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17. décembre 2007

LA COMMUNICATION EN TANT QUE CULTE

Par Bryan Wilson

La Scientologie présente une conception réellement abstraite de l’Être suprême, en sa qualité de Huitième Dynamique.
Les scientologues cherchent à élargir leur conscience et leur compréhension afin de pouvoir embrasser toutes les dimensions de l’être, dans l’optique d’aider à et de faire partie de la survie de l’Être suprême ou Infinité.
Les scientologues révèrent la vie et considère Dieu comme une ultime raison d’être, mais cette considération n’implique pas des pratiques spécifiques qui se rapprocheraient des pratiques de culte telles que considérées par les églises chrétiennes traditionnelles.
La Scientologie est un mouvement qui rassemble des personnes de confessions diverses ; qui met l’accent sur les nouvelles conceptions de la création, de la raison d’être et du salut et ses enseignements s’inspirent de plusieurs grandes traditions religieuses et de larges orientations scientifiques.
Il est donc parfaitement normal que la Scientologie présente ses théories sous forme de termes abstraits et universels et que sa conception du culte soit en conformité avec de telles perspectives.
Le postulat général fut exprimé de la façon suivante : « En Scientologie, la dévotion s’établit en terme de communication. Celui qui vénère efficacement est celui qui se considère capable de parcourir la distance nécessaire à la communication avec l’Être suprême » [Scientology as a Religion p. 30].
L’essence de la Scientologie réside dans la compréhension par la communication – communication avec le propre passé du thétan et avec l’environnement et dans le sens comparable à la communication qui a lieu dans le cadre du culte chrétien, la communication avec la déité que l’individu recherche dans la prière et le service eucharistique quant il se comporte, comme le disent les églises traditionnelles, comme un « communiant ».
En grande partie, le propos est le même – la purification de l’individu, la réhabilitation de son âme, ce qui en fait, fait partie du processus à long terme de salut. Dans la Scientologie, une telle communication prend deux formes fondamentales : l’audition et la formation.
L’audition qui a lieu sous la forme d’une communication privée entre l’individu et son passé (celui du thétan), passe par l’intermédiaire de l’auditeur et de l’électromètre. Mais il s’agit essentiellement d’un processus permettant à l’individu d’avoir un meilleur rapport avec son Moi réel et originel et en ce sens, de le mettre en contact avec une réalité spirituelle fondamentale.
La formation, selon les Écritures de la Scientologie, représente une communication avec les vérités fondamentales et la raison d’être. Au travers de l’augmentation de sa compréhension, l’individu recherche une plus grande communication avec son Moi fondamental, avec les autres et avec la vie dans son ensemble. Ces activités sont également marquées des caractéristiques du culte, même si des aspects tels que la vénération (d’une déité), l’ancienne forme d’abnégation et les procédures de dévotion se trouvent, dans ce contexte moderne, supplantés.

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11. décembre 2007

LA SCIENTOLOGIE EST-ELLE UNE RELIGION ? PROFESSEUR FLINN

Par Bryan Wilson

Dans le cadre d’une compilation de traités universitaires, édité par le sociologue jésuite, le Professeur Joseph H. Fitcher, S.J., de Loyola Université à la Nouvelle Orléans, [Alternatives to American Mainline Churches, New York : Rose of Sharon Press, 1983], Frank K. Flinn, maintenant Professeur auxiliaire des études religieuses à l’Université Washington de Saint Louis dans le Missouri, aborde en détail, la question du statut religieux de la Scientologie. Il se penche pour commencer sur le statut de la Dianétique :

« Nombre de commentateurs déclarent que la Scientologie est une thérapie mentale déguisée en religion. Le coeur de la question est de savoir s’il est possible de séparer la “thérapie” de la “religion” ou même de la “philosophie”, au moyen d’une règle claire et nette. Le mot therapeuo (“guérir, soigner, restaurer”) revient fréquemment dans le Nouveau Testament et se réfère sans discriminer, aux guérisons spirituelles et physiques de Jésus de Nazareth… »

« Même si la Dianétique a des tendances religieuses et spirituelles, il ne s’agit pas encore, d’une religion au plein sens du terme… La Dianétique ne promet pas ce que l’on peut appeler des récompenses transcendantales, comme l’aboutissement normal de sa thérapie. Elle promet néanmoins des récompenses “transnormales”.
… Deuxièmement, au stade Dianétique du mouvement, les engrammes remontaient, au plus tôt, à l’état foetal… troisièmement, la Dianétique ne se composait que de quatre “dynamiques” ou “aspirations à la survie” – le Soi, la sexualité, le groupe et l’humanité… Quatrièmement, les techniques d’audition appliquées dans la phase Dianétique [n’utilisait pas] l’électromètre. »

« Il a largement été discuté du moment où la Scientologie est devenue une religion. On pourrait considérer l’enregistrement officiel de la “Hubbard Association of Scientologistes” à Phoenix, en Arizona, en 1952 ou considérer l’établissement de la “Founding Church of Scientology”, en 1954. Cependant, l’enregistrement officiel et légal ne nous indique pas quand les concepts spécifiquement religieux se développèrent dans la propre conscience de l’Église. Pour autant, ces débats rappellent la réminiscence des disputes du XIXème siècle, sur la naissance du Christianisme : Pendant la vie de Jésus ? A la Pentecôte ? Au travers du ministère de Paul et des Apôtres ? » (pages 96-97)

Flinn considère ensuite les quatre facteurs mentionnés ci-dessus, lors du passage de la Dianétique à la Scientologie et note que le premier facteur, le passage aux buts transcendantaux, est marqué par le passage du but de « clair » au but visant à la reconnaissance d’un «thétan opérant » et ajoute : « Le concept de “thétan” n’indique plus une condition mentale, mais est désormais analogue au concept chrétien “d’esprit” ou “d’âme” qui est immortelle et supérieure au cerveau et à l’esprit. «(p. 98). Deuxièmement, les engrammes remontent désormais aux vies antérieures. Troisièmement, de nouvelles dynamiques furent ajoutées, pour inclure la survie des animaux, l’univers matériel, l’esprit et l’infinité. Et quatrièmement, l’électromètre fut introduit. Il en dit «De la perspective que je suggère,… il est préférable de considérer l’utilisation de l’électromètre comme un “sacrement technologique”. Tout comme ce qui poussent les chrétiens à définir un sacrement (par exemple le baptême) en tant que “signe extérieur et visible d’une grâce intérieure et invisible”, les scientologues considèrent l’électromètre comme l’indicateur externe et visible d’un état interne et invisible (“clair »).» (p. 99).
Et Flinn ajoute ce commentaire supplémentaire :

«Le mot religion vient de religare qui veut dire “ramener ensemble”. Cela me conduit à élargir la définition de la religion à un système de croyances exprimé en symbole qui ramène ensemble les vies d’individus et/ou de groupes, qui établit un ensemble de pratiques religieuses (rituels) et qui est soutenu par un mode de vie organisé. Les croyances, les pratiques et le mode de vie lient les vies des gens, de façon à donner à leurs existences, une justification ultime. Si toutes les religions renferment des éléments rudimentaires affiliés à ces trois aspects, certaines insistent, par exemple, sur le système d’organisation, ou mode de vie plutôt que sur le système de croyances ou pratiques rituelles. Avec la Scientologie, on a l’exemple d’un groupe qui commença avec les pratiques religieuses (les techniques d’audition), puis qui développa très vite, une solide structure ecclésiastique et qui seulement après cela, formalisa son système de croyance en credo. Cela ne veut pas dire que le système de croyances n’était pas latent lors des phases précédentes de l’évolution de l’Église. Simplement, il n’était pas codifié de manière formelle [de la façon dont) la technologie de l’organisation l’était, dès le début. » (pages 104, 105)

Par « solide structure ecclésiastique », Flinn fait allusion à l’organisation générale de la Scientologie, à son système de cours et de procédures d’audition, progressivement plus avancés.

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30. novembre 2007

LA SCIENTOLOGIE COMPORTE UN CORPS DE DOCTRINE

Une religion se caractérise par une loi c’est-à-dire une croyance commune partagée par les adeptes de la religion cette croyance a été dans la plupart des cas exprimée par le fondateur de la religion auquel les croyants se réfèrent. Il suffit de citer à titre d’exemple l’évangile et le Coran.

À cet égard, la Scientologie possède également un corps de doctrine qui a été exprimée et développée par RON HUBBARD dans de nombreux ouvrages paru à la suite de son ouvrage fondamental : La Dianétique, la puissance de la pensée sur le corps.

De même que dans les autres religions, le message originel du fondateur est explicité, développé et étudié, ces recherches paraissent dans des brochures, livres ou publications variées. Il existe à Copenhague une maison d’édition qui diffuse dans le monde entier la pensée scientologique. Il existe aussi dans toutes les religions des maisons d’éditions spécialisées dans la diffusion de la pensée religieuse. La « propagation de la foi » est une œuvre majeure de l’Eglise Catholique. Bref, toute religion à vocation universelle cherche à raffermir la foi de ses fidèles et à en accroître le nombre par la diffusion de sa doctrine. Actuellement, la vocation universelle de la Scientologie ne cesse de s’affirmer, puisqu’il existerait environ 50 églises, plus de 100 centres missionnaires en quinze langues qui regroupent des millions d’adeptes et de sympathisants.

Quel est le contenu de la croyance scientologique ?

Cette croyance ressort en particulier des livres et publications du fondateur L. RON HUBBARD dont les principaux titres sont : Science de la survie (1951), Les Fondements de la pensée (1956), Axiomes et Logiques (1953), Les Conférences de Phoenix (1968) qui ont suivi la parution de l’ouvrage fondamental de 1950, La Dianétique. Voici les principaux traits de la croyance de la Scientologie.

A.    CROYANCE EN L’ÊTRE SUPRÊME

Cette croyance de caractère déiste porte cependant sur un Dieu créateur. Cette caractéristique doit être soulignée car ce Dieu créateur est différent du Dieu « grand architecte » ou « grand horloger » des philosophes du XVIIIème. Le Dieu des scientologues n’est pas confiné dans un rôle de régulateur ; il est créateur. Ce critère permettait au Père CHENU (professeur de la faculté de théologie catholique de Paris, d’écrire, le 9 février 1977 :  « la Scientologie est-elle une religion ? Oui, car le terme « religion » couvre toute attitude humaine qui implique un dépassement de l’homme vers « un Etre Suprême considéré comme créateur ». C’est un monothéisme.

B.    CROYANCE EN L‘IMMORTALITÉ DE L’ÂME ET SA RÉINCARNATION

Cette croyance partagée par la quasi-totalité des religions confère à la Scientologie, outre son caractère métaphysique, une résonance morale sociale puisque la croyance en l’immortalité de l’âme conduit les croyants à mener une vie conforme à certains préceptes moraux afin d’obtenir une réincarnation meilleure. L’existence individuelle n’est qu’un moment dans le cycle des réincarnations. Comme pour les bouddhistes, les réincarnations futures sont déterminées par le KARMA, croyance selon laquelle tout acte bon ou mauvais, entraînera des conséquences dans la vie présente ou future. Une réincarnation heureuse se mérite par une discipline morale.

C.    CROYANCE A LA NÉCESSITÉ DE LA VIE SPIRITUELLE ET DE SON DÉVELOPPEMENT

C’est ici sans doute que réside l’originalité de la Scientologie définie par son fondateur comme « une philosophie religieuse appliquée ». Celle-ci s’organise autour des trois direct directions suivantes :

L’accès à la philosophie et la sagesse pour tous par une formation religieuse et un enseignement qui, il est vrai, recourt à des pratiques mettant en oeuvre des connaissances scientifiques modernes. Ces pratiques dont les plus connues sont l’utilisation d’un appareil appelé « électromètre » et le recours à « l’audition » requiert des prestations individualisées de la part d’animateurs ou de formateurs et sont payantes. Ceci ne doit pas surprendre si l’on considère que l’audition peut durer une heure et qu’il faut rémunérer les animateurs qui pratiquent « l’audition ». II n’appartient pas au présent exposé d’analyser ce procédé qui par certains aspects semble se rapprocher de la confession ; on dira seulement que le principe de la confidence de son intimité à une « personne spécialisée » est une méthode reconnue de développement spirituel ; c’est une forme d’examen de conscience assisté.
Est-ce que l’Eglise catholique, par exemple pourrait faire face matériellement et bénévolement à la demande régulière de pénitents qui réclameraient des confessions qui dureraient une heure et davantage ? La réponse est évidemment négative : le nombre de prêtres n’y suffirait pas et ceci est si vrai que l’Eglise catholique a généralisé des cérémonies pénitentielles à caractère collectif.
Ces traits ne sont ici évoqués que pour faire apparaître que le principe de l’audition et celui de la confession semblent identiques et que la durée de l’audition (1 heure et davantage) justifie une contrepartie financière.
La formation religieuse s’acquiert également dans la Scientologie par l’assistance à des cours et des conférences, la lecture d’ouvrages, ce qui a fait écrire au Professeur Michel de Certeau S.J. qui enseigne la théologie à l’institut catholique de Paris et l’anthropologie religieuse à l’Université de Paris VII : « j’ai d’ailleurs admiré cette articulation entre des soucis éthiques, une recherche de sagesse et un apprentissage technique » (lettre du 22 mai 1967).
Ces exercices sont également payants mais cela doit-il surprendre ? Toute formation spirituelle requiert les soins permanents de formateurs et les bénéficiaires de la formation doivent naturellement participer à leur entretien. Ceci se vérifie dans toutes les religions. Il ne s’agit ici de la formation reçue dans le cadre des cérémonies liturgiques (homélie) qui est évidemment gratuite, encore que celui qui demande une intention de messe paie une somme forfaitaire ; il s’agit d’une formation personnalisée, au cours d’un enseignement suivi qui se rapproche des conférences et retraites dispensées également dans les autres religions et pour laquelle les participants sont toujours invités, et d’ailleurs très naturellement, à participer aux frais (rémunération du prédicateur de la retraite ; utilisation de locaux et du matériel ; frais de chauffage et d’électricité, etc. ).
Bref, la formation religieuse « spécialisée » est payante dans toutes les religions.
La deuxième direction de la vie spirituelle doit apporter bonheur et joie. Voici encore des buts communs à bien des religions. Sans doute la religion chrétienne a-t-elle longtemps soutenu qu’elle apportait seulement la joie : joie de nature essentiellement intérieure alors que le bonheur n’était pas réputé possible dans ce monde. Mais depuis, le nouveau rituel de la messe catholique a en quelque sorte sacralisé le bonheur, puisque le célébrant le déclare en s’adressant à Dieu, pendant la messe « dans cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets ». Rien, ici encore, qui s’écarte d’une croyance partagée par des religions acceptées.
Enfin la troisième direction : celle-ci plus anglo-saxonne, voudrait que la vie spirituelle comportât des incidences pratiques. Son développement doit conduire à une certaine efficacité. Ce trait tient aux origines de la religion scientologique mais fait-on grief aux vieilles chrétientés d’Europe de compter beaucoup de « chrétiens engagés » qui tiennent que le royaume de Dieu commence, hic et nunc, sur la terre ?
Rien dans le corps de doctrine de l’Eglise scientologie ne le distingue de celui d’une autre croyance et, cet examen l’a démontré, rien dans les croyances professées ne heurte l’ordre public français.

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29. novembre 2007

LA SCIENTOLOGIE COMPORTE UN CULTE

Par Jacques Robert

La religion scientologique comme toutes les autres religions comporte un culte.
C’est un critère qui a été notamment relevé par le Révérend U.E. SIMON, professeur de littérature chrétienne au King’s collège de Londres qui écrivait le 15 juin 1975 : « Les critères essentiels sur lesquels je me base pour savoir si c’est ou non une religion est de savoir s’il y a un culte de Dieu et s’il existe un code d’éthique qui s’adresse à l’homme.
Ces deux critères sont remplis par la pratique scientologique ».
L’archimandrite KALLISTOS WARE, conférencier en études orthodoxes orientales à Oxford et membre du Pembroke College, écrivait à ce sujet : « Le fait de rendre un culte est fondamental au concept de religion ». C’est « l’attitude et l’action de rendre un culte qui distinguent une corporation religieuse d’autres formes d’association, comme un club social, une société philanthropique ou un groupe de discussion philosophique. Je constate que l’Eglise de Scientologie s’adonne à des actes de culte parmi lesquelles des prières à « l’Etre Suprême », « Dieu », l’auteur de l’univers ; « l’Etre Suprême » ne semble pas être envisagé en termes personnels mais il existe plusieurs religions telles que le Bouddhisme qui n’ont pas un Dieu « personnel ».

A.    CÉRÉMONIES RÉGULIÈRES

Il existe d’abord des cérémonies religieuses régulières, des services, comme dans toutes les religions. A cet égard, M. Maurice CORDIER, prêtre catholique écrit à propos du siège de l’église : « Il existe une chapelle dans l’établissement ; sa décoration fait appel à des symboles religieux et sa disposition rappelle celle des lieux de prières et de recueillement offerts par les différents cultes. Un office y est organisé régulièrement » (2 novembre 1977).

Pour ces cérémonies régulières, un certain nombre de prières ont été composées suivant un rituel prévu.

a)    Le chapelain souhaite la bienvenue aux fidèles puis leur présente l’objet du service en citant certains textes qui se trouvent dans un manuel et qui rappellent certains principes de Scientologie, affirmation de l’immortalité de l’âme, relation avec l’Etre Suprême, libération de l’âme par la sagesse, amour du prochain, etc.

b)    Puis le chapelain suit un rituel dont voici l’ordonnancement :

•    Prière pour la liberté totale
•    Prière silencieuse
•    Récitation du Credo de l’Eglise
•    Lecture par exemple d’un extrait d’ouvrage du fondateur
•    Sermon
•    Lecture au choix des prières suivantes :
•    Prière pour la justice
•    Prière pour la compréhension de l’Etre Suprême
•    Prière pour une plus grande compréhension
•    Prière pour la paix
•    Prière pour la liberté de religion
•    Prière pour l’avancement spirituel
•    Prière pour l’illumination religieuse

c) La fin du service est consacrée à prier pour une série d’intentions particulières : les besoins spirituels de ceux que nous aimons, nos semblables, notre pays, ceux qui sont dans la détresse et le développement des droits et des croyances de l’ensemble des Eglises et des groupes religieux.
Si l’on établit un bref rapprochement avec les services d’autres religions, les différences sont minimes : on retrouve notamment l’enseignement de la religion dans le sermon, le rappel de la croyance partagée dans le credo, les différentes prières caractère général dont l’objet est commun à toutes les religions ; enfin les intentions spéciales aux membres de la communauté : les proches, les pauvres, les autres Eglises et la Patrie.

B.    CÉRÉMONIES EXCEPTIONNELLES

Il existe par ailleurs des cérémonies solennelles, exceptionnelles, qui correspondent aux rites de passage de la vie humaine, comme dans toutes les autres religions.
Ces cérémonies se déroulent sous l’autorité des ministres du culte de l’Eglise de Scientologie. On pourra citer, à titre d’exemple, le certificat délivré par le juge de la Cour de  district de Colombia le 4 mai 1969 autorisant le Révérend BEVIS JOHN LESLIE FUDGE à célébrer le mariage dans le district de Colombie. Dans le même sens, des autorisations similaires pour la Révérende Jane POCKI en Colombie britannique et pour la Révérende ELSIE F. GRIFFITH dans le même pays.
A titre d’exemple de cérémonie solennelle, on citera le mariage scientologique au cours duquel le pasteur, comme les ministres des autres religions, rappelle aux époux leurs obligations : fidélité, assistance réciproque, entretien des enfants et assiste à l’échange des consentements matérialisé par celui des alliances. Ces rites existent aussi dans les religions chrétiennes.
La deuxième cérémonie solennelle, celle de l’attribution d’un nom aux enfants, se rapproche beaucoup du baptême encore que son objet soit différent. Le parrain et la marraine prennent l’engagement que l’enfant recevra toute l’instruction nécessaire à la réalisation de son patrimoine, entendu dans son sens spirituel.
Troisième rite de passage que la religion scientologique prend en charge comme toutes les autres religions : c’est  la mort qui est marquée par un service funèbre à l’église.

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25. novembre 2007

CONCLUSION GENERALE

Par Jacques Robert

Il résulte de l’examen de la religion scientologique que celle-ci répond aux critères d’une religion ; elle ne se distingue en rien religions et par conséquent l’appellation de religion est, pour elle, fondée.

a) La Scientologie comprend un corps de doctrine qu’elle partage d’ailleurs avec d’autres religions : croyance en l’Être Suprême ; croyance dans l’immortalité de l’âme et dans sa réincarnation ; croyance dans la nécessité de la vie spirituelle et de son développement. Ce credo pourrait être contresigné par d’autres religions et d’ailleurs des autorités religieuses les plus éminentes (Père CHENU ; Père de CERTEAU ; Archimandrite KALLISTOS ; Evêque de Chersonèse etc.) ont reconnu la qualité de religion à la Scientologie.

b) La Scientologie comporte — en deuxième lieu — un culte régulier qui célèbre aussi les grands événements de la vie humaine, en particulier les rites de passage. À cet égard, la Scientologie justifie pleinement la qualification sociologique de religion ; la religion selon DURKHEIM, est un fait éminemment social.

c)    Enfin la Scientologie — comme toute organisation laïque et a fortiori religieuse — est une institution hiérarchisée et disciplinée. Elle dispose d’un code d’éthique comme l’Église catholique romaine dispose d’un droit canon, et d’autorités, « officiers d’éthique », chargés de veiller au respect de ce code et de sanctionner éventuellement.

Pour ces trois raisons qui tiennent à la nature propre de la Scientologie, celle-ci constitue véritablement une religion.

En dernier lieu, la religion scientologique qui s’est constituée en association cultuelle a adopté la forme juridique que le législateur impose aux religions. Son caractère religieux se manifeste par le rôle des pasteurs dans l’association et la nécessité pour eux d’être en communion de foi avec l’Église mère.
Enfin, le régime juridique applicable aux autres religions doit bénéficier également à la religion scientologique. Plus particulièrement une religion dont le culte et l’enseignement sont connus et accessibles à tous et qui n’est pas contraire à l’ordre public doit pleinement jouir de son autonomie et d’une immunité institutionnelle. Si les principes applicables — c’est-à-dire autonomie immunité institutionnelles.

Si les principes applicables – c’est-à-dire autonomie immunité institutionnelles – n’étaient pas reconnus au bénéfice de la religion scientologique, les principes de la séparation et de l’égalité du culte seraient violés. Les autorités publiques qui s’immisceraient dans le fonctionnement de la religion scientologique méconnaîtraient un des principes « fondamentaux reconnus par les lois de la République » ainsi que les dispositions de la loi de séparation, en rétablissant dans les faits une distinction entre les cultes reconnus et les cultes non reconnus que le législateur a voulu abolir.
J. ROBERT — Libertés publiques (1977) pp.. 370, 371.

a)    Ce comportement éventuel des autorités publiques méconnaîtrait en droit interne le principe général de l’égalité des citoyens puisque l’inégalité de traitement des cultes entraînerait nécessairement une inégalité dans l’exercice de la liberté de conscience.

b)    Ce comportement serait attentatoire à la liberté religieuse des personnes dont la Cour de Justice des Communautés européennes assure le respect. (aff. 130/75, CJCE 27 oct. 1970 PARIS c/ Conseil, Rec. 1976, p. 1589 ss).
Cette jurisprudence particularise un arrêt antérieur qui avait déclaré que « les règles d’égalité de traitement (…) du traité (…) prohibent non seulement les discriminations ostensibles, fondées sur la nationalité, mais encore toutes formes dissimulées de discrimination qui, par application d’autres critères de distinction, (est) nécessaire pour garantir l’efficacité d’un des principes fondamentaux de la Communauté ». (Aff. 152/73, CJCE 12 fév. 1974 SOTGIU, Rec 1974 p. 153 ss.)

c)    Enfin ce comportement violerait aussi l’article 9-1 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme (JORF mai 1974) qui dispose que « toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou collectivement, en public ou en privé pour le culte, l’enseignement et l’accomplissement des rites ». Ce texte fait clairement apparaître la liaison entre la liberté du culte et la liberté de conscience.

Toute atteinte portée à une de ces deux libertés réagit nécessairement sur la jouissance de l’autre.

Le texte de l’article 9-1 au surplus se renforce si on le lit à la lumière de l’article 14 de la même convention qui prévoit que « la jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente convention doit être assurée sans distinction aucune fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ».
(V. M. BOSSUIYT. L’interdiction de la discrimination dans le droit international des droits de l’homme. Thèse Genève (1975) pp. 153-139.

C’est pour l’ensemble de ces raisons que la religion scientologique doit bénéficier du régime applicable à toutes les autres religions.

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22. novembre 2007

Scientologie : les caractéristiques d’une religion – pratiques religieuses

Par Frank Flinn

En termes de pratiques religieuses, la Scientologie possède les formes religieuses et cérémonielles typiques des principales religions, à savoir, l’initiation ou baptême (qui est appelé « attribution du nom » par les scientologues), le mariage, les funérailles, etc. Cependant, la Scientologie possède une pratique religieuse fondamentale unique appelée l’audition. Celle-ci peut être comparée aux niveaux progressifs de méditation des catholiques romains, des bouddhistes et des hindous védantistes. De manière concomitante avec l’audition il y a aussi « la formation » dont je parlerai plus en détails ci-dessous.

a) L’audition consiste en un processus d’instruction religieuse, au cours duquel les guides spirituels (des ministres scientologues entraînés à cet effet) guident les adhérents le long des étapes de connaissance spirituelle. Les scientologues croient qu’en progressant activement en audition, ils aident à libérer l’âme ou thétan. de ses confuses complications ou engrammes. Les étapes de l’audition et de l’enseignement sont appelées « grades » et elles sont indiquées sur le « Tableau de classification, de gradation et des caractéristiques de Conscience ». Ce tableau représente de façon métaphorique la distance existant entre les degrés inférieurs et supérieurs de l’existence spirituelle. Les scientologues appellent ce tableau le « Pont vers la liberté totale » ou, plus simplement « Le Pont ». « Le Pont détaille le continuum spirituel, allant de la « non-existence » négative, en passant par les niveaux intermédiaires de « communication », de « connaissance, » de « capacité », puis par celui de « clair » et de « source », pour aboutir enfin à « la puissance sur l’ensemble des 8 dynamiques ». L’ensemble de la pratique religieuse scientologue vise, par l’audition et la formation, à l’acquisition de la connaissance spirituelle et à la formation des auditeurs qui sont les conseillers spirituels de l’Église. Ces étapes graduelles sont remarquablement similaires aux étapes et aux niveaux d’inspiration religieuse et spirituelle, identifiés dans les fameux traités chrétiens Voyage de l’Esprit en Dieu, écrit par le théologien franciscain médiéval St Bonaventure et Exercices spirituels écrit par Saint-Ignace de Loyola, le fondateur des Jésuites. Le but spirituel de l’audition est en premier lieu de devenir « clair », c’est-à-dire libéré de ces nuisibles « engrammes » et, ensuite de devenir un « thétan opérant » (OT), signifiant que l’on devient causal sur « la vie, la pensée, la matière, l’énergie, l’espace et le temps ». Même s’ils ne s’opposent pas à la consultation de médecins en réponse aux maux physiques, les scientologues sont fermement opposés à l’utilisation des médicaments psychotropes qui, selon eux, entravent la guérison spirituelle et mentale, plutôt qu’ils ne l’aident.

b) L’autre pratique religieuse de base de la Scientologie est la formation. Elle implique une étude intense des Écritures de l’Église. Même si l’un des aspects importants de la formation est l’éducation individuelle d’auditeurs capables d’administrer l’audition aux paroissiens, la formation d’auditeur a aussi une composante individuelle et spirituelle tout aussi importante. Comme décrit ci-dessous aux paragraphes 23, 3, 27, cet élément spirituel est en accord avec l’importance que la Scientologie et les religions orientales attachent à la méditation et au culte d’instruction, plutôt qu’au culte de célébration, prévalant dans la plupart des religions occidentales. La doctrine de la Scientologie affirme que la formation occasionne une bonne moitié des bénéfices spirituels que les paroissiens obtiennent en progressant sur Le Pont.

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29. octobre 2007

Conclusions

Par Régis Dericquebourg

La Scientologie présente les caractéristiques d’une religion. Elle possède une théodicée, un ensemble d’exercices qui permettent d’atteindre la partie spirituelle de chaque être humain, une structure d’église très « bureaucratisée », des rites religieux. Plusieurs auteurs avant nous, même les plus critiques, n’ont pas douté de son caractère religieux : Michel de Certeau, Roy Wallis, Bryan Wilson, Harriet Whitehead, Lonnie D. Kliever, Frank. K. Flinn.
Nous trouvons les caractéristiques suivantes :

1)    Elle comporte des techniques qui visent à tracer un chemin vers la liberté vu comme « une âme saine dans un corps sain ».
Ron Hubbard et ses disciples poussent très loin la rationalité instrumentale au service d’une vie religieuse, d’une transformation de soi et d’une transformation du monde. Le plus souvent on a apparenté la Scientologie au Bouddhisme. Certains l’ont qualifiée de « Bouddhisme technologique ». D’autres ont vu une ressemblance avec le Méthodisme à cause du caractère systématique de l’audition (appelée : conseil pastoral).

2)    Elle permet au fidèle de donner un sens aux évènements cosmiques, historiques et personnels, elle offre au croyant la conviction qu’il détient la solution du salut personnel et du salut de l’humanité, elle promet à l’individu d’être cause sur la vie et non pas effet de causes externes.

3)    Ron Hubbard n’est pas un prophète qui a proclamé une voie de salut en fonction d’une révélation. Il apparaît comme un chercheur spirituel qui a mis progressivement au point une méthode de salut qui représente un « accomplissement ».

4)    Elle repose sur une expérience individuelle de type mystique qui permet à chacun d’atteindre sa propre nature spirituelle. Elle implique une « virtuosité religieuse », un engagement personnel important et ne peut donc être une religion de masse.

5)    La Scientologie a un caractère de religion « matérielle » qui évoque la Sokka Gakkaï où le succès dans les affaires honnêtement obtenu est considéré comme une évolution spirituelle favorable. Nous pouvons faire un parallèle entre l’éthique scientologique et l’éthique protestante. Dans le premier cas, la réussite dans le monde est le signe d’un état de grâce, dans le second cas, elle est la manifestation d’un travail sur soi-même que fait la personne, d’une ascèse personnelle où domine les techniques psychologiques de la libération comme dans le Bouddhisme et l’application d’un système concret de morale.

6)    Elle n’est pas non plus une secte dans la mesure où elle n’est pas exclusive, le fidèle pouvant continuer à fréquenter une autre religion, bien que la majorité ne pratique que la Scientologie.

7)    Le caractère religieux de l’Eglise de Scientologie a été affirmé depuis le début des années 1950 comme en témoigne la plaquette que l’Eglise Internationale de Scientologie a publié à l’occasion de son quarantième anniversaire. L’Eglise Internationale de Scientologie de Los Angeles y est décrite comme l’Eglise-Mère (comme celle de Boston chez les Scientistes Chrétiens), on y parle de fidélité et de fraternité religieuse, de l’association pastorale, d’œuvres caritatives affiliées à l’Eglise, de paroissiens.
De plus, au cours des derniers entretiens que nous avons enregistrés avec des scientologues, la dimension religieuse est de plus en plus revendiquée. En proclamant de plus en plus son caractère religieux, la Scientologie attire des personnes en quête de religion alors que dans ses débuts, elle conduisait vers elle plus de personnes cherchant à résoudre des problèmes personnels. À mesure que la Scientologie s’est développée, la Dianétique s’est intégrée dans le cheminement scientologique.

8)    La Scientologie comporte des éléments utopiques : Ron Hubbard a conçu un projet utopique de « clarifier la planète », qui envisage une société sans démence, sans criminalité, sans guerre, où les individus capables pourront prospérer, les êtres honnêtes avoir des droits et où l’homme pourra s’élever à des niveaux supérieurs. L’éthique spontanément appliquée (morale ouverte Bergsonienne) éliminerait toutes les erreurs de l’existence et, la perfection des thétans étant retrouvée, l’efficacité serait accrue. Le monde devrait s’améliorer à mesure que les effectifs des scientologues s’accroîtraient.

9)    La Scientologie est née dans un contexte moderne. Elle y puise certains éléments (technicité, approche méthodique affirmée, importance de la communication, du bien-être, compréhension de l’organisation, expérience personnelle) qu’elle a mêlée à des traditions spiritualistes anciennes.

Ron Hubbard et ses disciples poussent très loin la rationalité instrumentale au service d’une voie mystique, d’une transformation de soi et d’une transformation du monde. C’est sans doute pour cette raison qu’elle apparaît comme particulière au sein des religions.

Régis Dericquebourg

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