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27. mai 2008

La Scientologie, une analyse et comparaison de ses systèmes et doctrines religieux

Consultation de Bryan Wilson

scientologie-experts
Bryan Wilson, professeur honoraire à l’Université d’Oxford, fournit dans cette étude un fil conducteur dans le paysage dupluralisme religieux contemporain. Pour éviter toute approche réductrice des systèmes de croyance, il propose et explicite un certain nombre d’éléments permettant de caractériser une religion. Le professeur Wilson analyse rapidement les fonctions morales et sociales de la religion, en particulier à travers l’évolution du christianisme et du bouddhisme, avant d’aborder le sujet de la Scientologie. Il passe alors en revue la théologie et les pratiques de la Scientologie, et tire ses conclusions quant à la nature religieuse de celle-ci à la lumière des critères sociologiques définis dans la première partie.

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VIDEO DE BRYAN WILSON

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20. février 2008

LA NOMENCLATURE « EMPRUNTÉE »

Par Bryan Wilson

Les premières définitions et descriptions des éléments religieux utilisent fréquemment des termes empruntés aux traditions religieuses de personnes les formulant. Il est maintenant admis que l’emploi de termes spécifiques à une religion déforme la représentation de toute autre religion et peut fréquemment aboutir à de fausses hypothèses. Les concepts qui ont été développés au sein d’une tradition spécifique culturelle et religieuse, engendreront une mauvaise représentation, dans le cadre d’une autre religion, des éléments religieux, équivalents en fonction mais distincts en forme. Parmi les exemples de ces emplois non appropriés, on peut citer « l’Église Bouddhique » ; « la Prêtrise Musulmane » et, dans le contexte de la Trinité, « les Dieux Chrétiens ». De plus, même si les actes de vénération, d’hommage, de contemplation ou de consécration sont présents dans toutes les religions développées, les commentateurs ne leur ont pas toujours donné une valeur de culte, car dans le contexte occidental, l’emploi de ce terme est chargé d’idées préconçues et normatives vis-à-vis des attitudes et des actions appropriées. Par exemple, l’équivalent fonctionnel du culte Chrétien, en ce qui concerne le conditionnement des comportements des fidèles, est présent dans le Bouddhisme mais sa forme en est différente et il est généralement décrit en des termes différents. Par conséquent, si l’on désire une véritable égalité des religions, il est nécessaire pour les définir, d’adopter des termes abstraits reflétant la diversité du phénomène religieux.

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17. février 2008

LES CARACTERISTIQUES NON ESSENTIELLES DE LA RELIGION

Par Bryan Wilson

L’inventaire mentionné ci-dessus est établi dans des termes de considérable généralisation abstraite. Mais les religions réelles constituent des entités historiques et non des élaborations logiques. Elles recouvrent des principes organisationnels, des codes de conduite et des modèles de croyance, largement différents. En de nombreux points, la généralisation n’est pas facile et une fois mis de côté les préjudices (souvent inconscients) de la tradition chrétienne, il devient apparent que nombre des points concrets qui, suivant le modèle chrétien, seraient considérés comme condition sine qua non de religion, ne se trouvent pas dans d’autres systèmes.
Au cours de l’inventaire susmentionné, on a évité de faire allusion à un Être suprême, ce concept n’étant pas valide pour les Bouddhistes Theravada (et pour beaucoup de Bouddhistes Mahayana), pour les Jaïns et les Taoïstes. La vénération dont on parle ci-dessus, a des implications très différentes dans le Bouddhisme par rapport à celles qu’elle implique pour les croyants du Christianisme. L’inventaire ne mentionne pas les credos qui sont particulièrement importants dans la tradition chrétienne mais moins dans les autres religions. Il ne mentionne pas non plus le concept de l’âme, si vital soit-il dans le Christianisme orthodoxe, car la doctrine de l’âme est quelque peu équivoque dans le Judaïsme et expressément niée par certains mouvements chrétiens (par ex. les Adventistes du septième jour et les Témoins de Jéhovah qui ont chacun des millions d’adhérents de par le monde, et par les Christadelphiens et les Puritains, dont Milton, qui sont connus sous la dénomination de moralistes.) Il n’y a pas de référence directe à l’enfer, sous aucun des aspects de l’idée, développés par le Christianisme, ce point n’existant pas dans le judaïsme.
On a fait allusion à la vie après la mort, au singulier et au pluriel, de façon à accommoder les deux variantes des idées chrétiennes de transmigration de l’âme et de résurrection et les différents exposés de réincarnation dans le Bouddhisme et l’hindouisme.
Aucun de ces points spécifiques ne peut être considéré comme essentiel à la définition de la religion tout court.

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14. février 2008

LE BOUDDHISME : UNE RELIGION NON THÉISTE

Par Bryan Wilson

Le Bouddhisme ne constitue pas un système de croyance théiste mais est cependant généralement reconnu comme une religion, même s’il contraste réellement avec le Christianisme. Alors que le Bouddhisme ne nie pas l’existence des Dieux, il n’accorde pas à ces êtres de rôle d’Être suprême ou de créateur. Même au sein des sectes de la Terre Pure du Japon (Jodo et Jodoshin) où l’on rencontre un engagement emphatique envers l’idée que Bouddha est en lui-même un sauveur, cette conception est loin de considérer Bouddha comme un Dieu créateur.

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13. février 2008

LES DOCTRINES DU BOUDDHISME HINAYANA (OU PETIT VEHICULE)

Par Bryan Wilson

Le Bouddhisme Hinayana est souvent considéré comme représentant la tradition bouddhique la plus proche des enseignements originels du Bouddha Gautama. Ces doctrines ressemblent très peu à celles établies par le Christianisme ou par les autres religions monothéistes. Aucun des enseignements du Bouddhisme Theravada n’indiquent l’existence d’un Être suprême ou d’un Dieu – créateur. Plutôt que d’être le résultat d’un Dieu – créateur, le monde phénoménal est perçu comme n’ayant pas de substance, et l’homme est considéré comme tout aussi non permanent et sans âme immortelle. Toute forme d’existence est caractérisée par la souffrance, et la raison d’être des enseignements bouddhiques vise à libérer l’homme de cette condition. Les circonstances présentes de l’homme sont la conséquence de son karma, la loi de cause à effet, suivant laquelle les actions des vies antérieures déterminent pratiquement toujours les conditions de vie future. Les vies étant comme les maillons d’une chaîne de causalité, il existe une origine conditionnelle à chaque renaissance. Ainsi, l’homme n’est pas amené à la vie par un Dieu – créateur et il n’existe aucun concept de Dieu – sauveur, puisque seule la connaissance permet à l’homme de pouvoir se libérer de la souffrance de la chaîne des naissances renouvelées. Chaque homme, guidé par l’instruction religieuse, doit tracer sa propre voie sur le chemin de la connaissance. Le Bouddhisme ne nie pas l’existence des Dieux en tant que tels, mais ces êtres ne constituent pas des objets de vénération et ils ne remplissent pas de rôles spécifiques. (Ils sont en fait les restes et les accumulations d’autres traditions religieuses que le Bouddhisme a incorporés.) Même si les concepts de Dieu – créateur ou de Dieu – sauveur, d’immortalité de l’âme et de punition ou de gloire éternelles ne sont pas présents dans le Bouddhisme Hinayana, il n’en reste pas moins que le Bouddhisme s’est vu accordé aisément et universellement, le statut d’une religion.

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11. février 2008

LE BOUDDHISME DE L’ECOLE SANKHYA UNE RELIGION NON THÉISTE

Par Bryan Wilson

La religion hindoue reconnaît comme orthodoxe six anciennes écoles divergentes. L’une d’entre elles, Sankhya, n’est ni théiste, ni panthéiste. Tout comme le jaïnisme, le Sankhya enseigne que la matière première et l’âme individuelle sont à la fois non créées et indestructibles. L’âme peut être libérée par la connaissance de la vérité sur l’univers et par le contrôle des passions. Dans certains textes, le Sankhya dénie l’existence d’une déité suprême individuelle et en tout cas, tout concept de déité est considéré comme superflu et potentiellement auto-contradictoire, ce sont les mécanismes du karma qui gouvernent les affaires de l’homme jusqu’au moment où il en arrive à déterminer qu’il désire une libération. Les quatre buts du Sankhya sont similaires à ceux du Bouddhisme : connaître la souffrance dont l’homme doit se libérer, amener une fin à la souffrance, percevoir la cause de la souffrance (ne pas savoir discerner entre l’âme et la matière) et apprendre les moyens de libération, ou autrement dit acquérir une connaissance judicieuse. Tout comme les autres écoles, le Sankhya enseigne le principe du karma la renaissance est une conséquence des actions et le salut tient en l’évasion du cycle des renaissances.

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10. février 2008

LE CARACTÈRE NON THÉISTE DU SANKHYA

Par Bryan Wilson

Le Sankhya inclut une forme de dualisme qui ne dépend pas de l’existence d’un Dieu ou de Dieux.
On ne parle pas ici du dualisme chrétien du bien et du mal mais d’une distinction radicale entre l’âme et la matière. Elles sont toutes deux non créées et existent infiniment.
Le monde est le résultat de l’évolution de la matière. Mais l’âme ne change pas. L’âme souffre à cause de son emprisonnement dans la matière, alors que cet emprisonnement n’est en fait qu’une illusion. Une fois que l’on réalise qu’elle ne fait pas partie du monde matériel, celui-ci cesse d’exister pour cette âme en particulier et elle est libérée.
Suivant la théorie du Sankhya, la matière évolue, se dissout et stagne. En évoluant, celle-ci produit l’intelligence, l’individualité, les sens, le caractère moral, la volonté et un principe qui survit à la mort et transmigre. À cause de sa connexion avec l’âme, l’organisme physique se transforme en être vivant.
C’est seulement lors de cette connexion qu’un état de conscience est obtenu : que ce soit la matière ou l’âme, ni l’une ni l’autre ne sont seules conscientes. Même si l’âme représente l’élément animateur, elle ne constitue pas par elle-même la vie qui se termine par la mort ou la vie qui est transmise d’une existence à une autre. Même si elle n’agit ni ne souffre en elle-même, l’âme reflète la souffrance qui a lieu, au même titre qu’un miroir. li ne s’agit pas de l’intelligence mais d’une entité infinie et vide de passion. Les âmes sont innombrables et distinctes les unes des autres.
Le but de l’âme est d’arriver à se libérer de l’illusion et donc de l’emprisonnement. Une fois libérée, l’âme est dans un état équivalent au Nirvana du Bouddhisme.
Une telle libération peut se produire avant la mort et la tâche de celle qui est libérée est d’enseigner aux autres.
Après la mort, une totale libération sans menace de renaissance est possible. Le Sankhya ne s’oppose pas aux croyances dans les divinités populaires mais celles-ci ne font pas partie de son ordre de fonctionnement. C’est la connaissance de l’univers qui aboutit au salut. En ce sens, le contrôle des passions est central et non la conduite morale. Les bonnes actions ne peuvent aboutir qu’à une forme de bonheur inférieur. Les sacrifices ne sont pas non plus efficaces.
Ni l’éthique morale, ni les rituels n’ont de grande importance dans l’ordre des choses du Sankhya.

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L’INADAPTATION DU CRITÈRE THÉISTE


Par Bryan Wilson

Rien qu’en se fondant sur les exemples précédant de systèmes de croyance religieuse, il est apparent que l’existence d’une croyance en un Être suprême ou en une forme de théisme est un critère religieux inadéquat. En dépit d’idées préconçues et obsolètes mais persistantes de certains commentateurs chrétiens, ce point est généralement immédiatement adopté par les spécialistes en religion comparative et les sociologues spécialisés en religion. Malgré l’absence de tout concept d’Être suprême ou de Dieu créateur, le statut de religion ne saurait être refusé au Bouddhisme, au Jaïnisme ou à l’Hindouisme de l’école Sankhya.

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28. janvier 2008

LE BOUDDHISME ET LA MORALITÉ

Par Bryan Wilson

Par exemple, dans le cadre du Bouddhisme Hinayana, on trouve des obligations imposées aux moines et quelques règles générales à destination des laïcs.
Un bouddhiste a pour devoir de ne pas tuer, voler, mentir, perpétuer des actes sexuels injustifiés et de ne pas boire des liquides enivrants. Le Bouddha donne des conseils moraux relatifs aux devoirs domestiques, aux comportements à l’égard des amis et aux soins mutuels dus aux époux mais il s’agit d’encouragements qui relèvent plutôt du sens commun social.
L’individu se doit d’être prudent, économe, travailleur et juste envers ses serviteurs et doit choisir pour amis des individus qui l’empêcheront de faire le mal et qui l’encourageront à bien se conduire. Ces vertus sont perçues comme relevant d’un intérêt personnel, elles ne reposent pas sur un concept de péché comme on le voit dans le Christianisme.
Ne pas respecter ces vertus n’aboutit pas à des punitions spécifiques, sauf dans le sens que cela crée un mauvais karma.
Pour les bouddhistes, éviter les mauvaises actions relève d’un intérêt personnel supérieur (au moins à long terme).
La religion en elle-même n’impose pas de sanctions. Il n’existe pas de déité vengeresse. Cependant, les actions étant supposées déterminer le statut des réincarnations futures, les bonnes actions sont recommandées comme étant en conformité aux huit étapes présentes sur la voie de la connaissance, puisqu’elles produiront des renaissances dans de meilleures circonstances et d’une manière putative, une éventuelle transcendance de toutes les renaissances et l’obtention du Nirvana.
Ainsi, si le Bouddhisme encourage certainement des valeurs morales, il est laissé à l’individu une considérable liberté de comportement moral et celui-ci n’est pas soumis au type de censure morale qui prédomine dans les contextes chrétiens.

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25. janvier 2008

LES ASPECTS SACRAMENTELS ET SACERDOTAUX DU CHRISTIANISME

Par Bryan Wilson

Les croyances et les valeurs religieuses trouvent fréquemment leur expression dans les symboles, les procédures et les institutions établies. La forme de ces symboles, procédures et institutions varient largement mais cependant et une fois de plus, le modèle fourni par les églises chrétiennes – un modèle si facilement adopté dans la société chrétienne – ne constitue pas un guide adéquat pour les autres fois.
Le Christianisme par lui-même présente une large variété de formes d’expression. Il ne s’agit pas là seulement de différences fortuites, relevant du hasard et dictées par l’esthétique ou par une pure facilité. Les différences relèvent souvent en elles-mêmes d’une profonde conviction, touchant le coeur même de la foi religieuse.
Les principales traditions religieuses du monde révèlent des orientations largement divergentes, allant du sacerdoce, d’une volonté de sacrifice et de sacrements, d’une profusion d’auxiliaires sensuels relatifs à la foi (tels que l’encens, la danse et l’imagerie), à l’ascétisme et à une sujétion particulière à l’expression verbale et la prière.
On rencontre ces deux extrêmes au sein de l’Hindouisme, du Bouddhisme et du Christianisme alors que dans son expression orthodoxe, l’Islam est plus uniformément ascétique – ses manifestations d’extase se produisant en marge. Il peut suffire d’illustrer la diversité qui prévaut au sein de la tradition chrétienne. L’Église romaine, dans son développement traditionnel, est l’illustration de l’utilisation élaborée d’un auditoire, des sensations visuelles et olfactives, au service de la foi.
La liturgie catholique – bien qu’abjurant l’emploi de danses et de drogues, utilisées dans d’autres traditions – a élaboré des rituels, des vêtements sacerdotaux et des sacrements dans le cadre d’une profusion de cérémonies, destinées à marquer le calendrier et la hiérarchie de l’Église et les rites de transition des individus.
Le Quakerisme est en total contraste avec le catholicisme romain. Le concept de la prêtrise, le déroulement des rituels (même en ce qui concerne les rites commémoratifs et non sacramentaux, communs au sein des Églises protestantes) et l’utilisation de l’imagerie et des vêtements sacerdotaux, y sont rejetés. L’accent mis sur la suffisance des célébrations laïques, le rejet du sacré, qu’il s’agisse de bâtiments, d’endroits, de saisons ou de cérémonies et celui des accessoires de la foi, comme les rosaires et les talismans, constituent, dans une plus ou moins grande mesure, une caractéristique commune à la plupart des religions protestantes. Les évangélistes (des différentes dénominations) rejettent l’idée de prêtrise et les Quakers, les Brethrens, les Christadelphiens et les chrétiens scientistes rejettent même le concept d’un ministère rémunéré. Les Baptistes ont gardé le baptême et la plupart des autres dénominations ont conservé une cérémonie de partage du pain mais souvent, seulement en tant qu’acte commémoratif de respect des Saintes Écritures et non en tant que célébration chargée d’un mérite intrinsèque. La religion protestante insiste beaucoup plus sur les Écritures Saintes que la foi catholique, même parfois au risque de tourner la Bible en un objet de fétichisme. Des coutumes et pratiques persistent dans toutes les religions mais elles sont d’importance minime, les Quakers n’insistant par exemple que sur le choix d’un lieu et d’une heure pour leur réunion et les Christadelphiens essayant d’éviter tous les titres et positions au sein d’une communauté où ils sont tous supposés être, à titre égal, au service de Dieu.

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