Par Bryan Wilson
Les croyances et les valeurs religieuses trouvent fréquemment leur expression dans les symboles, les procédures et les institutions établies. La forme de ces symboles, procédures et institutions varient largement mais cependant et une fois de plus, le modèle fourni par les églises chrétiennes – un modèle si facilement adopté dans la société chrétienne – ne constitue pas un guide adéquat pour les autres fois.
Le Christianisme par lui-même présente une large variété de formes d’expression. Il ne s’agit pas là seulement de différences fortuites, relevant du hasard et dictées par l’esthétique ou par une pure facilité. Les différences relèvent souvent en elles-mêmes d’une profonde conviction, touchant le coeur même de la foi religieuse.
Les principales traditions religieuses du monde révèlent des orientations largement divergentes, allant du sacerdoce, d’une volonté de sacrifice et de sacrements, d’une profusion d’auxiliaires sensuels relatifs à la foi (tels que l’encens, la danse et l’imagerie), à l’ascétisme et à une sujétion particulière à l’expression verbale et la prière.
On rencontre ces deux extrêmes au sein de l’Hindouisme, du Bouddhisme et du Christianisme alors que dans son expression orthodoxe, l’Islam est plus uniformément ascétique – ses manifestations d’extase se produisant en marge. Il peut suffire d’illustrer la diversité qui prévaut au sein de la tradition chrétienne. L’Église romaine, dans son développement traditionnel, est l’illustration de l’utilisation élaborée d’un auditoire, des sensations visuelles et olfactives, au service de la foi.
La liturgie catholique – bien qu’abjurant l’emploi de danses et de drogues, utilisées dans d’autres traditions – a élaboré des rituels, des vêtements sacerdotaux et des sacrements dans le cadre d’une profusion de cérémonies, destinées à marquer le calendrier et la hiérarchie de l’Église et les rites de transition des individus.
Le Quakerisme est en total contraste avec le catholicisme romain. Le concept de la prêtrise, le déroulement des rituels (même en ce qui concerne les rites commémoratifs et non sacramentaux, communs au sein des Églises protestantes) et l’utilisation de l’imagerie et des vêtements sacerdotaux, y sont rejetés. L’accent mis sur la suffisance des célébrations laïques, le rejet du sacré, qu’il s’agisse de bâtiments, d’endroits, de saisons ou de cérémonies et celui des accessoires de la foi, comme les rosaires et les talismans, constituent, dans une plus ou moins grande mesure, une caractéristique commune à la plupart des religions protestantes. Les évangélistes (des différentes dénominations) rejettent l’idée de prêtrise et les Quakers, les Brethrens, les Christadelphiens et les chrétiens scientistes rejettent même le concept d’un ministère rémunéré. Les Baptistes ont gardé le baptême et la plupart des autres dénominations ont conservé une cérémonie de partage du pain mais souvent, seulement en tant qu’acte commémoratif de respect des Saintes Écritures et non en tant que célébration chargée d’un mérite intrinsèque. La religion protestante insiste beaucoup plus sur les Écritures Saintes que la foi catholique, même parfois au risque de tourner la Bible en un objet de fétichisme. Des coutumes et pratiques persistent dans toutes les religions mais elles sont d’importance minime, les Quakers n’insistant par exemple que sur le choix d’un lieu et d’une heure pour leur réunion et les Christadelphiens essayant d’éviter tous les titres et positions au sein d’une communauté où ils sont tous supposés être, à titre égal, au service de Dieu.