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08. décembre 2007

ÉLÉMENTS EXOTÉRIQUES ET ÉSOTÉRIQUES DE LA SCIENTOLOGIE

Par Bryan Wilson

L’image publique de la Scientologie ne se conforme pas aux stéréotypes habituels des religions.
Sa littérature se divise en une littérature exotérique très connue, offrant surtout des conseils pratiques aux gens sur la façon de résoudre leurs problèmes de communication, de relations humaines et de conserver une vision intelligente, rationnelle et positive de la vie, et une littérature ésotérique.
Cette littérature explique la métaphysique de la Scientologie. Elle présente la théorie du thêta sa dégradation suite à son implication avec MEST et le processus des vies antérieures, et explique un moyen par lequel l’Homme peut acquérir — autrement dit, regagner — des aptitudes spirituelles.
C’est dans cette littérature que les éléments de la croyance scientologique sont expliqués, et sont exprimés en termes se rapprochant plus des théories en vigueur dans les mouvements religieux que celles qui sont présentées dans la littérature exotique du mouvement.
La Scientologie n’est pas une religion unique parce qu’elle fait la distinction entre l’enseignement ésotérique et exotérique.
Au sujet du principe énoncé par Jésus «J’ai encore bien des choses à vous dire mais elles ne sont pas à votre portée maintenant » (Jean 16 :12) et par Paul qui faisait la distinction entre l’aliment solide pour les adultes et le lait pour les enfants (1 Cor. 3 :1-3 et Hébreux 5 :12-14), plusieurs mouvements chrétiens ont toujours fait la distinction entre les pratiques et les doctrines élémentaires et avancées.
La tradition gnostique générale en marge du Christianisme fut catégoriquement engagée envers la préservation des doctrines ésotériques, et les mouvements contemporains, parfois identifiés par les érudits comme des cultes « de type gnostique », ont souvent fait ces distinctions.
La Science chrétienne constitue un bon exemple car ceux qui aspirent à devenir pratiquants, reçoivent un enseignement général rehaussé de su jets enseignés par des enseignants spécialisés dans des cours particuliers, dont le contenu demeure confidentiel.
Ces cas mis à part, l’église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours n’admet à ses cérémonies spécifiques que les Mormons dont la réputation est sans tâche et qui reçoivent une permission de leur évêque : cela signifie, inter alia, qu’ils ont payé leur dîme correspondante à 10 pour cent de leurs revenus : personne d’autre ne pouvant assister à ces rituels.
Plus près du courant protestant, les Pentecôtistes ne divulguent la signification entière de leur enseignement et de leur pratique des « dons de l’esprit » que durant les services spécifiques et non durant les réunions organisées pour attirer un auditoire non-Pentecôtiste.
La justification de cette différence est également un principe d’enseignement : les ouvrages de référence ne sont disponibles qu’à ceux qui ont suivi antérieurement des cours élémentaires leur permettant d’assimiler un enseignement de niveau supérieur.
La Scientologie a adopté cette ligne de pensée, car son enseignement exige des efforts concentrés et systématisés de la part des étudiants.

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29. novembre 2007

LA SCIENTOLOGIE COMPORTE UN CULTE

Par Jacques Robert

La religion scientologique comme toutes les autres religions comporte un culte.
C’est un critère qui a été notamment relevé par le Révérend U.E. SIMON, professeur de littérature chrétienne au King’s collège de Londres qui écrivait le 15 juin 1975 : « Les critères essentiels sur lesquels je me base pour savoir si c’est ou non une religion est de savoir s’il y a un culte de Dieu et s’il existe un code d’éthique qui s’adresse à l’homme.
Ces deux critères sont remplis par la pratique scientologique ».
L’archimandrite KALLISTOS WARE, conférencier en études orthodoxes orientales à Oxford et membre du Pembroke College, écrivait à ce sujet : « Le fait de rendre un culte est fondamental au concept de religion ». C’est « l’attitude et l’action de rendre un culte qui distinguent une corporation religieuse d’autres formes d’association, comme un club social, une société philanthropique ou un groupe de discussion philosophique. Je constate que l’Eglise de Scientologie s’adonne à des actes de culte parmi lesquelles des prières à « l’Etre Suprême », « Dieu », l’auteur de l’univers ; « l’Etre Suprême » ne semble pas être envisagé en termes personnels mais il existe plusieurs religions telles que le Bouddhisme qui n’ont pas un Dieu « personnel ».

A.    CÉRÉMONIES RÉGULIÈRES

Il existe d’abord des cérémonies religieuses régulières, des services, comme dans toutes les religions. A cet égard, M. Maurice CORDIER, prêtre catholique écrit à propos du siège de l’église : « Il existe une chapelle dans l’établissement ; sa décoration fait appel à des symboles religieux et sa disposition rappelle celle des lieux de prières et de recueillement offerts par les différents cultes. Un office y est organisé régulièrement » (2 novembre 1977).

Pour ces cérémonies régulières, un certain nombre de prières ont été composées suivant un rituel prévu.

a)    Le chapelain souhaite la bienvenue aux fidèles puis leur présente l’objet du service en citant certains textes qui se trouvent dans un manuel et qui rappellent certains principes de Scientologie, affirmation de l’immortalité de l’âme, relation avec l’Etre Suprême, libération de l’âme par la sagesse, amour du prochain, etc.

b)    Puis le chapelain suit un rituel dont voici l’ordonnancement :

•    Prière pour la liberté totale
•    Prière silencieuse
•    Récitation du Credo de l’Eglise
•    Lecture par exemple d’un extrait d’ouvrage du fondateur
•    Sermon
•    Lecture au choix des prières suivantes :
•    Prière pour la justice
•    Prière pour la compréhension de l’Etre Suprême
•    Prière pour une plus grande compréhension
•    Prière pour la paix
•    Prière pour la liberté de religion
•    Prière pour l’avancement spirituel
•    Prière pour l’illumination religieuse

c) La fin du service est consacrée à prier pour une série d’intentions particulières : les besoins spirituels de ceux que nous aimons, nos semblables, notre pays, ceux qui sont dans la détresse et le développement des droits et des croyances de l’ensemble des Eglises et des groupes religieux.
Si l’on établit un bref rapprochement avec les services d’autres religions, les différences sont minimes : on retrouve notamment l’enseignement de la religion dans le sermon, le rappel de la croyance partagée dans le credo, les différentes prières caractère général dont l’objet est commun à toutes les religions ; enfin les intentions spéciales aux membres de la communauté : les proches, les pauvres, les autres Eglises et la Patrie.

B.    CÉRÉMONIES EXCEPTIONNELLES

Il existe par ailleurs des cérémonies solennelles, exceptionnelles, qui correspondent aux rites de passage de la vie humaine, comme dans toutes les autres religions.
Ces cérémonies se déroulent sous l’autorité des ministres du culte de l’Eglise de Scientologie. On pourra citer, à titre d’exemple, le certificat délivré par le juge de la Cour de  district de Colombia le 4 mai 1969 autorisant le Révérend BEVIS JOHN LESLIE FUDGE à célébrer le mariage dans le district de Colombie. Dans le même sens, des autorisations similaires pour la Révérende Jane POCKI en Colombie britannique et pour la Révérende ELSIE F. GRIFFITH dans le même pays.
A titre d’exemple de cérémonie solennelle, on citera le mariage scientologique au cours duquel le pasteur, comme les ministres des autres religions, rappelle aux époux leurs obligations : fidélité, assistance réciproque, entretien des enfants et assiste à l’échange des consentements matérialisé par celui des alliances. Ces rites existent aussi dans les religions chrétiennes.
La deuxième cérémonie solennelle, celle de l’attribution d’un nom aux enfants, se rapproche beaucoup du baptême encore que son objet soit différent. Le parrain et la marraine prennent l’engagement que l’enfant recevra toute l’instruction nécessaire à la réalisation de son patrimoine, entendu dans son sens spirituel.
Troisième rite de passage que la religion scientologique prend en charge comme toutes les autres religions : c’est  la mort qui est marquée par un service funèbre à l’église.

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24. novembre 2007

Scientologie : les caractéristiques d’une religion – Introduction

Je travaille en ce moment à mon compte en tant qu’écrivain, rédacteur, conférencier et consultant, spécialisé dans le domaine de la théologie et de la religion. J’assume également les fonctions de professeur auxiliaire d’études religieuses à l’Université de Washington, à St Louis dans le Missouri.

J’ai obtenu une licence ès lettres avec mention en philosophie (1962) à l’Université de Quincy dans l’Illinois, une licence en théologie (1966) avec mention très bien, à l’École de théologie de Harvard, à Cambridge dans le Massachusetts et un doctorat en études religieuses supérieures à l’Université de Pennsylvanie. À l’Université de Heildelberg, j’étais spécialiste en philosophie et en religions anciennes du Proche-Orient en 1966-1967. À l’Université de Pennsylvanie, j’étais boursier de la Défense nationale pour une spécialisation en langues étrangères, Titre VI, langues sémitiques, en 1968-1969.

Depuis 1962, j’ai concentré mes efforts sur l’étude approfondie des mouvements religieux minoritaires, anciens et modernes. Une partie de mes études de doctorat porta spécifiquement sur la montée des nouveaux mouvements religieux, depuis la Seconde Guerre mondiale, aux États-Unis et à l’étranger. Cette étude inclut une enquête sur les nouvelles religions concernant leurs systèmes de croyance, leur style de vie, leurs emplois du langage religieux, leurs dirigeants, leurs motivations et leur sincérité et sur les conditions matérielles de leur existence. J’enseigne régulièrement à l’Université de Washington un cours qui contient une section sur les nouveaux mouvements religieux, intitulé : « L’expérience religieuse nord-américaine. » En dehors d’un intérêt universitaire pour les religions, je suis depuis longtemps impliqué personnellement dans la vie religieuse. De 1958 à 1964, j’ai appartenu à l’ordre des Frères mineurs, plus connus sous le nom de Franciscains. Pendant cette période, j’ai vécu conformément aux voeux solennels de pauvreté, de chasteté et d’obéissance et, j’ai, en conséquence, vécu la discipline typique d’une vie religieuse.

Antérieurement à mes fonctions actuelles, j’ai enseigné au Maryvile College, à St Louis dans le Missouri, en 1977-1979 où j’ai assumé les fonctions de directeur des études du programme de maîtrise en religion et en éducation, à l’université de Toronto dans l’Ontario, 1976-1977, où j’étais professeur en religion comparée, au St John’s College, à Santa Fe au Nouveau Mexique, en 1970-1975, où j’étais professeur associé au programme sur les Écritures sacrées, au LaSalle College à Philadelphie en Pennsylvanie, pendant la période d’été de 1969 à 1973, où j’étais maître de conférences chargé de cours d’études bibliques et d’anthropologie de la religion ; au Boston College, à Boston dans le Massachusetts, 1967-1968, où j’étais maître de conférences chargé de cours d’études bibliques ; et au Newton College of the Sacred Heart, à Newton dans le Massachusetts, où j’étais maître de conférences chargé du cours d’études bibliques.
Je suis membre actif de l’Académie américaine de religion (American Academy of Religion), je pratique la religion catholique de rite romain à l’Église de tous les Saints (All Saints Church) à University City dans le Missouri.

Depuis 1968, j’ai donné des conférences et j’ai écrit au sujet des divers nouveaux mouvements religieux, apparus au cours des XIXe et XX° siècles, en Amérique du Nord et dans d’autres pays. Dans le cadre de mes cours Anthropologie des religions (LaSalle College), Religion comparative (Université de Toronto), L’expérience religieuse nord-américaine (Washington Université), je me suis penché sur les phénomènes religieux tels que The Great Awakening, les Shakers, les Mormons, Les Adventistes du Septième jour, les Témoins de Jéhovah, la Nouvelle Harmonie, Oneida, Brook Farm, l’Unification, la Scientologie, les Hare Krishna et d’autres. J’ai publié plusieurs articles et j’ai assumé la direction éditoriale de plusieurs ouvrages portant sur le sujet des nouvelles religions. J’ai comme ligne de conduite de ne pas témoigner sur un groupe religieux existant, à moins de ne le connaître de longue date et personnellement. J’ai témoigné des divers aspects des nouvelles religions devant le Congrès américain, devant le corps législatif de l’Ohio, devant l’Assemblée de l’État de New York et devant le corps des conférences sur le sujet des nouvelles religions dans des collèges, des universités et dans le cadre de conférences aux États-Unis, au Canada, au Japon, en Chine et en Europe.

J’ai étudié en profondeur l’Église de Scientologie depuis 1976. J’ai lu suffisamment d’ouvrages parmi la vaste littérature de la Scientologie (ses Écritures), de manière à pouvoir étayer les opinions exprimées ci-dessous. Je suis allé visiter les Églises de Scientologie de Toronto, de St Louis, de Portland dans l’Oregon, de Clearwater en Floride, de Los Angeles et de Paris et m’y suis familiarisé avec les travaux quotidiens de l’Église. J’ai aussi interviewé de nombreux membres de l’Église de Scientologie. Je suis également familier avec pratiquement tout ce qui a été écrit à propos de la Scientologie, en partant des ouvrages impartiaux des universitaires pour aboutir aux récits journalistiques, que ces écrits soient favorables ou non.

En ma qualité d’universitaire spécialisé dans la religion comparative, j’affirme qu’un mouvement, pour être qualifié de religion et qu’un groupe pour constituer une église, doivent posséder trois des caractéristiques ou indices, présents dans toutes les religions de ce monde. Ci-après je définis ces 3 caractéristiques.

a) Premièrement, une religion doit posséder un système de croyances ou de doctrines qui mettent les croyants en relation avec le sens ultime de la vie (Dieu, l’Être suprême, la Lumière intérieure, l’Infini, etc.)

b) Deuxièmement, le système de croyances doit déboucher sur des pratiques religieuses pouvant être divisées en 1) norme de comportement (commandements positifs et interdictions ou tabous négatifs) et en 2) rites et cérémonies, ordinations, sermons, prières, funérailles pour les défunts, mariages, méditation, purifications, études des écritures, bénédictions, etc.)

c) Troisièmement, le système de croyances et de pratiques doit unifier un ensemble de croyants et/ou de membres, de façon à constituer une communauté identifiable qui a une administration soit hiérarchique, soit de congrégation et qui possède un mode de vie fondé sur la spiritualité en harmonie avec l’ultime propos de la vie, tel que perçu par ses adhérents.

Toutes les religions n’attacheront pas le même degré d’importance à chacune de ces caractéristiques mais toutes les possèdent de façon perceptible.

Me fondant sur ces trois indices et sur mes recherches concernant l’Église de Scientologie, je suis en mesure d’affirmer sans hésitation que l’Église du Scientologie est une religion sincère et authentique (bonafide). Elle possède toutes les indications essentielles des religions présentes dans le monde : 1) un système de croyances bien défini ; 2) qui débouche sur des pratiques religieuses (normes positives et négatives de comportement) et 3) qui maintient un ensemble de croyants au sein d’une communauté religieuse identifiable, distincte des autres communautés religieuses.

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20. novembre 2007

Scientologie : les caractéristiques d’une religion – le culte de la Scientologie

Par Frank Flinn

Il n’existe pas de définition absolue du culte pouvant être appliquée en toute impartialité à toutes les formes de religion. À la fin de l’introduction ci-dessus, j’ai noté, par rapport aux preuves de religion, que toute religion possède trois d’entre elles (un système de croyance, des pratiques religieuses et une communauté religieuse), d’une quelconque façon, même si aucune religion ne les présente de la même manière ou avec la même intensité. Ces variations sont ce qui rendent les religions uniques. Ainsi le Catholicisme romain, l’Orthodoxie orientale et le haut Anglicanisme attachent énormément d’importance aux rituels, y compris aux habits de cérémonie, aux processions, aux cierges, aux Hymnes, à l’eau bénite, à l’encens et ainsi de suite. À l’opposé, pour nombre de confessions protestantes, strictes comme les Brethrens, de telles formes d’ornements de cérémonie sont considérées comme un peu superstitieuses, si ce n’est totalement idolâtres. Dans ces branches du christianisme, le culte se réduit au prêche de la parole, à quelques hymnes peut-être et à la prière. Au sein des Sociétés Religieuses d’Amis (connues plus communément sous le nom de Quakers) la Réunion pour le Culte ne consiste pas du tout en des actes externes mais en un rassemblement en silence durant lequel les membres ont l’occasion de partager ou non, une brève parole d’inspiration. De même, le principal acte de culte dans les monastères bouddhistes est représenté par une méditation totalement silencieuse et durant de longues périodes de temps. Celle-ci est centrée non pas sur l’hommage d’une Divinité Suprême mais sur l’extinction du Moi et la libération des enchevêtrements de l’existence.

L’impossibilité d’identifier une quelconque définition fixe et rigide du culte impose que l’on garde une certaine flexibilité pour cette notion lors de l’étude comparative. La plupart des définitions offertes par les dictionnaires approchent ce problème, en incluant plusieurs idées sous le concept de culte. Tout d’abord, le culte se voit inclure les idées de « rites » et de « cérémonies ». Certains des spécialistes de la religion considèrent les rites et les rituels comme « transformateurs ». Par exemple, lors du rite chrétien de baptême, un initié passe d’un état (de péché) à un autre état (de grâce). Dans les sociétés primitives, les rites de passage transforment les néophytes de l’enfance vers la vie adulte. Le processus scientologue de l’audition faisant passer de l’état de « pré-clair » à celui de « clair » serait transformateur en ce sens. Réciproquement, les cérémonies sont considérées comme « conservatoires », en cela qu’elles affirment et confirment le statu quo. Souvent, diverses formes de Sabbath et de services dominicaux sont en ce sens des cérémonies. Les cérémonies confirment à la communauté de croyants son statut d’ensemble et son identité en tant que confession. Les rites et les cérémonies sont souvent, mais pas nécessairement toujours, accompagnés d’attirails élaborés, parmi lesquels on trouve des vêtements, de la danse, de la musique, des aspersions et des purifications sacrées, des sacrifices d’animaux et de nourriture, des gestes tels que des bénédictions et ainsi de suite.

Ensuite, les spécialistes en religion admettent universellement que les rites et les cérémonies ne peuvent pas être le but suprême du culte. Par conséquent, la plupart des définitions renferment d’autres notions telles que des « pratiques » , des « actes » et des « observances ». Ces autres notions sont mentionnées dans les définitions communes pour de bonnes raisons. Le culte des uns peut être la superstition des autres. Et ce qui peut apparaître au croyant d’une foi comme un acte sans signification (par exemple, le signe de croix pour un protestant) peut être un acte de dévotion pour un autre. Ainsi les chercheurs spécialisés dans la religion s’obligent à considérer les actes religieux dans le contexte de la totalité d’une religion spécifique, à savoir, en termes de buts et d’intentions ultimes d’un ensemble de croyants. Celui qui étudie les religions n’a pas à croire ce que le croyant croit, mais si il veut vraiment comprendre le phénomène religieux, il se doit de faire quelque peu l’effort de penser de la manière dont le croyant croit. C’est seulement de ce point de vue que ce spécialiste en religion peut arriver à déterminer quels actes, pratiques et observances représentent un culte, dans le contexte d’une communauté religieuse donnée.

Sous la définition élargie de culte religieux (actes, pratiques, observances), nous pouvons inclure des sujets tels que l’étude des textes sacrés, la formation d’autres personnes à l’étude et à la récitation de ces textes et diverses formes d’instruction religieuse. Certaines religions imprègnent même ces sortes d’actes avec des cérémonies sacrées. Au Japon, dans les monastères Zen, j’ai observé des novices Zen transportant cérémonieusement des copies du Sutra Lotus et les mémorisant avec solennité en les psalmodiant rituellement. L’étude du Talmud dans les « yeshivot » israélites revêt le même caractère rituel.

Dans de nombreuses variétés de culte religieux, le spécialiste universitaire peut détecter deux orientations fondamentales. Un des types de culte est centré sur plus de célébration et de rituel ; l’autre vers plus d’instruction et orienté vers la méditation.
La question de savoir si l’audition et la formation scientologues peuvent constituer des formes de culte peut naturellement venir à l’esprit des adhérents des religions occidentales couramment répandues, telles que le Judaïsme, le Christianisme et l’lslam. Au sein de ces religions, le culte est principalement, mais pas exclusivement, centré sur les célébrations publiques, les jours de jeûne, les sermons, le chant des hymnes, le Sabbath ou le culte dominical et sur diverses dévotions. Même si l’on peut identifier cette forme de culte comme largement représenté dans la religion orientale, il existe un courant fondamental sous-jacent dans les piétés orientales, attachant une grande importance à la méditation et à l’instruction. Tel que nous l’avons déjà mentionné, au sein de l’hindouisme Vedanta et du Bouddhisme Zen, le culte est centré non pas sur la célébration mais sur la méditation et l’étude des sutras, des manuels spirituels. Dans le zen, cette étude spirituelle s’accompagne souvent de méditation sur les koans, de courts adages concis et souvent contradictoires, qui aident le  fervent à percer la coquille de la conscience ordinaire afin qu’il ou elle puisse atteindre le satori, l’édification soudaine.

Alors que la découverte et la codification de la technique de l’audition appartiennent exclusivement à L. Ron Hubbard, l’Église de Scientologie et L. Ron Hubbard lui-même, ont toujours admis les affinités que la Scientologie a avec certains des aspects de l’Hindouisme et du Bouddhisme plus particulièrement. La Scientologie partage avec ces deux traditions religieuses, la croyance commune que le processus central du salut repose dans le passage de l’ignorance à la connaissance, de l’enchevêtrement à la liberté et de l’obscurantisme et de la confusion à la clarté et la lumière. Il y a un certain nombre d’années, j’ai publié un article sur les relations entre la Scientologie et le Bouddhisme : Frank K. Flinn, La Scientologie en tant que Bouddhisme technologique (Scientology as Technological Buddhism) dans Joseph H. Fitcher, rédacteur, Alternatives to American Mainline Churches, New York, Paragon House, 1983, pages 89-110. En accord avec ces traditions orientales, la Scientologie, de façon tout à fait logique, entrevoit le culte non tant sous l’angle de la célébration et de la dévotion, mais plutôt sous celui de la méditation et de l’instruction, en soulignant la conscience, l’éclairement ou pour employer un terme scientologue la « mise au clair ».

Il est important de remarquer que la forme de culte revêtant un aspect de méditation et d’instruction est absente en Occident. Les Israélites orthodoxes pieux envisagent la fervente étude de la Torah ou Loi, comme une forme, si ce n’est comme la forme de culte.
En conséquence, les Israélites mettent en place des « yeshivot », consacrées à l’étude de la Torah et du Talmud. Une « yeshiva » n’est pas seulement un endroit d’éducation ordinaire ; c’est également un endroit de culte. De même les Musulmans ont mis en place des kuttabs et des madrassas pour l’étude fervente du Coran. D’une manière similaire, nombre d’ordres religieux et monastiques du Catholicisme romain, et plus particulièrement les Cisterciens et les Trappistes, consacrent une grande partie de leur dévotion à l’étude silencieuse des textes sacrés et à la méditation sur ceux-ci.

Cependant, dans l’ensemble, la méditation, l’étude et l’instruction sacrées ne sont pas autant perçues comme des formes de culte en Occident qu’en Orient. En Inde, il est commun que des personnes au crépuscule de leurs vies vendent tous leurs biens de valeur, se rendent en un lieu sacré tel que Varanasi (Benares) sur le Gange et passent le reste de leur vie à méditer sur les choses divines et occasionnellement à faire des pujas, des offrandes rituelles. Pour le commun des hindous, une telle méditation représente la plus haute forme de culte possible.

En dehors de ces discussions, il est parfaitement clair que la Scientologie revêt à la fois les formes typiques de la célébration de cérémonies et de culte et possède sa propre et unique forme de vie spirituelle : l’audition et l’entraînement. En comparaison et contraste, l’Église catholique romaine considère l’ensemble de ces sept sacrements comme des formes de culte. C’est pourquoi l’ensemble des sacrements sont principalement administrés, dans ses églises, par un clergé ordonné. Les sacrements ne sont administrés en dehors des églises que dans des circonstances spéciales comme l’aide aux malades. Les sept sacrements sont le baptême, la confirmation, la confession, la réconciliation ou confession, l’Eucharistie, le mariage, les ordres saints et l’onction des malades et des infirmes. Mais le « sacrement parmi les sacrements », pour les Catholiques romains est l’Eucharistie, communément appelée la Messe, ou sont célébrées la mort et la résurrection de Jésus-Christ et sa présence au sein de la communauté croyante.

Ainsi l’Église de Scientologie a aussi, pour ainsi dire, son « sacrement parmi les sacrements ». À savoir la technologie de l’audition et de la formation. Le principal but religieux de l’ensemble des scientologues pratiquants est de devenir « clair » et d’atteindre le statut de « Thétan opérant » et d’être cause sur la « vie, la pensée, la matière, l’énergie, l’espace et le temps ». Les moyens fondamentaux pour atteindre cela sont les différents niveaux et grades de la formation et de l’audition. L’importance que l’Eucharistie a auprès du Catholique romain se retrouve dans l’audition et la formation, pour le scientologue. De même que les Catholiques romains considèrent les sept sacrements comme les principaux moyens de salut, les scientologues considèrent la technologie d’audition et de formation comme constituant les moyens de base pour atteindre le salut, qu’ils décrivent comme la survie universelle de tous les êtres.

En ma qualité d’universitaire spécialisé dans la religion comparative, je voudrais répondre à la question : « Où les catholiques romains ont-ils des lieux de culte ? » , par la réponse : « Là où les sept sacrements sont administrés aux adhérents, bien sûr. » À la question : « Où les scientologues ont-ils des lieux de culte ? », je répondrai : « Là où l’audition et la formation sont administrées aux paroissiens selon les écrits scientologues, bien sûr. Les travaux de Hubbard sur la Dianétique et la Scientologie représentent les écritures sacrées de l’Église de Scientologie. La majorité de ces travaux est consacrée à ce que les scientologues appellent la technologie d’audition, la gestion et l’application de l’audition et de la formation aux adhérents. La véritable prépondérance donnée à l’audition dans les travaux de Hubbard convaincra tout spécialiste de la religion que l’audition et la formation sont les pratiques religieuses centrales et les principales formes de culte de l’Église de Scientologie.

En ma qualité d’universitaire spécialisé dans la religion comparative, je peux affirmer sans hésitation que l’audition et la formation constituent les formes centrales de culte, au sein du système de croyances des scientologues. Et, que les endroits où l’audition et la formation sont administrées aux adhérents sont, sans équivoque, les lieux de cultes de la Scientologie.

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12. novembre 2007

Les cérémonies

Par Régis Dericquebourg

L’Eglise de Scientologie a un ensemble de cérémonies religieuses que l’on retrouve traditionnellement dans les principaux courants religieux : les cérémonies de baptêmes, les services du dimanche, les mariages, les enterrements.

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10. novembre 2007

Le conseil pastoral

Par Régis Dericquebourg

La Scientologie possède un corps de ministres ordonnés qui célèbrent les cérémonies et délivrent de l’audition.

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