Par Bryan Wilson
Quatrièmement : au sein du Christianisme, l’idée de Dieu a tendance à être exprimée en termes de plus en plus abstraits, aussi bien par les églises traditionnelles que par une variété de groupes apparus relativement récemment.
Certains fameux théologiens modernes ont redéfini les concepts divins, éliminant souvent l’idée que Dieu est une personne, les anciennes conceptions relatives au culte apparaissent à certains, comme anachroniques.
Les sondages d’opinion révèlent qu’une proportion de plus en plus grande des personnes croyant en Dieu, ne croient pas pour autant que Dieu est une personne : elles déclarent plutôt croire que Dieu est une force.
Dans le cadre des mouvements religieux récemment apparus, on trouve parfois des formes de culte adaptées à ces perceptions plus modernes et abstraites de la déité. On peut prendre en exemple la science chrétienne.
Ce mouvement est antérieur à la Scientologie de plus de soixante dix ans, et a de nombreuses caractéristiques en commun avec elle mais comme la science chrétienne a été reconnue depuis un certain temps comme une religion, la pratique de son culte fut étudiée plus en profondeur.
Dans la science chrétienne, Dieu est défini en tant que « Principe », « Vie », « Vérité », « Amour », « Esprit», « Âme ». Ces abstractions impersonnelles ne nécessitent pas d’attitudes de soumissions ou de vénération et il n’est accordé à ces attitudes, lors des services de l’église de science chrétienne, qu’une expression limitée.
L’opinion de Mary Baker Eddy (la fondatrice de la science chrétienne) sur le culte peut être trouvée dans les extraits suivants tirés, de son manuel, Science and Health with Key to the Scriptures ;
« La prière à haute voix ne peut jamais égaler le travail de la compréhension spirituelle…. Les longues prières, les superstitions et les credos érodent la puissance de l’amour et donne à la religion des formes humaines. Tout ce qui matérialise le culte entrave la croissance spirituelle de l’Homme et l’empêche de faire preuve de sa puissance sur l’erreur. »[pages 4-5]
Aimez-vous « le Dieu tout puissant de tout votre cœur et de toute votre âme et de tout votre esprit » ? Ce commandement recouvre tant de choses, même le don de toute sensation, affection et vénération, purement matérielles. » [p. 9]
« L’histoire de Jésus aboutit à la création d’un nouveau calendrier que nous appelons l’ère chrétienne ; mais elle n’a pas établit de culte rituel. » [p. 20]
« Il est triste que l’expression service divin en soit venue à signifier si généralement, vénération publique, au lieu d’actions journalières. » [p. 40]
« On ne vénère spirituellement que lorsque l’on cesse de vénérer matériellement. La dévotion spirituelle est l’âme de la chrétienté. Vénérer au travers du matériel constitue du paganisme. Les rituels judaïques et autres sont les traces et les ombres de la vraie vénération. » [p140]
« Les israélites concentrèrent leur pensée sur le matériel dans leur tentative de vénération du spirituel. Pour eux, la matière était substance et l’Esprit était ombre. Ils pensèrent à vénérer l’Esprit à partir d’un point de vue matériel, mais c’était impossible. Ils peuvent plaire à Jéhovah, mais leurs prières ne leur donnèrent pas la preuve d’avoir été entendus car ils n’avaient pas une compréhension suffisamment grande de Dieu pour être capables d’en reconnaître son pouvoir d’apaisement. » [p. 351]
Même si les scientistes chrétiens prient Dieu en communauté, ce rite de prières est traduit en un nombre d’affirmations, en conformité aux enseignements d’Eddy. La prière silencieuse dans la science chrétienne est une affirmation de « vérité » et non pas une supplication : Dieu est un « Principe » devant être démontré, et non pas un « Être » devant être apaisé. En conséquence, le culte de la science chrétienne diffère en forme, en ambiance et en expression du culte établit par les églises traditionnelles.