions n’attacheront pas le même degré d’importance à chacune de ces caractéristiques mais toutes les possèdent de façon perceptible.

Me fondant sur ces trois indices et sur mes recherches concernant l’Église de Scientologie, je suis en mesure d’affirmer sans hésitation que l’Église du Scientologie est une religion sincère et authentique (bonafide). Elle possède toutes les indications essentielles des religions présentes dans le monde : 1) un système de croyances bien défini ; 2) qui débouche sur des pratiques religieuses (normes positives et négatives de comportement) et 3) qui maintient un ensemble de croyants au sein d’une communauté religieuse identifiable, distincte des autres communautés religieuses.

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16. novembre 2007

Les dynamiques et l’éthique

Par Régis Dericquebourg

La Scientologie traite de la force motrice de l’Univers et du sens de l’existence.
L’univers est mis en action par une pulsion dynamique qui est une force au service de la survie, laquelle est le principe même de l’existence. Elle varie selon les individus et les races. Elle dépend de la physiologie, de l’environnement et de l’expérience. Elle influence la ténacité de l’individu envers la vie et l’activité de l’intelligence considérée comme l’aptitude d’un individu, d’un groupe ou d’une race à résoudre les problèmes relatifs à la survie.

La moralité d’un individu se juge en fonction des actions qu’il accomplit en vue de la survie.
Dans cette perspective, le bien est ce qui est constructif, le mal est ce qui va à l’encontre de la survie. On peut noter que la morale scientologique n’est pas un ensemble de recommandations (morale close chez Bergson). Elle est le fruit d’une compréhension et d’une intériorisation du sens de la vie qui agit comme une boussole personnelle. Il s’agirait d’une morale ouverte.

Dans la Scientologie comme dans les groupes spiritualistes il n’y a pas de pêché. Il y a des erreurs qui sont des actions destructrices contre l’homme, contre la famille, contre la société, contre Dieu. Le repérage des fautes et la réparation de celles-ci font partie du travail d’éthique.

La pulsion dynamique devient plus complexe à mesure que l’organisme devient plus complexe. Chez l’homme « normal » (non aberré), elle se divise en huit domaines qui correspondent à des objectifs.

  1. La dynamique du soi consiste en une pulsion dynamique à survivre en tant qu’individu, à obtenir du plaisir et à éviter la douleur. Elle se rapporte à l’alimentation, aux vêtements, au logement, à l’ambition personnelle et aux objectifs généraux de l’individu.
  2. La dynamique du sexe dirige la procréation.
  3. La dynamique du groupe gouverne le domaine de la vie sociale. Elle favorise les conduites destinées à maintenir la survie du groupe auquel l’individu appartient.
  4. La dynamique de l’humanité englobe la survie de l’espèce.
  5. La dynamique de la vie pousse la personne à travailler pour la vie en elle-même. (Toutes les choses vivantes, plantes, animaux).
  6. La dynamique de l’univers physique est la pulsion de l’individu à accroître la survie de tout ce qui est matière, énergie, temps et espace.
  7. La dynamique de la pensée concerne la pulsion de l’individu à survivre en tant que pensée et en tant qu’être spirituel.
  8. La dynamique de la pensée universelle est la pulsion à survivre pour le créateur ou l’être suprême.

Seules les quatre premières dynamiques se rapportent à la Dianétique. Les autres, ajoutées en 1950, de caractère métaphysique sont traitées dans la Scientologie.

Le fidèle est invité à se mettre en accord avec toutes les dynamiques. Des questionnaires d’auto exploration lui permettent de faire le point sur sa condition dans chacune d’elle. Avec l’aide d’un ministre d’éthique, il recherche les moyens de remédier à des conditions défaillantes.

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06. novembre 2007

La croyance probabiliste

Par Régis Dericquebourg

La vérification expérimentale conduit à laisser un espace « non-validé ». Beaucoup de scientologues admettent qu’ils n’ont vérifié eux-mêmes qu’une partie de la doctrine hubbardienne et qu’il existe donc des zones de croyance hypothétiques.

La croyance en Dieu est plus discutée. Elle peut être aussi vérifiée. Chez certains, l’existence d’un Être Suprême ne fait pas de doute. Ils parlent d’une conviction intime, d’une évidence de Dieu, qui leur a fait faire la différence avec le « Dieu des catholiques » de leur enfance. Chez d’autres, le contact avec des « vies antérieures » pendant l’audition les a conduit à l’idée qu’il y a un être infini en eux-mêmes.

(Par ex : « Au début, je n’étais pas consciente de ça, mais au fur et à mesure de mes audition, je me suis dit : il y a vraiment une huitième dynamique qui est l’infini et qui existe. Au départ, je l’ignorais mais maintenant, je sais que ça existe »).

Mais, pour la plupart, Dieu – dans leur vocabulaire : la huitième dynamique est à vérifier par l’expérience comme le reste. Toutefois, ils font à propos de Dieu, une hypothèse probabiliste : d’une part, s’ils ont vérifié une partie de l’enseignement de Ron Hubbard, il n’y a pas de raison que le reste ne soit pas vrai. (Par exemple : « Je sais qu’il y a un créateur de toutes choses et de l’univers…), je crois qu’il y a un Être Suprême, c’est une question de temps. Est-ce qu’il existe toujours ? Au niveau que j’ai atteint je ne peux pas le vérifier. Il y a une partie de foi et une partie de vérification parce que quand on a vérifié 70% d’un sujet, on pense bien que le reste est vrai. » (Scientologue depuis 20 ans, homme 47 ans). D’autres encore pensent que si des scientologues plus avancés ont trouvé Dieu, il existe sans doute. Toutefois, ils admettent qu’ils sont dans une quête qui n’aboutira peut-être pas à cette découverte. Pour beaucoup de scientologues, « la huitième dynamique » reste donc un monde à explorer pour y croire vraiment. Pour l’instant, ils se situent dans une attente. Dieu est probable. On peut qualifier cette foi de probabiliste.

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11. octobre 2007

L’APOSTASIE DANS LE JUDAISME HELLENIQUE

Par Lonnie D.Kliever

La Bible hébraïque condamne sévèrement l’apostasie nationale des anciens israélites, qui retournaient, encore et encore, à la religion polythéiste dont ils étaient issus. Mais les premiers cas d’apostasie individuelle se produisirent sous le règne de Antiochus Epihanes (175 – 164 Av. JC), où de nombreux hébreux furent contraints de renoncer à leur foi en dieu en faveur des dieux grecs. La passion pour la culture hellénique produisit de nombreuses failles au sein de la religion et de la culture hébraïques, jusqu’à la révolte des Macchabées qui réussirent à restaurer la loi et le nationalisme hébraïques. Une apostasie sporadique continua mais un tel abandon de la Loi hébraïque rencontra alors une profonde condamnation de la part de la communauté hébraïque.
Plus tard, sous la loi romaine, les Juifs furent autorisés à pratiquer librement leur religion sous la conduite d’une tétrachie hébraïque. Pendant cette période, des mouvements sectaires apparurent de toute part mais aucun ne fut supérieur, en puissance, au mouvement chrétien qui, à terme, se sépara complètement du judaïsme. Les sectaires et les chrétiens furent condamnés en tant qu’apostats. De plus, il est à noter qu’une telle apostasie était condamnée politiquement et religieusement, la religion et la citoyenneté ne faisant qu’une chez les Hébreux. L’apostasie était considérée comme un crime contre l’Etat et comme un péché contre Dieu. Le salut et la citoyenneté étaient refusés à l’apostat.

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